CG3-5206.md

identifiantCG3-5206.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/04/27 00:00
titreNapoléon au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve, à Dijon
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5206. - </b>Au général Berthier, commandant en chef l’armée de Réserve, à Dijon</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 7 floréal an VIII [27 avril 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Votre aide de camp[^1] arrive à l’instant, citoyen général. Je désire que vous réunissiez toute l’armée à Genève, et que vous donniez des ordres pour que l’on transporte à Villeneuve, par le lac, du biscuit, du blé et de l’eau-de-vie.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Sur les deux millions que vous a remis le général Murat, vous verrez qu’il y a 300 000 francs pour Lambert ; faites-les-lui passer sur-le-champ.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il est parti hier 200 chevaux avec un convoi pour Dijon. J’ai envoyé des aides de camp à Châlons-sur-Marne, à Tours, etc., pour faire passer le plus promptement possible des cartouches à Genève et à Dijon.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il part demain un million pour votre armée. Il part aujourd’hui 100 milliers de plomb pour Auxonne.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vais prendre des mesures pour faire partir, dans la décade et sans séjours, tous les chevaux qui se trouvent à Versailles.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Mon projet ne serait plus de passer par le Saint-Gothard[^2] ; je ne regarde cette opération possible et dans les règles ordinaires de la prudence que lorsque le général Moreau aurait obtenu un grand avantage sur l’ennemi.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">D’ailleurs il est possible que ce ne soit plus à Milan où il faille aller, mais que nous soyons obligés de nous porter en toute diligence sur Tortone, pour dégager Masséna, qui, s’il a été battu, se sera enfermé dans Gênes, où il a pour trente jours de vivres. C’est donc par le Saint-Bernard que je désire que l’on passe. Arrivé à Aoste, on sera à même de se porter sur le lac Majeur et sur Milan en peu de marches et dans un pays abondant et tel qu’il nous le faut, s’il devenait inutile de se porter tout de suite sur la Rivière de Gênes. D’ailleurs, l’opération de passer par le Saint-Bernard me paraît beaucoup plus proportionnée à vos moyens actuels, puisque vous n’aurez à vous nourrir que depuis Villeneuve à Aoste, pouvant transporter vos vivres par le lac à Villeneuve ; vous n’avez que quatre jours de Villeneuve à Aoste.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous voyez que, dans l’une ou l’autre de ces opérations, vous aurez toujours, ou les débouchés du Dauphiné par votre flanc droit, ou les débouchés de la Suisse, occupés par l’armée du Rhin, par votre flanc gauche. Ainsi, dans tous les cas, vous avez une ligne d’opération assurée, et vous restez en contact avec la République.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Si vous vous portez sur Milan, tout ce qui sera sur le Saint-Gothard ou le Simplon vous joindra successivement.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je partirai d’ici le 10 pour Genève : je passerai par Dijon.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Que de Lyon, de Chambéry et de Grenoble, tout le biscuit, etc. soit mis sans délai en marche pour Genève.</p> [^1]: Dutaillis Adrien Jean-Baptiste Amable Ramond du Bosc (1760-1851), avec deux lettres de Berthier datant du 25 avril. [^2]: Trois jours plus tôt, Bonaparte hésitait encore entre le Simplon et le Grand Saint-Bernard. Voir n° 5193 et 5195. [^3]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 102, fol. 91.</body>