| identifiant | CG3-5429.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1800/06/09 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve |
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| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5429. - </b>Au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 20 prairial an VIII [9 juin
1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous
trouverez ci-joint, citoyen général, des lettres du général
Suchet. Vous y verrez que, depuis la prise de Braus à l’évacuation
de la ligne de Vintimille, il a fait 1 500 prisonniers à
l’ennemi.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne vois
pas d’inconvénient que le général Murat passe encore toute la
journée d’aujourd’hui à Plaisance.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je n’ai
reçu aucune nouvelle du général Duhesme, ni de Loison ;
donnez-lui l’ordre de se rendre à Plaisance : il servira de
réserve.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il ne faut
penser à aucune espèce de siège jusqu’à ce qu’il y ait eu une
bataille. Quatre pièces ne sont rien s’il n’y a 1 000 coups
par pièce, et le général Marmont ne peut pas les envoyer sans
désorganiser son équipage de campagne.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il faut
penser à la défense du Tessin, à celle de l’Oglio ou de l’Adda,
et enfin du pont de Plaisance. Il faut charger le général Moncey de
toutes ces opérations.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général
Lorges[^2],
avec les 2 000 Cisalpins de Lechi, un bataillon de la 12<sup>e</sup>
légère, 2 bataillons de la 67<sup>e</sup>, et 400 chevaux des
premiers qui arriveront du Rhin, formerait un camp volant destiné à
couvrir Brescia et Crémone. Il manœuvrerait selon les
circonstances, pourrait se tenir entre la Chiese et Orzinovi. Ce
corps serait successivement renforcé à mesure que la queue du
général Moncey[^3]
arriverait.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Un second
corps, composé des 1 600 Cisalpins partis ce matin pour
Plaisance, un bataillon de la 12<sup>e</sup> légère et un de la
1<sup>re</sup>, serait chargé de bloquer Pizzighettone et le château
de Plaisance. Un général de brigade commanderait ce corps, se
tiendrait avec le quart en réserve à Codogno, pour pouvoir, selon
les circonstances, se porter au secours de Pizzighettone ou de
Plaisance.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le 3<sup>e</sup>
corps, composé d’un bataillon de la 12<sup>e</sup>, un de la 1<sup>re</sup>
et un de la 27<sup>e</sup>, formerait le blocus de la citadelle de
Milan.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Enfin un
bataillon, avec 200 hommes de cavalerie, se tiendrait sur le Tessin
pour observer Buffalora jusqu’à Sesto, et se mettrait en
communication avec le général Béthencourt[^4].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il
resterait toujours à garder la partie du Tessin entre Pavie e
Buffalora. Il faudra qu’une des petites divisions Lapoype ou
Gardanne file sur la gauche du Pô, en se tenant toujours à la
hauteur de l’armée, de manière à pouvoir se replier si l’ennemi
passait le Pô, et disputer le Tessin de manière à donner à
l’arrière le temps d’arriver.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il sera
donc nécessaire d’avoir toujours une division une journée en
arrière de l’armée, en réserve, et d’avoir sur le Pô quelques
barques suivant les mouvements de l’armée, qui puissent établir
la communication aussi rapide que possible entre une division qui
restera sur une rive et l’armée. S’il était possible d’avoir
une petite barque, et d’y mettre une pièce de 3, cela pourrait
être de la plus grande utilité.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je serai à
Pavie à deux heures après midi ; je vous prie de m’y
attendre.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai
fait demander au commandant de la Lombardie[^5],
en payant ou autrement, une centaine de chevaux ; tâchez aussi
d’en trouver à Pavie. Cette ville, qui s’est toujours plus mal
comportée, mérite moins d’égards que Milan.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: À Pavie.
[^2]: <span></span> Lorge. Il commande la 2<sup>e</sup> division du corps de Moncey.
[^3]: Moncey commande les renforts fournis par l’armée du Rhin (environ 12 000 hommes).
[^4]: <span></span> Béthencourt, avec la 44<sup>e</sup> demi-brigade de ligne, a passé le Simplon le 26 mai, est descendu sur Domodossola et le lac Majeur. Il sera immobilisé devant le fort d’Arona faute d’artillerie de siège. Ce fort, compris dans les places cédées par la convention d’Alexandrie, sera finalement remis à Béthencourt le 20 juin.
[^5]: Vignolle.
[^6]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 102, fol. 134.</body> |
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