05_Masson_SH

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fait partie deMasson
est validéoui
date1815/12/15 00:00
titreLettre de Beaumont de Brivazac à d'Osmond, ambassadeur de France à Londres
texte en markdown<h1><span style="font-family:Chivo;font-size:60%;line-height:1;"><b>05_Masson_SH -</b> BEAUMONT DE BRIVAZAC À D'OSMOND, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES</span></h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Londres, 15 décembre 1815</h2> Note apportée par M. Thiélmont Jusqu’à présent M. Frédéric a bien fait. Le chef de notre maison est content de lui. Cependant il a remarqué que le jeune homme qui va à Richmond est le seul qui ait eu quelques bons résultats, car M. Frédéric, par lui-même, ne fait pas grand-chose. M. Frédéric est invité à ne pas épargner la dépense, tout lui sera remboursé sans difficulté, et sur sa demande. Les cinq lettres de M. Frédéric sont arrivées exactement. La dernière, qui est du 3 décembre, n’est arrivée que le douze ; mais ce retard n’a rien d’étonnant, une tempête ayant duré deux jours dans la Manche. Le cachet dont se sert M. Frédéric est trop petit et la cire trop commune. Il faut qu’il achète d’occasion un cachet plus compliqué et qu’il se serve de cire plus fine. Néanmoins, il ne fera point d’affectation dans la manière de cacheter, et un seul cachet suffit. M. Frédéric risquera un petit ballotin de marchandises, telles que percale, piqué et quincaillerie fine, à son choix, mais du beau. Il y joindra la facture, c’est pour le chef de la maison. Il adressera ce petit ballotin à l’une des trois indications que lui remettra le porteur, et ce, par la voie la plus convenable, mais la plus prompte. Il est bien entendu que dans ce petit ballotin il insérera une lettre, et s’il est possible, quelques pamphlets ou brochures inconnues ici. Que M. Frédéric parte toujours à la campagne du Prince. C’est toujours là, l’objet important et principal. Les moindres détails sont curieux. Il faut donner toutes les particularités possibles. Tachez surtout d’éviter les erreurs. Par exemple, dans une lettre, il annonçait que Mme de la Bédoyère était auprès du duc d’Orléans, tandis qu’elle est à Versailles. Il faut avoir des observations sur Dumouriez. Est-il encore vert ? Va-t-il tous les jours chez le duc d’Orléans ? Voit-il le Prince Régent ? Avec quels ministres anglais est-il le plus lié ? Il a des correspondants à Paris ; qui sont-ils ? Quels sont les Français qu’il fréquente à Londres, ou qui vont le voir à Richmond ? Enfin, tous les détails possibles sur son compte. Il me semble même que M. Frédéric pourrait voir M. Dumouriez, se lier avec lui et lui offrir ses services. M. de Puisaye[^1] qui a commandé en 1795, l’expédition de Quiberon, que fait-il à Londres ? Voit-il le duc d’Orléans ? Voit-il le général Dumouriez ? Enfin qui voit-il, soit Français, soit Anglais, et que pense-t-on de lui dans ce pays ? Le duc d’Orléans de qui compose-t-il sa société ? Est-il vrai qu’il soit particulièrement bien avec le comte de Sussex ? Quels sont les ministres anglais qu’il voit le plus ? Est-il bien avec Lord Castlereagh ? Dans sa dernière lettre, M. Frédéric annonce que M. de Sainte Aldegonde[^2] a envoyé un exprès au duc d’Orléans, etc. Le fait est exact. Nous le savions ici. D’après celà, il pourra avoir une confiance particulière en la personne de qui il tire cet avis. Le duc d’Orléans a avec lui le baron Raoul de Montmorency et le colonel Atthalin[^3], ses aides-de-camp, M. de Graves, son gouverneur, et M. de Chabot, qui doit être en ce moment en Ecosse, ou en Irlande, pour les intérêts du Prince. Il faut éclaircir tout cela et faire connaître les autres personnages qui augmentent la galerie. Jusqu’à présent M. Frédéric ne s’est servi que de la voie ordinaire de la poste qui quelquefois est un peu lente. Ne pourrait-il pas s’informer quand partent ses courriers de l’ambassadeur de France, et y mettre ses paquets ? C’est un moyen dont on se sert souvent. En outre, je lui indiquerai un autre moyen facile. L’ambassadeur anglais à Paris, Sir Charles Stuart[^4], reçoit régulièrement par semaine deux courriers de Londres ; c’est ce qu’on appelle la poste anglaise. Chacun de ces courriers apporte une grande quantité de lecture pour Paris. Il y en a régulièrement surtout pour M. de Broval[^5], secrétaire des commandements du duc d’Orléans au Palais-Royal. Il me semble que M. Frédéric pourrait prendre des informations sur cette voie que je lui indique et s’en servir. Mais cependant ne le faire qu’avec certitude, autrement y renoncer. Le général Albert[^6], aide de camp du duc, l’abbé de Saint-Phal ; M. Pieyre, ancien précepteur du duc ; Lord Kinnaird, riche anglais de l’opposition. Ces quatre personnages sont à Paris et correspondent tous avec le duc d’Orléans. J’indique ceci pour la gouverne de M. Frédéric. En général, il me semble que M. Frédéric ne voit pas assez de monde. Il pourrait se rendre plus utile par lui-même, et nourrir davantage ces bulletins. Il est invité à redoubler de zèle et il peut compter sur les marques de satisfaction de la personne qui l’emploie. Flahaut – Lord Holland […][^7] Madame de Borck – Madame de Doule Madame de Veirac – duchesse de Vintimille […] Madame de Montjoye[^8] [^1]:Joseph Geneviève, comte de Puisaye (1755-1827), chef de la Chouannerie en Bretagne, il est à l'origine de l'expédition de Quiberon. [^2]: Charles Camille Joseph Balthasard de Sainte-Aldegonde, colonel aide de camp du duc d'Orléans. [^3]: Anne Louis Raoul Victor de Montmorency (1790-1862) et Louis Marie Jean-Baptiste Atthalin (1784-1856) ont été auparavant officier d'ordonnance de Napoléon (1811-1813) et sont passés en 1814 aide de camp de Louis-Philippe. [^4]: Sir Charles Stuart (1779-1845) ambassadeur en France (1815-1824). [^5]: Nicolas Thomas François Manche de Broval (1756-1832), secréaire des commandements de Louis Philippe a qui il est attaché de longue date. Considéré sous l'Empire, puis dans les années 1820 comme l'un des principaux chefs du parti orléaniste. Ses archives sont aux Archives nationales, fonds chevalier de Broval, 224 AP 1. Son <a href="https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/media/FRAN_IR_004353/d_1_6/FRAN_0232_0001_L" target="_blank">journal pour 1810-1813</a> a été numérisé. [^6]:Joseph Jean Baptiste Albert (1771-1822), général de division (1812), aide de camp de Loui-Philippe (1815). [^7]: Cette liste de nom est en marge. L’écriture au crayon complète quelques lettres à l’encre, le reste peut avoir été écrit à l’encre sympathique puis une fois révélé réécrit au crayon. [^8]: Bibliothèque Thiers, fonds Masson, carton 20, folio 409.