CG3-5309.md

identifiantCG3-5309.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/05/15 00:00
titreNapoléon au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5309. - </b>Au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lausanne, 25 floréal an VIII [15 mai 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Six cents hommes de la 60<sup>e </sup>[de ligne], citoyen général, viennent d’arriver.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La moitié de leurs armes est en mauvais état ; j’estime qu’il leur en manque trois cents. Je désirerais que vous me fissiez connaître s’il n’y en a pas à Villeneuve ; dans ce cas, il faudra leur accorder demain séjour à Villeneuve, pour avoir le temps d’en faire venir de Genève, où je vais écrire pour qu’on en envoie de suite.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il faut que vous donniez l’ordre au général Sauret d’établir son quartier général à Villeneuve ou à Saint-Maurice. Donnez-lui le commandement du Léman, de tous les bords du lac et de tout le Valais. Attachez-lui un commissaire des guerres ou un commissaire ordonnateur. Fixez vos routes depuis Genève jusqu’à Saint-Pierre.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Ordonnez au général Sauret de tenir la main à ce qu’il soit passé à Genève et à Villeneuve des revues de tous les conscrits et troupes qui y passent, afin que l’on complète l’armement, les souliers et les quarante cartouches par homme ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Que tout corps ou détachement qui partira de Genève prendra du pain pour quatre jours, et, en partant de Villeneuve, du biscuit pour cinq jours. Alors il vous suffit d’avoir une seule manutention à Genève et deux fours à Nyon, afin de pouvoir fournir le pain aux troupes qui n’iraient pas à Genève.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il restera à prendre des mesures pour la cavalerie. Il va en passer beaucoup, et si elle n’est pas mieux nourrie qu’elle ne l’a été jusqu’à cette heure, les chevaux arriveront morts en Italie. Plusieurs corps n’ont point laissé leurs dépôts à Dijon ni dans la 18<sup>e</sup> division ; il est nécessaire alors qu’ils les établissent à Genève.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Ordonnez également que les petits dépôts de cavalerie soient établis à Villeneuve. Il y aura possibilité de faire fournir de l’avoine par le lac, et voilà la saison où l’on ne manque pas de fourrages.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous recommande de prendre des mesures pour la cavalerie. Il va arriver une grande quantité de chevaux d’artillerie. Tous mourront en montant la montagne, s’ils sont huit jours sans être nourris.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je viens de faire partir de Lausanne cinq chariots à munitions, chargés de dix traîneaux faits à Auxonne, pour le transport des caissons et des pièces de 8. Faites-les atteler par d’autres chevaux qui se trouveront à Villeneuve, et envoyez-les en toute diligence au Saint-Bernard. Les chevaux qui sont attelés à ces cinq voitures pourront servir à atteler l’artillerie de la division du général Monnier.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai fait donner, à Lausanne, une pièce de 4 à la légion cisalpine. Faites-lui en donner une autre à Villeneuve.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général Murat n’organise pas sa cavalerie ; il n’y a ni commissaire des guerres, ni chefs d’administration, de sorte qu’on ne sait comment vivre.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">L’organisation qui paraît la meilleure serait de la diviser en quatre brigades :</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">1<sup>o</sup> Le 12<sup>e</sup> de hussards, le 21<sup>e</sup> de chasseurs ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">2<sup>o</sup> Le 1<sup>er</sup> de hussards, les 2<sup>e</sup> et 15<sup>e</sup> de chasseurs ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><span lang="de-DE">3</span><sup><span lang="de-DE">o</span></sup><span lang="de-DE"> Les 5</span><sup><span lang="de-DE">e</span></sup><span lang="de-DE">, 7</span><sup><span lang="de-DE">e</span></sup><span lang="de-DE">, 8</span><sup><span lang="de-DE">e</span></sup><span lang="de-DE">, 9</span><sup><span lang="de-DE">e</span></sup><span lang="de-DE"> de dragons ;</span></p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><span lang="de-DE">4</span><sup><span lang="de-DE">o</span></sup><span lang="de-DE"> Les 1</span><sup><span lang="de-DE">er</span></sup><span lang="de-DE">, 2</span><sup><span lang="de-DE">e</span></sup><span lang="de-DE">, 3</span><sup><span lang="de-DE">e</span></sup><span lang="de-DE">, 5</span><sup><span lang="de-DE">e</span></sup><span lang="de-DE">, 20</span><sup><span lang="de-DE">e</span></sup><span lang="de-DE"> de cavalerie.</span></p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il faut que chaque brigade ait un agent des fourrages, un commissaire des guerres, une escouade d’artillerie légère avec deux pièces de canon. En attendant que l’artillerie légère de l’armée soit arrivée, on pourra se servir de celle de la Garde des consuls.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il est nécessaire que l’ordonnateur[^1] prenne des mesures pour avoir à Lausanne deux ou trois mille paires de souliers par décade[^2], pendant trois décades, pour les détachements et corps qui passent.[^3]</p> [^1]: Dubreton. [^2]: Semaine de dix jours en calendrier républicain. [^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 861, floréal an VIII, n° 90.</body>