| identifiant | CG3-5690.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1800/10/09 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Brune, commandant en chef de l’armée d’Italie |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5690. - </b>Au général Brune, commandant en chef de l’armée d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 17 vendémiaire an IX [9
octobre 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois,
citoyen général, votre lettre du 8 vendémiaire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le
ministre de la Guerre a dû vous écrire pour vous faire connaître
les différentes propositions que vous deviez faire au général
autrichien.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’en ai
fait prévenir la cour de Vienne ; ainsi vous devez tenir à
leur exécution.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai vu
avec peine que vous ayez abandonné Lucques. Faites armer cette place
et mettez-y une garnison. Elle est dans toutes les circonstances
utile, parce qu’elle défend la Ligurie et menace Florence et
Livourne. Il faudrait bien que vous laissassiez, pour couvrir Gênes,
les hommes qui composeraient sa garnison. J’imagine que vous avez
réoccupé cette place, sans quoi vous ne perdriez pas un instant à
le faire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Pendant
que cette place contiendrait les Anglais et les Napolitains, elle
vous donnerait le temps d’accourir, et vous n’auriez aucune
inquiétude pour Gênes.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites
finir tout ce qui se passe à Gênes : qu’il n’y ait ni clubs ni
cercle constitutionnel ; dites à tous les partis que vous le
voulez ainsi. Nommez, pour commander cette place, le général
Dulauloy, qui commande à Tortone ; il y sera d’une manière
plus analogue à ses talents. Faites sortir de Gênes tous les
officiers d’état-major accoutumés au train du siège. On a dû,
dans ce temps, prendre des mesures et un ton qui étaient
nécessaires, mais qui ne doivent plus exister.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous
désirez que je vous mette au fait des vues du gouvernement sur
l’Italie.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La Prusse,
mais surtout la Russie, prend un intérêt très vif et très marqué
au roi de Sardaigne[^1].
Il paraît que, moyennant son rétablissement, elle s’engagerait à
forcer l’Autriche à reprendre les limites de l’Adige. Rien n’est
cependant encore décidé. Paix et considération pour le pape[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Dans la
position des choses, il ne paraît pas qu’il y ait du doute pour la
Cisalpine. Au reste, vous pouvez compter que, si la paix n’est pas
signée le 15 brumaire, il y aura guerre[^3].
Si donc, pour cette époque, vous pouviez être secondé par un
mouvement dans les États vénitiens, ce serait une opération fort
habile.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous devez
avoir reçu, depuis le 1<sup>er</sup> vendémiaire, les sommes
suivantes :</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><span lang="pt-BR">1</span><sup><span lang="pt-BR">o</span></sup><span lang="pt-BR">
1 500 000 francs,</span></p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><span lang="pt-BR">2</span><sup><span lang="pt-BR">o</span></sup><span lang="pt-BR">
1 000 000,</span></p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><span lang="pt-BR">3</span><sup><span lang="pt-BR">o</span></sup><span lang="pt-BR">
1 000 000,</span></p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><span lang="pt-BR">4</span><sup><span lang="pt-BR">o</span></sup><span lang="pt-BR">
2 100 000 francs pour vendémiaire.</span></p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous
pouvez compter que tous les mois vous recevrez exactement deux
millions. Il faut faire faire des réformes et des revues, de manière
que cette somme suffise à la solde de votre armée.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le fort en
bois peut nous être utile en ce qu’il exige peu de garnison et
qu’il est impossible de ne pas avoir à Bologne, à Modène, un tas
d’hommes isolés et qui s’y jettent dans un cas d’événements ;
ce fort a encore l’avantage de gêner les mouvements de l’ennemi
sur la rive gauche du Pô. Je crois donc que vous devez le réarmer
et le réapprovisionner.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Agissez
vigoureusement contre les rebelles ; brûlez, s’il le faut,
leurs villages. Faites arrêter leurs correspondants et mettez toute
l’énergie possible dans votre conduite.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous
recommande l’archevêque de Milan[^4] ;
il ne faut pas chercher les torts qu’il peut avoir eus.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous
trouverez ci-jointe une lettre que m’écrit le neveu du pape Pie
VI[^5] ;
faites-lui répondre en peu de mots, et faites quelque chose pour
lui, si cela est possible.[^6]</p>
[^1]: Charles-Emmanuel IV.
[^2]: Le cardinal Barnabé Chiaramonti a été élu pape, sous le nom de Pie VII, par le conclave de Venise, le 14 mars 1800. Il est rentré à Rome en juillet.
[^3]: Le congrès réuni à Lunéville piétine : il y aura donc reprise des hostilités.
[^4]: Visconti di Masimo.
[^5]: Pie VI, élu en 1775, est mort en captivité, à Valence, le 29 août 1799. Deux de ses neveux peuvent avoir écrit à Bonaparte à ce moment : le duc Louis Braschi Honesti, ancien négociateur du traité de Tolentino, et le cardinal Romuald Braschi Honesti, secrétaire des Brefs secrets depuis 1786.
[^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 862, vendémiaire an IX, n° 31.</body> |
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