| identifiant | CG3-5731.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1800/10/28 00:00 |
| titre | Napoléon au général Brune, commandant en chef de l’armée d’Italie |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5731. - </b>Au général Brune, commandant en chef de l’armée d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 6 brumaire an IX [28 octobre 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai reçu, citoyen général, votre lettre du 30. Le citoyen Belleville[^1] va se rendre en Toscane avec le titre de consul général de la République.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Tout va parfaitement bien à Paris, et tout est tranquille en France. Les dangers que j’ai courus[^2] sont, je vous assure, très peu de chose. Si cela en avait mérité la peine, soyez persuadé que vous ne l’auriez pas appris par d’autres que par moi.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La 52<sup>e</sup> doit être à Chambéry lorsque vous lirez cette lettre.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les Anglais répandent de l’argent à pleines mains dans le Midi et à Paris, mais en pure perte.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites faire à Florence et à Livourne des recherches pour savoir par quel canal Willot[^3] faisait passer de l’argent dans le Midi et avec qui il correspondait.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites chasser des États du Pape Willot, Assereto[^4] et les émigrés corses qui seraient dans le cas de fomenter l’inquiétude dans ce pays.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Réprimez avec vigueur tous les malveillants ; faites arrêter ceux qui troubleraient l’ordre public. Si quelques officiers ne se comportent pas comme ils le doivent, destituez-en quelques-uns.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les réformes se sont faites à l’armée du Rhin avec la plus grande activité et le plus grand ordre.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les officiers qui rentrent en France seront exactement payés.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Nous venons de conclure une suspension d’armes avec Tunis[^5], et je reçois ce soir la nouvelle que nous avons fait la paix avec Alger[^6]. Prévenez-en sans délai, par voie de Livourne, les préfets des départements de la Corse[^7], pour qu’ils aient à faire respecter par les corsaires les pavillons de ces deux puissances.[^8]</p> [^1]: Redon de Belleville, ancien acteur de la première campagne d’Italie (voir à ce nom dans le volume 1). [^2]: <span></span> Allusion à quelque complot auquel Bonaparte a échappé. Ils sont très nombreux à cette époque (voir Henri Gaubert, <i>Conspirateurs au temps de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup>, Flammarion, 1962 ; Frédéric Masson, « Les complots jacobins au lendemain de Brumaire », <i>Revue des Études napoléoniennes</i>, 1922, p. 5-28). La tentative de Joseph Arena ou conspiration « de l’Opéra » ou encore « des poignards », vient d’être démasquée par la police qui va passer à l’action dans quelques jours. [^3]: Ce général, « fructidorisé » et déporté en Guyane d’où il s’est échappé, a tenté de réunir une armée d’émigrés pour envahir le Midi. [^4]: Ancien membre du gouvernement de la République de Gênes. [^5]: Signée par Devoize de Voiron, elle sera suivie d’un traité de paix, signé à Tunis, le 23 février 1802. [^6]: Le traité définitif ne sera signé que le 28 décembre 1801. [^7]: Pietri pour le Golo, Galeazzini pour le Liamone. [^8]: Minute, Archives nationales, AF IV 862, brumaire an IX, n° 6.</body> |