| identifiant | CG3-5301.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1800/05/14 00:00 |
| titre | Napoléon au général Moreau, commandant en chef de l’armée du Rhin |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5301. - </b>Au général Moreau, commandant en chef de l’armée du Rhin</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lausanne, 24 floréal an VIII [14 mai 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le ministre de la Guerre m’a remis, citoyen général, votre lettre de Biberach, du 20 floréal.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous venez d’illustrer les armes françaises par trois belles victoires[^1].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Cela abattra un peu l’orgueil autrichien.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai reçu de Gênes des nouvelles du 13 ; Masséna se défend toujours avec beaucoup d’opiniâtreté, mais il est cerné par des forces considérables. Les Génois se comportent avec un dévouement sans exemple pour notre cause.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">L’armée de Réserve commence à passer le Saint-Bernard. Elle est faible ; il y aura des obstacles à vaincre, ce qui me décide à passer moi-même en Italie pour une quinzaine de jours.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il est indispensable que vous formiez un bon corps de troupes au général Moncey. Celui que vous lui destinez est bien faible : d’ailleurs il ne pourrait jamais être réuni à temps. Par exemple, la 29<sup>e</sup> a deux bataillons à Mayence ; la 91<sup>e</sup> est aussi du côté de Mayence : ces deux corps arriveront très certainement trop tard. Il est indispensable que vous les remplaciez et que vous manœuvriez de manière à réunir 18 à 20 000 hommes, présents sous les armes, sous les ordres du général Moncey, afin qu’il puisse déboucher par le Saint-Gothard dans la première décade de prairial. On ne doit rien épargner pour sauver la ville de Gênes et le quartier général d’une de nos armées, qui se trouve bloqué dans cette place.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les Anglais font tous les jours quelques petits débarquements sur les côtes de Provence, et il est hors de doute qu’un débarquement assez considérable est en pleine mer.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général Ferino, avec un petit corps de troupes, est à la poursuite d’un noyau de Vendée qui se forme dans l’Ardèche et Vaucluse.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Si la diversion que le gouvernement a ordonnée par le Saint-Gothard ne se fait pas avec toute la diligence et le zèle qu’exigent les circonstances, il pourra arriver que 12 à 14 000 hommes que nous avons dans Gênes soient faits prisonniers avec le quartier général, et que l’armée de Réserve soit battue. Il faudra bien alors que vous fassiez un détachement de 20 000 hommes pour soutenir le Midi. Vous aurez à lutter contre l’armée d’Italie autrichienne, et même il faudrait tirer de votre armée des secours pour l’intérieur, parce que des succès pareils à ceux-là donneraient une secousse générale aux Vendéens.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous voyez les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Le succès de la campagne peut dépendre de la promptitude avec laquelle vous opérerez la diversion demandée. Si elle s’exécute d’un mouvement prompt, décidé, et que vous l’ayez à cœur, l’Italie et la paix sont à nous.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous en dis déjà peut-être trop. Votre zèle pour la prospérité de la République et votre amitié pour moi vous en disent assez.[^2]</p> [^1]: Stockach, Messkirch et Biberach. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 861, floréal an VIII, n° 76.</body> |