| identifiant | CG3-5352.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1800/05/21 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve |
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| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5352. - </b>Au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><span lang="de-DE">Aoste, 1</span><sup><span lang="de-DE">er</span></sup><span lang="de-DE">
prairial an VIII [21 mai 1800]</span></h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général
Harville, citoyen général, et le général Chambarlhac, sont
arrivés aujourd’hui à Étroubles : comme ce dernier a traîné
son artillerie, il doit avoir le tiers de sa division en arrière.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il y a,
dans ce moment-ci, 500 quintaux de riz en magasin, et, dans la
journée de demain, 3 ou 400 quintaux de blé.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il y a à
Saint-Pierre et au petit Saint-Bernard une assez grande quantité de
biscuit.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">On me fait
espérer que les pièces de 12 arriveront demain. Dans trois ou
quatre jours le parc se trouvera organisé.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">On n’a
jamais pu espérer de pouvoir être réuni et en mesure de se
présenter à l’ennemi, en corps d’armée, avant le 4 ou le 5
prairial ; ainsi, jusqu’à cette heure, le fort de Bard ne
vous retarde pas.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le corps
d’Autrichiens opposé au Simplon pourrait remonter le Val-Sesia
jusqu’à Riva, passer le Valdobbia, se porter à Gressoney, et de
là tomber à Châtillon, par le col de Ranzola, en passant à
Brusson, ou bien se porter sur Perloz et les hauteurs de Bard, en
passant par Fontana-Mora.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il est
certain que les voitures, depuis Riva, vont facilement le long du
Val-Sesia. On prétend même que, sans difficultés très majeures,
elles passeraient à Gressoney, et de là pourraient aller à
Châtillon et à Saint-Martin. Il faut donc, le plus promptement
possible, faire faire une reconnaissance de Châtillon à Gressoney,
et de Saint-Martin à Gressoney, ainsi que de Verres à Gressoney,
d’abord pour y établir un corps d’observation qui assure votre
défensive, et pour connaître jusqu’à quel point on peut compter
sur la nature de ces chemins. J’ai vu ici des gens du pays qui ont
été fréquemment, dans un jour, de Riva à Châtillon. On met
encore moins de temps de Riva à Saint-Martin.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le roi de
Sardaigne[^1]
avait établi, il y a quelques années, une ligne depuis Saint-Martin
à Gressoney. On m’assure que le canon devrait passer par la route
d’Arnaz à Perloz, de Perloz à Lillianes, de Lillianes à
Saint-Martin. Voilà, je crois, trois reconnaissances qu’il est
indispensable de faire. Envoyez indépendamment, le plus tôt
possible, des espions à Riva. Le corps d’Italiens qui est ici
pourrait se rendre à Gressoney ; il occuperait le Valdobbia et
enverrait des patrouilles dans le Val-Sesia, ce qui faciliterait
notre communication avec le corps du Simplon.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">De l’autre
côté, l’ennemi pourrait se porter par Ceresole sur Aoste
directement. Les deux ou trois chemins qu’il devrait suivre se
rencontrent tous également au col de Cogne ; ces chemins
paraissent agrestes, difficiles et montueux. Le col de Cogne, d’où
l’on arrive au château de Bard par le val de Champorcher, me
paraît également important à connaître et à surveiller.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">S’il
était vrai que le chemin de Châtillon à Gressoney pût permettre
quoique avec difficulté, le passage de l’artillerie, nous
éviterions le fort de Bard ; car il paraît constant que le
chemin de Gressoney à Saint-Martin est assez beau.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Tous les
jours votre artillerie va s’augmenter, et, si le Saint-Bernard ne
nous a pas arrêtés, une montagne de second ordre ne mettra pas un
obstacle insurmontable à notre marche.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général
Lechi fait partir à l’instant même un lieutenant de sa légion
qui est au Val-Sesia, qui se rend par Châtillon, Brusson, à
Gressoney, d’où il enverra des patrouilles dans le Val-Sesia.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La légion
italique, à laquelle vous avez envoyé l’ordre de partir demain,
ira coucher à Châtillon, où elle recevra le rapport de l’officier
qui se rend à Gressoney, et par-là saura si elle peut faire passer
son artillerie par ce chemin.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général
Lechi enverra également une patrouille de 30 Italiens sur le col de
Cogne, d’où elle descendra à Ponte et Lanzo.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les gens
les plus éclairés d’ici pensent que si une trentaine d’obus
tombaient dans le fort, que si la batterie d’Albard joue avec
quelque activité et que l’on eût des échelles pour tenter
l’assaut, surtout du côté de Saint-Martin, le fort de Bard serait
enlevé.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il
faudrait tâcher de jeter un pont, au moins pour l’infanterie, près
de Donnas, de manière que le chemin de la vallée de Champorcher et
du col de Cogne pût être utile dans l’occasion.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: Victor-Amédée III.
[^2]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 102, fol. 121.</body> |
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