CG3-5751.md

identifiantCG3-5751.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/11/08 00:00
titreNapoléon à Charles IV, roi d’Espagne
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5751. - </b>À Charles IV, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 17 brumaire an IX [8 novembre 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Dans la position où se trouve l’Europe, j’ai cru nécessaire de charger spécialement le citoyen Lucien Bonaparte, mon frère, de représenter à Votre Majesté l’utilité dont serait pour les alliés la conquête du Portugal.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Malte et Mahon sont tombés au pouvoir de nos ennemis. La Louisiane se trouve menacée.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le plus grand mal que nous puissions faire aujourd’hui au commerce anglais serait de s’emparer du Portugal. Cette conquête dédommagerait d’ailleurs l’Espagne des pertes et des dépenses qu’elle a faites dans la guerre, et illustrerait à jamais le règne de Votre Majesté.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Si elle croyait avoir besoin de l’assistance de quelques troupes d’ingénieurs et d’artilleurs français, Votre Majesté est persuadée de l’empressement que je mettrai à les lui procurer.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le seul obstacle qui s’oppose encore à la paix du continent, c’est l’intervention de l’Angleterre. Mais tous les peuples du continent demandent à grands cris la paix, et le peuple anglais lui-même manifeste tous les jours un sentiment pour la paix qui influera enfin sur Sa Majesté Britannique. La guerre de Votre Majesté avec le Portugal accélérerait encore davantage le mécontentement public en Angleterre, et ferait sentir à cette nation ambitieuse que la gloire castillane a pris une nouvelle vigueur sous le règne de Votre Majesté, et que si les Anglais ont menacé Cadix dans un moment où cette ville aurait été respectée par les nations les plus féroces, Votre Majesté n’a pas laissé impuni cet acte déloyal et contraire à l’humanité.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je prie Votre Majesté de croire à la considération toute particulière que j’ai pour elle.[^1]</p> [^1]: Minute, Archives nationales, AF IV 862, brumaire an IX, n° 14.</body>