| identifiant | CG3-5445.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1800/06/18 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve |
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| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5445. - </b>Au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 29 prairial an VIII [18 juin
1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois,
citoyen général, votre lettre d’hier, 28. J’admire votre
confiance. Il faut, le plus promptement possible, y porter remède,
afin de ne pas en être dupe[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il paraît
que la première colonne sera partie lorsque vous recevrez cette
lettre. Faites-la marcher à petites journées, de manière qu’elle
ne soit à Castel-San-Giovanni que le 2 ou 3 messidor au soir.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Réunissez
derrière la Trebbia, à grandes marches, toute la division Loison,
ainsi que les Italiens et le bataillon du général Moncey, qui se
trouvent à Plaisance.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous
saurez le 1<sup>er</sup>, à midi, si vous avez Alexandrie,
Pizzighettone et Milan.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous
saurez, le 2 au matin, si vous avez Turin. Dans ce cas, le général
Loison laissera passer la première colonne autrichienne. Dans le cas
contraire, le général Loison déclarera qu’elle ne peut pas
passer qu’on ne soit en possession des places.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne peux
pas concevoir comment ou ne nous rend Savone et Gênes que le 5
messidor. Est-ce pour laisser aux Anglais le temps d’y jeter
garnison anglaise ? Cependant la seconde colonne part le 1<sup>er</sup>
messidor. Il faudrait, aux termes du traité, qu’elle ne partît
que le 5, ou bien qu’on nous livrât Coni, Gênes, Savone, le 1<sup>er</sup>
messidor. En fait d’affaires, tous ces différends ne sont rien.
S’ils sont de bonne foi, qu’importe qu’ils nous livrent les
places un ou deux jours plus tôt ; s’ils ne sont pas de bonne
foi, il faut prendre nos précautions.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">D’ailleurs,
le 7 messidor, ils peuvent avoir reçu la réponse de Vienne, et, dès
lors, le général Melas n’est plus responsable de rien.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Mon
intention est positivement que vous retardiez le départ de la
seconde colonne, et que le fort Urbain nous soit remis le plus tôt
possible ; il n’est pas si loin[^3].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Dans tous
les cas, faites marcher, avant la seconde comme avant la première
colonne, des troupes avec de l’artillerie et plus nombreuses
qu’elles. Ayez soin aussi qu’il ne parte aucune artillerie avec
l’armée, même de campagne, qui serait de calibre ou fonderie
italienne, piémontaise ou française. La convention est assez
avantageuse pour les Autrichiens[^4].
Dans la même position, ils ne se seraient pas comportés comme nous.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je
voudrais aussi que M. Melas, de sa personne, ne partît que quand
nous aurons Gênes[^5].[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: À Tortone.
[^2]: Bonaparte flaire un danger et remet en cause certains articles de la capitulation d’Alexandrie, notamment sur la reddition des places. Berthier ne veut pas modifier l’exécution des clauses d’une convention qu’il a signée et s’en explique dans une lettre datée de Tortone le 30 prairial (19 juin). Bonaparte finit par en admettre les raisons ainsi que les mesures de précaution prises par Berthier.
[^3]: Sur la route de Modène à Bologne, côté rive droite du Panaro.
[^4]: La convention d’Alexandrie stipule que les Autrichiens doivent abandonner sur place l’artillerie au calibre français et piémontais mais qu’ils peuvent emmener l’artillerie de leur fabrication.
[^5]: Melas est parti avec sa première colonne, malgré les objections de Berthier et de son chef d’état-major Dupont.
[^6]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 102, fol. 140.</body> |
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