| identifiant | CG3-5488.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1800/07/04 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Bernadotte, commandant en chef de l’armée de l’Ouest |
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| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5488. - </b>Au général Bernadotte, commandant en chef de l’armée de l’Ouest[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 15 messidor an VIII [4
juillet 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous
envoie, citoyen général, mon aide de camp chef de brigade
d’artillerie Lauriston[^2],
que je vous prie de faire passer à Belle-Île[^3],
afin qu’il visite la place et parle aux soldats et aux habitants. À
son retour, il vous rendra d’abord compte de ce qu’il aura vu ;
après quoi il reviendra à Paris.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Votre aide
de camp[^4]
m’a rencontré à Saint-Jean-de-Maurienne ; je l’attends à
Paris ; je vous le renverrai avec une réponse détaillée sur
toutes vos lettres.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Deux
demi-brigades, et spécialement la 92<sup>e</sup>, sont en marche
pour vous rejoindre.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">On me
donne beaucoup d’inquiétudes sur les approvisionnements de Brest ;
dites-moi, je vous prie, ce qu’il en est et ce qu’il faut faire.
Je n’ai pas besoin de vous dire qu’il faut faire l’impossible.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites
donc arrêter et fusiller dans les vingt-quatre heures ce misérable
Georges[^5].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites-vous
remettre sous les yeux la liste de tous les officiers qui sont à
Belle-Île, et faites changer ceux qui y seraient depuis trop
longtemps. Il nous faut là des hommes bien sûrs. L’or est le
grand moyen des Anglais.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous
salue <i>et vous aime</i>.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: Le quartier général de Bernadotte est passé de Rennes à Vannes.
[^2]: <span></span> Ordre à Lauriston, daté du 4 juillet : « Le chef de brigade Lauriston se rendra sur-le-champ à Rennes auprès du général Bernadotte. Il lui remettra la lettre ci-jointe et prendra ses ordres pour se rendre à Belle-Île. Il visitera les batteries, les fortifications, prendra un état de situation de l’approvisionnement, des commandants des corps, officiers généraux, etc. Il y restera plusieurs jours, afin de se mettre au courant de tout » (<font size="2" style="font-size: 10pt">Minute,
Archives nationales, AF IV 861, messidor an VIII, n° </font><font size="2" style="font-size: 10pt">30).</font><p class="sdfootnote-western" lang="fr-FR">De là, il se rendra à
Lorient et à Brest pour remplir la même mission. Il retournera à
Paris en passant par le quartier général du général Bernadotte</p>
[^3]: <span></span> Belle-Île-en-Mer, la plus grande des îles bretonnes au large de Quiberon (Morbihan) convoitée par un corps expéditionnaire anglais. Elle est défendue par la 82<sup>e</sup> demi-brigade de ligne commandée par le chef de brigade Claude Esnault (1740-1818).
[^4]: Gérard, le futur maréchal.
[^5]: Cadoudal est depuis les premiers jours de juin dans le Morbihan, traqué par le capitaine Girard (aide de camp du général Guillot) qui s’empare, vers le 8 juin, de ses registres d’ordre et d’une masse de correspondances, mais Georges lui a réussi à s’enfuir. Paul Desachy qui a publié les Mémoires de Girard, et mené une longue enquête sur cette sombre affaire, est convaincu que Bernadotte s’est bien gardé de transmettre ces documents importants et compromettants pour bon nombre de personnalités de l’époque. Il paraît indispensable de citer Girard qui a pu lire rapidement une partie de ces documents : « J’étais éclairé sur les véritables mobiles de cette guerre monstrueuse. Son but n’était pas, comme on le disait, le triomphe de la religion et des rois, mais bien celui des traîtres, des ambitieux d’honneur et de fortune. Pauvre humanité ! Pauvre peuple ! Pauvres soldats ! J’étais désespéré de participer à cette lutte de Français contre Français dont le résultat ne pouvait qu’être profitable aux chefs des deux partis, aussi perfides, aussi avides les uns que les autres »
[^6]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 103, fol. 4.</body> |
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