| identifiant | CG3-5265.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1800/05/10 00:00 |
| titre | Napoléon à Forfait, ministre de la Marine et des Colonies |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5265. - </b>À Forfait, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Genève, 20 floréal an VIII [10 mai 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai lu, citoyen ministre, avec la plus grande attention les différents rapports que vous m’avez remis la veille de mon départ.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai trouvé vos observations parfaitement justes sur le mémoire que je vous ai remis, sur Saint-Domingue, surtout en ce qui a rapport à la liberté que l’on voudrait donner aux noirs[^1]. Retranchez tout cela dans la copie que vous ferez faire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous trouverez ci-joint le rapport sur l’expédition de Cayenne et de la Guadeloupe, approuvé. J’écris au citoyen Lebrun pour lui recommander de faire de nouveaux efforts pour vous procurer les crédits sur Lima ou Rio de la Plata ; et, dans le cas où il y aurait impossibilité de se procurer le crédit, l’on pourrait destiner la division du général Boudet[^2] à cette expédition importante. Faites préparer à Rochefort et à Brest quelques goélettes, pour, quinze jours après, faire partir tous les employés que nous voulons envoyer dans les îles.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’approuve les deux lettres que vous voulez écrire à Rigaud[^3] et à Toussaint[^4].[^5]</p> [^1]: Le 25 décembre 1799, une proclamation consulaire paraît confirmer l’irréversibilité de l’abolition de l’esclavage. Bonaparte rétablira pourtant l’esclavage au printemps 1802 dans les colonies rendues à la France après la paix d’Amiens (soit la Martinique et ses dépendances) et celles situées à l’est du cap de Bonne-Espérance, facteur déterminant qui va accentuer la crainte et, par conséquent, la lutte des noirs de Saint-Domingue. L’esclavage sera rétabli en Guadeloupe sur l’initiative du général Richepance, sans y avoir été autorisé par le gouvernement qui, toutefois, ne rapportera pas la mesure. [^2]: <span></span> La division Boudet (5<sup>e</sup> division de l’armée de réserve) est stationnée à Dijon. [^3]: Rigaud, André (1761-1811), mulâtre haïtien, général de brigade (juillet 1795) commandant en chef l’armée du sud de Saint-Domingue en lutte avec celle de Toussaint-Louverture, depuis juin 1799. Il rejoint la France en 1801, est réformé puis renvoyé à Saint-Domingue. Peu après son retour sur l’île, il est expulsé par le général Leclerc et rejoint de nouveau la métropole où il reste sous surveillance. [^4]: Toussaint-Louverture, général de division depuis l’époque du Directoire, se soucie peu des ordres de la métropole ; il s’autoproclamera gouverneur à vie de Saint-Domingue (juillet 1801), prélude à son arrestation et son transfert en Europe où il mourra. [^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 861, floréal an VIII, n° 62.</body> |