| identifiant | CG3-5353.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1800/05/22 00:00 |
| titre | Napoléon au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5353. - </b>Au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Aoste, 2 prairial an VIII [22 mai 1800], 11 heures du matin</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois, citoyen général, votre lettre de ce matin à trois heures, avec celle du général Lannes. J’espère qu’à l’heure qu’il est j’ai à vous complimenter sur la prise du château de Bard[^1]. Lorsque vous en serez maître, ne laissez pas dilapider les approvisionnements : il faut y mettre garnison et un bon commandant. Vous sentez que, si nous changeons de ligne d’opérations, il est extrêmement important d’avoir ce petit fort, qui ferme la vallée et nous assure les moyens de reprendre, quand nous le voudrons, la ligne de communication d’Aoste. Quand la campagne aura pris un caractère différent, alors nous pourrons nous en défaire en le faisant raser.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général Chambarlhac a mené avec lui ses canons, ce qui a causé beaucoup de fatigues à ses troupes. Sa division ne sera pas encore réunie à Étroubles ce soir. Il pourra donc, tout au plus, être demain à Aoste ; j’espère qu’il y sera avec ses huit pièces de canon. Monnier est toujours à Étroubles ; il pourra filer après la division Chambarlhac.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les Italiens vont ce soir à Châtillon. Si vous êtes maître du fort de Bard, vous pouvez les envoyer de suite à Ivrée ; sans quoi vous ferez bien de les envoyer à Gressoney.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le 2<sup>e</sup> de chasseurs se rend à votre quartier général. Le général Harville, avec le reste de la cavalerie, vient coucher ce soir à Aoste.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La 19<sup>e</sup> légère doit être aujourd’hui à Martigny ; je suppose que la 72<sup>e</sup> [de ligne] la suivra de quatre à cinq jours.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les 1 000 hommes de cavalerie venant de Paris doivent être aujourd’hui à Villeneuve et Martigny. Ainsi vous voyez que, dans cette décade de prairial, vous aurez à Ivrée votre armée bien réunie et en mesure de tout faire. Justement, dans le même temps, Moncey sera en mesure sur le Saint-Gothard.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Bonaparte</h3><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Tâchez d’envoyer des gens du pays pour savoir si l’on a des nouvelles du général Turreau.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p> [^1]: <span></span> Le fort ne capitulera que le 1<sup>er</sup> juin, bloquant ainsi le passage de la grosse majorité des pièces d’artillerie de l’armée. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 4831, d’après le dépôt de la Guerre.</body> |