| identifiant | CG3-6005.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1801/02/10 00:00 |
| titre | Napoléon à Cambacérès et Lebrun, consuls de la République |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 6005. - </b>À Cambacérès et Lebrun, consuls de la République</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 21 pluviôse an IX [10 février 1801]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je suis arrivé à Saint-Quentin hier, à quatre heures après midi[^1].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai été toute la matinée à cheval pour visiter le canal. Le temps est froid, et il a beaucoup neigé ici.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Tout ce que j’ai vu des projets et du commencement d’exécution du canal de Saint-Quentin me paraît satisfaisant. Je suis descendu par l’escalier dans le souterrain. La nature des terres a le double avantage de rendre le canal souterrain d’une exécution facile, et cependant de n’avoir pas généralement besoin d’être soutenues par une voûte[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les manufactures si intéressantes de la ville de Saint-Quentin et environs, qui employaient 70 000 ouvriers et faisaient rentrer en France plus de quinze millions de numéraire, ont dépéri des cinq sixièmes. L’on désirerait bien ici que nos dames missent le linon[^3] en la mode, sans donner aux mousselines cette préférence absolue. L’idée de ranimer une de nos manufactures les plus intéressantes et que nous possédons exclusivement, et de donner du pain à un si grand nombre de familles françaises, est bien faite en effet pour mettre à la mode les batistes[^4]. D’ailleurs, n’y a-t-il pas déjà assez longtemps que les linons sont en disgrâce ?[^5]</p> [^1]: Parti de Mortefontaine, domaine appartenant à Joseph Bonaparte au nord de Paris, Bonaparte arrive le 9 février à Saint-Quentin, visite les travaux du canal le lendemain (jour où il écrit cette lettre), visite des fabriques de toile le 11 et rentre aux Tuileries le 12 vers 8 heures du soir. [^2]: Voir, n° 5999. [^3]: Tissu en armure de toile, fin et transparent plus clair que la batiste (de lin pour la lingerie fine, de coton pour la layette). [^4]: Toile de lin très fine. [^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 862, pluviôse an IX, n° 24.</body> |