CG3-5229.md

identifiantCG3-5229.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/05/04 00:00
titreNapoléon au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5229. - </b>Au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 14 floréal an VIII [4 mai 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois à l’instant votre courrier du 12 floréal. Voici les dernières nouvelles d’Italie.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Masséna était le 3 au pont de Cornigliano[^2] ; ainsi il paraissait décidément bloqué dans Gênes.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il avait fait l’échange des prisonniers avec le général Melas ; mais il se trouvait en avoir 6 000 de plus que l’ennemi.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il pourrait être arrivé :</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">1<sup>o</sup> Que Masséna capitulât et évacuât Gênes, s’entend sans être prisonnier, et vînt rejoindre son armée et prendre la ligne de Borghetto ou toute autre ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">2<sup>o</sup> Que Masséna fût forcé dans Gênes.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Dans l’un et l’autre cas, vous sentez que, du 5 au 20, voilà quinze jours de différence, et que le général Melas n’a besoin que de huit jours pour se porter de Gênes à Aoste[^3], et s’il parvenait là avant que vous eussiez débouché seulement avec 20 000 hommes, cela lui donnerait des avantages immenses pour vous disputer l’entrée en Italie.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Ainsi tâchez que, le 20, le général Chabran, vos six premières demi-brigades, leur train d’artillerie, la demi-brigade de l’armée du Rhin[^4] qui garde le Saint-Bernard et le Valais, un millier d’hommes de cavalerie, soient à Aoste, et que le reste y arrive le 22 et le 23.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je mets en marche encore quelques escadrons de cavalerie, entre autres le 7<sup>e</sup> de dragons, qui a été échangé, et je pars demain dans la nuit ; je serai le 18 à Genève[^5].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites connaître, par un courrier, au général Moreau la situation où est l’armée d’Italie ; faites-lui sentir que quelques demi-brigades de plus ne font rien pour lui, mais que quelques demi-brigades de moins compromettraient non-seulement l’armée de Réserve d’Italie, mais encore le comté de Nice.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Écrivez au général Moncey pour qu’il fasse filer sur le Simplon le plus de forces qu’il pourra, afin que vous ayez là 5 ou 6 000 hommes, qui seraient à portée de vous rejoindre et de vous faire une puissante diversion.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Au reste, je vous expédierai ce soir un courrier par lequel je vous ferai connaître toutes les dispositions que je vais prendre pour que l’armée du Rhin vous seconde autant que possible[^6].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne sais pas si vous avez donné l’ordre à mes bagages de partir pour Genève ; je donne cet ordre par ce courrier, pour qu’ils soient le 18 à Genève, où je me trouverai aussi.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Un million part demain pour Genève.[^7]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: À Chalon-sur-Saône. [^2]: À 3 kilomètres ouest de Gênes, sur le littoral, à l’embouchure de la Polcevera. [^3]: La distance est d’environ 250 kilomètres. [^4]: <span></span> La 28<sup>e</sup> demi-brigade de ligne. [^5]: Son arrivée était initialement annoncée pour le 16 floréal [6 mai] ; il rejoindra Genève le 19 [9 mai]. [^6]: Le lendemain, un arrêté des Consuls prescrit à Moreau « de faire pénétrer une colonne de 25 000 hommes, infanterie, cavalerie et artillerie comprises, par le Saint-Gothard et le Simplon, pour agir sous les ordres du général en chef de l’armée de réserve [Berthier]… » [^7]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 102, fol. 102.</body>