| identifiant | CG2-4762.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1799/10/10 00:00 |
| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4762. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p lang="fr-FR" style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Aix[^1], 18 vendémiaire an VIII [10 octobre 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">Citoyens Directeurs, depuis mon départ de France je n’ai reçu qu’une seule fois de vos dépêches ; elles me sont arrivées le 5 germinal[^2], devant Acre ; elles étaient datées du 14 brumaire[^3] et 5 nivôse[^4] ; elles me donnaient la nouvelle de nos succès contre Naples[^5], ce qui me faisait conjecturer une guerre prochaine sur le continent ; et dès lors j’ai pressenti que je ne devais pas rester longtemps éloigné de France. Mais, si j’avais détruit dans ma campagne de Syrie les armées qui menaçaient d’envahir l’Égypte en traversant le désert, il me restait à voir l’issue de l’expédition maritime qui se préparait avec beaucoup d’activité dans la mer Noire. Le débarquement ne pouvait s’opérer qu’à Alexandrie ou à Damiette. Je confiai au général Kléber la défense des côtes de Damiette, et me tins prêt à me porter sur Alexandrie. Vous avez vu dans mes dernières dépêches l’issue de la bataille d’Aboukir. L’Égypte, à l’abri de toute invasion, est entièrement à nous.</p><p lang="fr-FR">Je me procurai, à l’issue de plusieurs conférences diplomatiques[^6], les gazettes d’Angleterre jusqu’au 6 juin, par lesquelles je fus instruit des défaites de Jourdan[^7], en Allemagne, et de Scherer[^8], en Italie. Je partis sur-le-champ, à l’heure même, avec les frégates <i>La Muiron</i> et <i>La Carrère,</i> quoique mauvaises marcheuses. Je n’ai pas pensé devoir calculer les dangers ; je devais me trouver où ma présence pouvait être le plus utile. Animé de ces sentiments, je me serais enveloppé dans mon manteau et serais parti sur une barque, si je n’eusse pas eu de frégates.</p><p lang="fr-FR">J’ai laissé l’Égypte bien organisée et sous les ordres du général Kléber. Elle était déjà toute sous l’eau, et le Nil était plus beau qu’il ne l’avait été depuis cinquante ans.</p><p lang="fr-FR">J’ai traversé plusieurs croisières anglaises : j’ai des obligations à l’activité et aux bonnes manœuvres du contre-amiral Ganteaume d’avoir débarqué à Fréjus sans aucune espèce d’accident. Je serais à Paris presque en même temps que ce courrier ; mais l’air sec et froid qu’il fait ici me saisit et me fatigue extrêmement : ce qui m’occasionne un retard de trente ou quarante heures.[^9]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Bonaparte a quitté Fréjus la veille à six heures du soir sans satisfaire aux formalités de quarantaine. [^2]: 25 mars 1799. [^3]: 4 novembre 1798. [^4]: 25 décembre 1798. [^5]: Entrée de Championnet à Naples, le 23 janvier 1799. [^6]: Conférences avec Sidney Smith. [^7]: Défaite de Stockach le 25 mars 1799. [^8]: Défaite de Magnano le 5 avril 1799. [^9]: Minute, Archives nationales, AF IV 861, vendémiaire.</body> |