CG3-5295.md

identifiantCG3-5295.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/05/14 00:00
titreNapoléon au général Desaix
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5295. - </b>Au général Desaix[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lausanne, 24 floréal an VIII [14 mai 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois à l’instant, mon cher Desaix, votre lettre du 15 floréal. Votre première lettre m’avait instruit que vous deviez partir peu de jours après l’aviso qui a conduit l’aide de camp du général Kléber[^2]. J’étais donc vivement inquiet de voir un mois s’écouler sans avoir de vos nouvelles ; je craignais tout de la foi punique. Mais enfin vous voilà arrivé ; une bonne nouvelle pour toute la République, mais plus spécialement pour moi, qui vous ai voué toute l’estime due aux hommes de votre talent, avec une amitié que mon cœur, aujourd’hui bien vieux et connaissant trop profondément les hommes, n’a pour personne.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai reçu, il y a deux mois, la capitulation[^3] ; je n’y ai fait aucune observation, puisque vous l’avez signée ; mais comment 16 ou 18 000 Français peuvent-ils redouter 30 000 Turcs ! Il ne vous fallait pas 6 000 hommes pour les battre, leur enlever leurs canons, leurs chameaux, et les mettre pour un an hors d’état de rien faire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">À mon arrivée en France, j’ai trouvé la République perdue, la Vendée aux portes de Paris ; l’escadre, au lieu d’être à Toulon, était à Brest, et déjà désarmée ; Brest même menacé par les Anglais. Il a fallu détruire la Vendée, trouver de l’argent, réarmer l’escadre. Elle partait forte de trente-six vaisseaux avec des munitions de toute espèce et 6 000 hommes de débarquement, lorsque les nouvelles de Constantinople nous ont appris la capitulation.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><i>Mais, enfin, n’en parlons plus ; venez, le plus vite que vous pourrez, me rejoindre où je serai.</i></p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><i>Je vais descendre en Italie avec 30 000 hommes pour dégager Masséna, chasser Melas ; après quoi, je retournerai à Paris. L’avant-garde traverse à l’heure même le mont Saint-Bernard. Quand vous lirez cette lettre, je serai, j’espère, à Ivrée.</i></p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><i>Moreau est à Biberach ; il a mis trois fois Kray en déroute.</i>[^4]</p> [^1]: Il vient de rentrer d’Égypte. [^2]: Le chef d’escadron François Auguste Damas. [^3]: La convention d’El-Arich qui ne sera pas ratifiée par le cabinet de Londres. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 861, floréal an VIII, n° 78.</body>
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