CG3-5527.md

identifiantCG3-5527.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/07/15 00:00
titreNapoléon à Lucien, ministre de l’Intérieur
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5527. - </b>À Lucien, ministre de l’Intérieur</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 26 messidor an VIII [15 juillet 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le ministre de l’Intérieur fera connaître aux membres qui lui ont adressé cette lettre :</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">1<sup>o</sup> Qu’il n’y a point d’Académie française ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">2<sup>o</sup> Qu’ils doivent savoir qu’elle a été abrogée par une loi de la République [^1] ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">3<sup>o</sup> Que l’Institut réunit à la fois les anciennes académies des sciences, française et des belles-lettres ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">4<sup>o</sup> Que je ne vois cependant pas d’inconvénient à ce que des citoyens se réunissent pour former une société littéraire, toutes les fois qu’elle ne portera pas un nom qui tendrait à réveiller des institutions abolies, que son règlement n’aurait rien de contraire aux lois de la République, et qu’elle serait à l’instar du Lycée des arts ou de tout autre établissement de cette nature[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">5<sup>o</sup> Quant à la proposition qui m’est faite d’être membre de cette association, vous leur ferez sentir que j’ai des choses plus importantes à faire[^3] ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">6<sup>o</sup> Et si cette association continue à prendre le titre ridicule d’Académie française et à suivre ses anciens statuts, l’intention du gouvernement est qu’elle soit sur-le-champ supprimée.[^4]</p> [^1]: L’Académie française avait été supprimée par le décret de la Convention du 8 août 1793 et remplacée par une des classes de l’Institut national des sciences et des arts (décret du 22 août 1795). [^2]: Suard, Morellet et Fontanes envisagent, avec l’appui de Lucien Bonaparte, une reconstitution de l’Académie française. Le projet échoue sur le refus du Premier Consul et ne verra le jour qu’en 1803. [^3]: Bonaparte est membre de l’Institut depuis 1797. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 861, messidor an VIII, n° 47.</body>