| identifiant | CG3-6560.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1801/10/11 00:00 |
| titre | Napoléon à Maximilien IV Joseph, Électeur de Bavière |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 6560. - </b>À Maximilien IV Joseph, électeur de Bavière</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 19 vendémiaire an X [11 octobre 1801]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai lu avec la plus grande attention la communication que Votre Altesse Sérénissime a bien voulu me faire des circonstances toutes particulières où elle se trouve[^1].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Votre Altesse doit rester persuadée que les engagements que j’ai contractés au nom de la nation française, relatifs aux intérêts de sa Maison, seront ponctuellement et énergiquement exécutés[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les derniers événements, qui ont mis en guerre la République française et la maison Palatine, sont d’une nature extraordinaire et telle qu’ils ne pourront plus se renouveler, et je désire voir se consolider et s’accroître la puissance de votre Maison.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je pense qu’un accroissement en Souabe est tout à fait convenable pour faciliter l’indemnisation de ce que votre Maison a perdu sur la rive gauche du Rhin.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Par le traité secret de Lunéville[^3], je suis engagé à aider le grand-duc de Toscane à obtenir Salzburg et Berchtesgaden ; mais je ne suis engagé à rien de plus.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La proposition faite à Votre Altesse par la Maison d’Autriche est aussi conforme aux vues constantes de cette auguste Maison qu’elle me paraît contraire aux intérêts de la maison Palatine. Les États autrichiens viendraient aux portes de Munich ; et la maison Palatine aurait le malheur, après avoir perdu une grande partie de ses États héréditaires par les chances de la guerre, de perdre une partie de son patrimoine par les calculs de la paix, et d’ébranler la fidélité de ce qui lui resterait, puisqu’il serait constant pour tout Bavarois qu’un premier pas fait devrait, dans d’autres circonstances, conduire l’Autriche à un second.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Cette réflexion me paraît tellement majeure, que, s’il était possible que Votre Altesse adoptât la proposition de l’Autriche, je regarderais comme préférable pour ses intérêts d’éprouver une translation absolue sur la rive gauche du Danube. Mais combien d’inconvénients présenterait cette translation, lorsqu’il y a tant d’obstacles à lever et tant d’intérêts à concilier ! Et qui pourrait jamais conseiller à Votre Altesse, surtout dans le siècle où nous vivons, d’échanger un ancien patrimoine contre de nouveaux États, dont la possession ne serait pas de longtemps cimentée par l’habitude ?</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je prie Votre Altesse de voir dans ce que je viens de lui dire le désir de répondre à l’obligation qu’elle m’a imposée par la franchise et la candeur de sa lettre ; aucune autre vue ne m’anime que celle de ses propres intérêts.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Sa Majesté l’Empereur, dont les sentiments de justice me sont particulièrement connus, ne peut pas exiger de Votre Altesse une chose qui serait contraire à sa volonté ; et la France et la Russie, par amour de la paix, ne feront rien non plus pour s’opposer à des arrangements libres et volontaires qui satisferaient Votre Altesse.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je prie Votre Altesse d’être persuadée du désir que j’ai de lui être agréable.[^4]</p> [^1]: Les visées autrichiennes sur le sud de la Bavière. [^2]: Notamment l’article 3 du traité de paix franco-bavarois du 24 août 1801 qui prévoit que la République française s’engage à maintenir et à défendre les possessions bavaroises. [^3]: <span></span> Par le traité de Lunéville, la Bavière perd toute la rive gauche du Rhin au bénéfice de la France, ainsi que le Palatinat sur la rive droite pour l’Électeur de Bade, mais elle s’agrandit d’un territoire détaché de l’empire allemand. Ces dispositions permettent à la Bavière de sauvegarder son indépendance et à Maximilien-Joseph I<sup>er</sup> de conserver son titre d’électeur. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, vendémiaire an X, n° 32.</body> |