| identifiant | CG3-5716.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1800/10/25 00:00 |
| titre | Napoléon au général Brune, commandant en chef de l’armée d’Italie |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5716. - </b>Au général Brune, commandant en chef de l’armée d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 3 brumaire an IX [25 octobre 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Monsieur de Cobenzl est arrivé hier à Lunéville, citoyen général. Il est à la fois ministre plénipotentiaire de l’Empereur et ministre des Affaires étrangères à Vienne : ainsi, sous peu de jours, la paix ou la guerre sera décidée.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous devez garder la Toscane jusqu’à la paix générale. Dans toutes vos relations avec M. de Bellegarde[^1], comme dans tous les journaux qui s’impriment à Milan, vous pourrez alléguer quatre raisons de votre conduite :</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">1<sup>o</sup> L’article 2 des préliminaires, par lequel Sa Majesté s’engage à dissoudre la levée en masse de la Toscane : vous n’avez donc fait qu’exécuter ce qui aurait dû l’être ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">2<sup>o</sup> La convention de Castiglione, qui ne parle pas de la Toscane ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">3<sup>o</sup> La violation manifeste de la convention d’Alexandrie[^2], qui nous donnait toute la rive droite du Pô, que les Autrichiens ont gardée pour eux ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">4<sup>o</sup> La non-exécution de la convention d’Alexandrie par les patriotes italiens, les actes d’hostilité commis par la levée en masse sur le territoire de Bologne et dans la Romagne, et enfin l’interception de la libre navigation du Pô.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Expédiez un courrier que vous adresserez au général commandant l’armée du roi de Naples. Vous lui direz que vous n’avez point l’intention d’entrer sur le territoire napolitain, mais que vous demandez que le citoyen Dolomieu et les généraux Dumas et Manscourt soient sur-le-champ rendus, ainsi que tous les Français échappés aux massacres de Sicile[^3]. Cette lettre doit être d’un style honnête.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites expédier de Livourne un bâtiment pour Alexandrie[^4]. Envoyez au général Menou[^5] une collection de journaux et le détail de notre position militaire et diplomatique. Rendez un de vos officiers porteurs de vos dépêches. Faites embarquer, si vous le pouvez, 1 000 fusils et 4 ou 500 sabres.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La 86<sup>e</sup> demi-brigade, forte de 2 500 hommes, qui n’a pas fait la guerre depuis longtemps, a ordre de passer en France. Deux frégates doivent partir de Toulon pour la prendre. Envoyez au général Ambert un officier pour lui dire que, s’il y a possibilité de la faire débarquer à Livourne, il le fasse. Cet officier ne sera porteur d’aucun écrit, pour que, s’il était pris, les Anglais ne sussent pas que notre intention est de faire passer des troupes sur le continent.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Continuez à vivre en bonne harmonie avec le Pape ; je vous enverrai incessamment des instructions plus amples relativement à ce prince.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites-moi, je vous prie, connaître où en est la démolition des places.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Donnez ordre qu’on prépare des fourneaux pour faire sauter l’enceinte de Livourne ; vous pourrez assurer Lucques avec le surplus d’artillerie qui se trouvera dans cette place et inutile à la défense de son port. Mettez une contribution sur Livourne, au moins de deux ou trois millions, pour solder un mois de l’arriéré de l’armée.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je m’imagine que vous avez pris des mesures pour que la Toscane contribue à payer à l’armée ce qu’elle payait à M. Sommariva pour la levée en masse. Je compte que ce supplément de ressources vous mettra à même de solder tout l’an VIII à l’armée.[^6]</p> [^1]: Commandant des forces autrichiennes dans la Péninsule. [^2]: En italien : Alessandria. [^3]: Voir, n° 5664. [^4]: Alexandrie d’Égypte. [^5]: Commandant en chef de l’armée d’Orient. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 862, brumaire an IX, n° 1</body> |