| identifiant | CG3-5424.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1800/06/08 00:00 |
| titre | Napoléon au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5424. - </b>Au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 19 prairial an VIII [8 juin 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois dans l’instant, citoyen général, votre lettre de midi. Lauriston, qui arrive de Plaisance, me dit que le pont est entièrement fini.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous ai fait connaître, par mes deux derniers courriers, la vraie situation de l’ennemi. Vous ne devez avoir aucune espèce d’alarmes.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il serait très essentiel que vous me fissiez passer exactement le rapport de tous les prisonniers, afin de connaître à quelle division ils appartiennent.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il serait, par exemple, très essentiel de savoir si le parti ennemi qui s’est présenté à Broni était du corps du général Ott qui était, il y a trois jours, devant Gênes, ou de celui du général Hadik.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">L’essentiel est qu’on ne se laisse point surprendre ; que l’avant-garde, à la pointe du jour, soit sous les armes pour éclairer le terrain.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">S’il se présente demain un corps contre Stradella, comme cela est possible, qu’on l’attaque en grand, afin d’en avoir 2 ou 3 000 prisonniers. Il est certain que ce corps ne peut être que faible.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites connaître aux généraux Victor et Lannes une partie des nouvelles que je vous ai communiquées. Le général Lapoype est parti ce matin et doit être arrivé. Le général Lorge arrive.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne suis point d’opinion que vous fassiez passer vos troupes par Plaisance ; cela mettrait la troupe sur les dents et cela serait susceptible de mille inconvénients. Le Pô baissera ; d’ailleurs, avec une traille, l’on passe bien du monde dans vingt-quatre heures.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Ce qui rend votre position belle, c’est qu’à tout événement le corps qui est à Stradella a sa retraite naturelle sur Plaisance.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je dis à Vignolle[^1] qu’il fasse partir les 800 Italiens, qui sont arrivés ce matin, pour Plaisance, où ils se trouveront sous les ordres du général Murat.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je n’ai point de nouvelles du général Duhesme ; je ne sais pas s’il est arrivé à Crémone ; si j’ai des nouvelles dans la nuit qu’il y soit arrivé, je lui écrirai directement qu’il envoie 500 hommes et 500 chevaux du côté de Parme, où il arriverait à temps pour prendre 1 000 chariots qui composent les bagages de l’armée ennemie</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Murat attend ce soir deux bataillons du régiment de Thurn ; il en a pris un ce matin. S’il pouvait prendre ces deux bataillons, ce serait un très beau succès.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">On a intercepté à Plaisance un courrier venant de Mantoue, qui paraît porter des dépêches assez intéressantes ; on est après [<i>sic</i>] à les traduire[^2].[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Vignolle et Pino ont été chargés d’organiser à Milan la formation de nouveaux bataillons cisalpins. [^2]: Le courrier de Melas. [^3]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 102, fol. 131.</body> |