CG3-6743.md

identifiantCG3-6743.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/01/26 00:00
titreNapoléon à Cambacérès et Lebrun, consuls de la République
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 6743. - </b>À Cambacérès et Lebrun, consuls de la République</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lyon, 6 pluviôse an X [26 janvier 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai reçu, citoyens consuls, votre lettre du 3 pluviôse. Je crois qu’il est bon d’attendre la signature de la paix à Amiens[^1], avant de lever l’état de siège de la ville de Brest.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">À deux heures, je me suis rendu dans la salle des séances de la consulte extraordinaire ; j’y ai prononcé en italien un petit discours dont vous trouverez ci-joint la traduction française[^2]. On y a lu la Constitution, la première loi organique, celle relative au clergé ; les différentes nominations ont été proclamées.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous enverrai demain le procès-verbal de toute la consulte, dans lequel se trouvera la Constitution.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les deux ministres, quatre conseillers d’État, vingt préfets, des généraux et officiers supérieurs m’ont accompagné. Cette séance a eu de la majesté, une grande unanimité, et j’espère du congrès de Lyon tout le résultat que j’en attendais[^3].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je crois qu’il est inutile, si l’on ne fait pas courir dans les journaux de fausses nouvelles sur le congrès de Lyon, que vous publiiez rien avant l’arrivée du courrier que je vous expédierai demain. Ce ne serait que dans le cas où l’on aurait répandu que la consulte m’a nommé président que vous pourriez faire imprimer les deux pièces ci-jointes qui font connaître la véritable tournure qu’ont prise les choses.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je passerai la journée de demain à Lyon pour terminer tout, et je partirai dans la nuit. Je serai décadi à Paris.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous renvoie la lettre du ministre de la Marine[^4]. Puisque les réparations à faire aux frégates napolitaines sont si considérables, il faut les laisser comme elles sont, jusqu’à ce que l’on décide quelque chose.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Ordonnez au ministre de la Guerre[^5] de donner des instructions pour que tout reste à Flessingue comme cela a existé jusqu’à cette heure. Le traité de la Haye est positif, et nous n’avons aucune raison de nous en relâcher. On doit choisir pour commander à Flessingue un homme de tête et considéré, qui ne se laisse pas influencer par les Bataves, et qui sache toujours garder sa juste position.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">On a frappé à Lyon une médaille relative à la consulte ; je vous en envoie deux ; on en a frappé à Milan que l’on m’a envoyées : je vous en envoie deux en or ; je vous prie de donner les trois en argent aux citoyens Portalis, Rœderer et Regnier[^6]. Vous pouvez faire mettre dans le Moniteur les rapports ci-joints du ministre de la police générale.[^7]</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in; "> <br/> </p> [^1]: La paix sera signée le 27 mars. [^2]: <span></span> Voir la <i>Correspondance</i>, n° 5933. [^3]: <span></span> La Consulte de Lyon a tenu sa dernière séance plénière dans l’ancienne chapelle du collège des Jésuites (aujourd’hui lycée Ampère). Bonaparte était entouré de ses ministres Talleyrand et Chaptal, des conseillers d’État Petiet, Cretet, Najac et Bourrienne, des délégués italiens Marescalchi, Aldini et Strigelli. La nouvelle constitution a été lue par Brunetti. Par l’effet d’un mouvement de séance qui se préparait depuis quelques jours, Bonaparte a accepté la transformation de la République cisalpine et République <i>italienne</i>. Les nominations ont concerné les collèges électoraux, la Consulte d’État (Caprara, Costabili Containi, Fenaroli, Luosi, Marescalchi, Moscati, Paradisi, Serbelloni), le Conseil législatif, le Corps législatif, le secrétaire d’État (Guicciardi), le grand juge (Spanocchi) et le vice-président (Melzi). Un tableau de Monsiau, exposé au salon de 1808 et aujourd’hui conservé à Versailles, a représenté cette séance. [^4]: Decrès. [^5]: Berthier. [^6]: Tous trois conseillers d’État. [^7]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, pluviôse an X, n° 8.</body>