CG3-5095.md

identifiantCG3-5095.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1800/03/12 00:00
titreNapoléon au général Moreau, commandant en chef de l’armée du Rhin
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 5095. - </b>Au général Moreau, commandant en chef de l’armée du Rhin</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 21 ventôse an VIII [12 mars 1800]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le ministre de la Guerre[^1], citoyen général, vous aura envoyé la proclamation et la création de l’armée de Réserve. Elle ne sera pas sur le papier. Le 26, la 1<sup>re</sup> division part de Paris. Elle est composée des 24<sup>e</sup>, 59<sup>e</sup>, 96<sup>e</sup> et 43<sup>e</sup>, faisant 9 000 hommes, avec douze pièces d’artillerie et quatre régiments de hussards et de dragons, faisant 15 000 hommes[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">À l’heure qu’il est, la 2<sup>e</sup> division, composée des 6<sup>e</sup> légère, 22<sup>e</sup> et 40<sup>e</sup> de ligne et de six pièces de canon, doit être partie de Nantes.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La 3<sup>e</sup> division part également de Nantes dans la décade ; elle est composée des 19<sup>e</sup> légère, 58<sup>e</sup> et 60<sup>e</sup> de ligne et six pièces d’artillerie.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Toutes ces demi-brigades sont à 2 500 hommes et seront, arrivées à Dijon, à 3 000 hommes.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Tout cela marche en colonne et ensemble. Aussi j’espère qu’avant le 15 germinal[^3] nous aurons près de 50 000 hommes à Dijon.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">La 4<sup>e</sup> division se forme à Paris ; elle ne sera prête que dans la première décade de germinal.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’imagine que Dessolle[^4] arrivera demain. Masséna a dû concentrer sur Gênes toutes les forces qui étaient sur les Alpes. Il a 40 000 hommes[^5] ; s’il joue bien, qu’il ne se fasse pas de craintes chimériques, il ne doit pas craindre 60 000 hommes ; et, pour que l’ennemi ait 60 000 hommes d’infanterie en bataille contre lui, il faut qu’il en ait au moins 90 000 dans son armée, tant pour tenir garnison dans ses places que pour le corps d’observation[^6] à Bellinzona et à Milan ; et 90 000 hommes d’infanterie supposent 120 000 hommes, en y joignant la cavalerie et l’artillerie. Ni l’une ni l’autre ne peut, vous le sentez, faire grande chose dans la Rivière de Gênes.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Au reste, quand nous nous trouverions obligés d’évacuer Gênes, ce n’est plus cela aujourd’hui qui décidera la paix et donnera le succès de la campagne.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Ne laissez à Mayence et dans vos places que des dépôts. Réunissez tout votre monde de Strasbourg à Constance.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Avec une avant-garde de 130 000 hommes [<i>sic</i>] et un corps de réserve de 50 000 hommes, on peut parler bien haut.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne me souviens pas si je vous ai écrit que 1 500 000 francs sont dus à la caisse de Mayence par des particuliers, et que les tribunaux donnent des délais ridicules. Faites-les payer militairement en envoyant des garnisons chez les débiteurs. Je crois que la créance est pour des achats de bois. Votre commissaire à Mayence connaît cette affaire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il est parti, la décade dernière, 1 500 000 francs pour votre armée.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous salue comme ami.[^7]</p> [^1]: Berthier. [^2]: <span></span> La 1<sup>re</sup> division (Chambarlhac) atteint à peine 8 000 hommes, celle de la cavalerie (Rivaud) 1 450. Sur l’effectif de cette dernière, Voir, n° 5109. [^3]: Le 5 avril. [^4]: Le chef d’état-major de Moreau sera présent le lendemain à Paris. [^5]: 8 000 hommes environ, aux ordres de Turreau, gardent la frontière française dans les hautes vallées de la Durance et de l’Isère. Il reste à peine 30 000 hommes aux ordres directs de Masséna dans la rivière de Gênes. [^6]: Grande unité tactique en attente d’engagement. [^7]: Minute, Archives nationales, AF IV 861, ventôse an VIII, n° 77.</body>