| identifiant | CG3-5326.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1800/05/16 00:00 |
| titre | Napoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5326. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lausanne, 26 floréal an VIII [16 mai 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je crois, citoyen ministre, que, pour avancer le moment de la paix, il faut mener de front la guerre et les négociations. Voici ce que je désirerais que vous fissiez :</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Commencez votre réponse à M. de Thugut par déplorer la fatalité qui empêche les gouvernements d’avoir de la modération dans la prospérité ; s’apitoyer un peu sur les malheurs qui résulteront de cette campagne, sans aucun but réel de part et d’autre. Si quelqu’un pouvait en profiter, ce serait le gouvernement anglais seul.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Comme il faudra bien, cependant, qu’un jour ou l’autre la cour de Vienne retourne à ses idées de modération et de paix, faites connaître à M. de Thugut que le citoyen Lavallette, chargé d’affaires de la République à Dresde, a la confiance du gouvernement ; que, lorsqu’il voudra avancer la négociation, il pourra envoyer secrètement un agent quelconque à Dresde ; il serait porteur d’une lettre de M. de Thugut au citoyen Lavallette, dans laquelle on ferait connaître qu’il a la confiance de ce ministre. Vous ferez part au citoyen Lavallette de ce que vous avez fait et de ce qu’il doit faire. Son principal rôle doit être de faire beaucoup de vœux pour la paix, de beaucoup écouter, de faire connaître que nous n’avons point de difficulté à nous arranger pour Rome, pour la Sardaigne, pour la Suisse, et demander l’exécution du traité de Campoformio, en disant cependant que, pour le rendre plus exécutable, quelques modifications pourraient être nécessaires, et qu’on les ferait. Le citoyen Lavallette ne doit rien écrire, peu s’engager, être extrêmement conciliant, et, après avoir entendu les propositions de l’agent autrichien, dire qu’il les va communiquer à son gouvernement. Ce moyen est uniquement pour commencer à asseoir les préliminaires.[^1]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> <i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1771, fol. 80-81.</body> |