CG3-5311.md

identifiantCG3-5311.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/05/15 00:00
titreNapoléon à Cambacérès et Lebrun, consuls de la République
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5311. - </b>À Cambacérès et Lebrun, consuls de la République</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lausanne, 25 floréal an VIII [15 mai 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois à l’instant, citoyens consuls, votre lettre du 22. Le ministre de la Guerre[^1] m’envoie l’extrait ci-joint. Je désire que vous le fassiez imprimer tout entier dans le journal officiel[^2] ; car il est bon que le public connaisse la situation de cette armée[^3] lorsque je l’ai quittée, et combien les rapports faits par les agents de l’Angleterre sont exagérés. Vous pouvez ajouter qu’il résulte de là que, pendant deux ans des campagnes d’Égypte et de Syrie, et malgré les grands combats qui ont été livrés, l’armée n’est pas diminuée d’un cinquième.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La peste n’a pas été en Égypte cette année ; ainsi je regarde comme infâme qu’on l’ait abandonnée. Dans mon opinion, la seule chose qui pouvait la faire évacuer eût été qu’une peste très forte eût, pendant tout l’hiver, affaibli l’armée. Par les lettres qui me reviennent, il paraît que Desaix[^4], Menou, Davout et plusieurs généraux de cœur n’étaient pas d’avis d’évacuer l’Égypte. Vous sentez que tout ce que je vous dis là n’est que pour vous. Je crois aussi qu’il est nécessaire que vous disiez que l’escadre de Brest allait partir, ayant à bord des munitions de toute espèce et 6 000 hommes, lorsqu’on a eu, par Constantinople, la première nouvelle de la capitulation. Il est bon aussi de faire observer que, lors du 18 brumaire, la guerre de l’Ouest avait tellement intercepté nos communications avec l’escadre de Brest, que l’amiral Bruix a été plus d’un mois à se rendre de Paris dans ce port. Je désire que le citoyen Lebrun rédige lui-même cet article, qui ne doit pas dire plus que je ne dis ci-dessus, simplement pour faire sentir à l’Europe que, si je fusse resté en Égypte, ce pays restait à la France.[^5]</p> [^1]: Lacuée. [^2]: <span></span> Le <i>Moniteur universel.</i> [^3]: L’armée d’Égypte. [^4]: Desaix a négocié la convention El-Arich qu’il aurait signée, dit-on, à regret. [^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 861, floréal an VIII, n° 87.</body>