CG3-5704.md

identifiantCG3-5704.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/10/22 00:00
titreNapoléon au général Brune, commandant en chef de l’armée d’Italie
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5704. - </b>Au général Brune, commandant en chef de l’armée d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Malmaison], 30 vendémiaire an IX [22 octobre 1800][^1]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois, citoyen général, votre courrier du 24 vendémiaire. Je vous ai fait connaître, par ma dernière dépêche, la situation politique du Piémont. Faites écrire, et dites que, si j’appelle à Paris M. de Saint-Marsan[^2], c’est pour concerter avec lui la manière dont on pourrait indemniser le roi de Sardaigne[^3].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général Macdonald[^4] a ordre d’étendre son armée jusqu’à la Valteline ; cela doit s’entendre pour les opérations militaires, car ce pays continuera à faire partie de la Cisalpine. Par ce moyen, les troupes de l’armée d’Italie seront plus concentrées, et le général Macdonald pourra appuyer votre armée de sa droite ou même de toute son armée, si cela devient nécessaire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites donc finir promptement ce qui se passe à Gênes ; envoyez-y un officier qui soit d’accord avec Dejean[^5], par exemple le général Dulauloy[^6]. Concentrez toutes vos troupes au-delà de l’Adda. J’estime que vous ne devez pas laisser à Gênes plus de 500 hommes, surtout occupant la Toscane. Tirez de Nice tout ce qu’il sera possible.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La 52<sup>e</sup>, qui est de 2 500 hommes, part de Dijon et se rend à marches forcées à Milan.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’espère que le général Delmas[^7] sera arrivé ; je connais bien les généraux que vous avez ; j’estime que c’est un homme dont vous avez besoin.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites connaître à la 96<sup>e</sup> demi-brigade et à la 24<sup>e</sup> légère qu’en témoignage de la conduite qu’elles ont tenue au passage du Saint-Bernard je fais présent de bonnets aux grenadiers.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Défendez que l’on fasse aucune proclamation en Toscane ; prenez sans bruit toutes les mesures que vous croirez nécessaires à la police ; surtout faites des exemples sévères et désarmez promptement, afin que vous puissiez rappeler la plus grande partie des troupes du général Dupont[^8] sur la rive gauche du Pô.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">À mon sens, si l’ennemi vous attaque pour délivrer la Toscane, vous devez l’attendre sur les hauteurs de Castiglione, Lonato ou Montechiaro. Moquez-vous de tout ce qu’il pourrait faire sur la rive droite du Pô ; tant que vous serez là, ce ne sera rien de sérieux. 300 hommes dans le petit château du fort Urbain, avec 15 pièces de canon et des vivres pour un mois, seraient d’un bon effet. 500 000 rations de biscuit dans le château de Brescia et dans Orzinovi vous rendraient maître d’agir comme vous voudriez et selon les circonstances.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je viens de passer en revue aujourd’hui 6 000 grenadiers ou éclaireurs que je vais faire partir pour Dijon, afin de former la réserve de la République.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Moreau est à Paris. Il va partir pour son armée. Depuis la convention de Hohenlinden[^9], nous n’avons pas eu de nouvelles officielles de Vienne.[^10]</p> [^1]: La papier à entête n’a pas été corrigé et mentionne « Paris ». [^2]: ministre de la Guerre et de la Marine du Piémont-Sardaigne. Voir, n° 5670. [^3]: En janvier 1799, par voie plébiscitaire, le Directoire a rattaché le Piémont à la France, le roi étant relégué en Sardaigne. Lors de la seconde coalition et des hostilités à partir de mars 1799, le Piémont est revenu au roi jusqu’à Marengo, avant une nouvelle occupation française. [^4]: Commandant de l’armée des Grisons. [^5]: Conseiller d’État et ministre extraordinaire près la République ligurienne. [^6]: Commandant à Gênes. [^7]: Nommé lieutenant du général en chef Brune. [^8]: Dupont de l’Étang est entré à Florence le 15 octobre. [^9]: L’armistice de Parsdorf (15 juillet) a été renouvelé par la convention d’Hohenlinden, le 30 septembre. [^10]: Minute, Archives nationales, AF IV 862, vendémiaire an IX, n° 32.</body>