| identifiant | CG3-6378.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1801/07/25 00:00 |
| titre | Napoléon au général Augereau, commandant en chef de l’armée française en Batavie |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 6378. - </b>Au général Augereau, commandant en chef de l’armée française en Batavie</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 6 thermidor an IX [25 juillet 1801]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous trouverez ci-joint, citoyen général, la réponse au gouvernement batave.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le Gouvernement batave demande la diminution des troupes françaises. Par le traité de la Haye[^1], 25 000 Français doivent rester en Batavie jusqu’à deux ans après la paix avec l’Angleterre. Si les Bataves faisaient la proposition de garder 10 000 hommes d’infanterie française avec un général de division jusqu’à cette époque, et sans que ces troupes pussent être augmentées, et que, pour les 15 000 hommes de diminution, ils nous donnassent dix millions de florins une fois payés, on pourrait l’accepter. Ils y trouveraient leur intérêt, puisque le terme de la paix avec l’Angleterre peut être encore éloigné, et que 15 000 hommes pendant deux ans, y compris la cavalerie, les attelages et les états-majors, leur coûteront bien davantage. Quant aux termes de payement des dix millions de florins, ils pourraient être donnés en rescriptions payables 500 000 florins tous les mois. Il est cependant nécessaire de s’entendre et de ne rien conclure sur un objet de cette importance qu’après y avoir été spécialement autorisé.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Quant au projet de constitution[^2] que paraît vouloir se donner la Batavie, le gouvernement français n’y met point d’empêchement, pourvu que ses agents n’y jouent aucun rôle, et qu’il n’y ait dans cette constitution aucune singerie de celle que s’est donnée la France, ni rien de ce qui tiendra à favoriser le Stathouder[^3] ou ses partisans.[^4]</p> [^1]: Le traité de La Haye, signé le 16 mai 1795, impose des conditions draconiennes à la République batave, notamment pour l’occupation militaire de 25 000 hommes entretenus par le gouvernement local. [^2]: <span></span> La constitution de la République batave, élaborée en 1798 sur le modèle du Directoire français, est sur le point d’être modifiée, sous la pression du Premier Consul et de l’ambassadeur français, Sémonville. Le nouveau régime est établi autoritairement, malgré les réticences de la classe politique, par l’intervention militaire d’Augereau en septembre 1801. Le directoire de cinq membres est remplacé par une régence de douze membres (<i>Staatsbewind</i>). [^3]: Le Stathouder Guillaume V, prince d’Orange et comte de Nassau, qui aspirait à la royauté, avait soulevé contre lui les bourgeois libéraux et les patriotes en 1786. Une révolution soutenues par la France avait éclaté. Guillaume V avait été vainqueur en 1787 grâce à une intervention prussienne, mais son pouvoir sur les Provinces-Unies avait pris fin en 1795. [^4]: <span></span><span lang="en-GB"> </span><span lang="en-GB">Minute, Archives nationales, AF IV 862, thermidor an IX, n° 6.</span></body> |