| identifiant | CG2-4695.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1799/08/12 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Desaix |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4695. - </b>Au général Desaix</h1><p lang="fr-FR" style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Le Caire, 25
thermidor an VII [12 août 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/>
</p><p lang="fr-FR">J’ai reçu, citoyen général, votre lettre du 18
thermidor. J’approuve complètement les projets que vous avez
formés. Vous n’aurez effectivement achevé votre opération de la
Haute-Égypte qu’en détruisant Mourad-Bey[^1].
Il est devenu si petit, qu’avec quelques centaines d’hommes
montés sur des chameaux, vous pourrez le pousser dans le désert et
en venir à bout.</p><p lang="fr-FR">Je vous ai demandé le bataillon de la 61<sup>e</sup>
de ligne, afin de reformer cette demi-brigade et lui donner quelques
jours de repos à Rosette. Dès l’instant que vous serez venu à
bout de Mourad-Bey, je ferai relever toutes vos troupes. Je prépare
à cet effet la 13<sup>e</sup> de ligne et une autre demi-brigade. Je
serai d’ailleurs fort aise d’avoir vos troupes s’il arrivait
quelque événement sur la lisière de la Syrie ou sur la côte. Les
nouvelles que j’ai de Gaza ne me font pas penser que l’ennemi
veuille rien entreprendre. Ce n’est pas une chose aisée. Il n’y
aurait de sensé pour lui que de s’emparer d’El-Arich, et,
lorsqu’il l’aurait pris, il n’aurait fait qu’un pas. Quant à
l’opération de traverser le désert, il faut rester cinq jours et
même sept sans eau. Il serait difficile, même impossible, de
transporter de l’artillerie, ce qui les mettrait hors d’état de
prendre même une maison.</p><p lang="fr-FR">Je donne ordre qu’on vous envoie quatre pièces de
3 vénitiennes, qui sont extrêmement légères. Je vous laisse la
21<sup>e</sup>, la 88<sup>e</sup>, le 22<sup>e</sup> et la 20<sup>e</sup>[^2].</p><p lang="fr-FR">Dès l’instant que l’inondation aura un peu
couvert l’Égypte, j’enverrai le général Davout, comme cela
avait été mon projet, avec un corps de cavalerie et d’infanterie,
pour commander les provinces du Fayoum, de Minieh et de Beni-Souef.
Jusqu’alors laissez-y des corps de troupes. Arrangez-vous de
manière que vous soyez maître de ne laisser qu’une centaine
d’hommes à Kosseir, que Keneh puisse contenir tous vos embarras,
et que vous puissiez, en cas d’une invasion sérieuse, rapidement
et successivement reployer toutes vos troupes sur le Caire.</p><p lang="fr-FR">Faites filer sur le Caire toutes les carcasses de
barques, avisos ou bricks appartenant aux Mamelouks ; nous les
emploierons pour la défense des bouches du Nil.</p><p lang="fr-FR">J’ai reçu des gazettes anglaises jusqu’au 10
juin[^3].
La guerre a été déclarée le 13 mars par la France à l’Empereur.
Plusieurs batailles ont été livrées. Jourdan a été battu à
Feldkirch, dans la Forêt Noire, et a repassé le Rhin[^4].
Schérer, auquel on avait confié le commandement de l’armée
d’Italie, a été battu à Rivoli[^5],
et a repassé le Mincio et l’Oglio. Mantoue était bloquée. Lors
de ces affaires, les Russes n’étaient point encore arrivés. Le
prince Charles commandait contre Jourdan, et M. Kray contre Schérer.</p><p lang="fr-FR">L’escadre française, forte de 22 vaisseaux de
guerre et 18 frégates, est partie de Brest dans les premiers jours
d’avril, est arrivée au détroit, a présenté le combat aux
Anglais, qui n’étaient que 18 vaisseaux, et est entrée à Toulon.
Elle a été jointe par 3 vaisseaux espagnols. L’escadre espagnole
est sortie de Cadix et est entrée à Carthagène. Elle est forte de
27 vaisseaux de guerre, dont quatre à trois ponts. Une nouvelle
escadre anglaise est, peu de jours après entrée dans la
Méditerranée, et s’est réunie à Jervis[^6]
et à Nelson. Ces escadres réunies doivent monter à plus de 50
vaisseaux. Les Anglais bloquent Toulon et Carthagène. Le ministre de
la Marine Bruix[^7]
commande l’escadre française. À la première occasion, je vous
enverrai tous ces journaux. Corfou a été pris par famine[^8].
La garnison a été conduite en France. Malte est ravitaillée pour
deux ans.[^9]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p lang="fr-FR" style="font-variant: small-caps"><br/>
</p>
[^1]: Cette approbation détruit – en partie – les blâmes précédents.
[^2]: <span></span> Comprendre : 21<sup>e</sup> légère, la 88<sup>e</sup> de ligne, le 22<sup>e</sup> chasseurs et le 20<sup>e</sup> dragons.
[^3]: Sidney Smith a laissé filtrer ces journaux, peut-être a-t-on dit pour encourager Bonaparte à quitter l’Égypte.
[^4]: Défaites de Jourdan à Ostrach puis à Stokach (21 et 25 mars).
[^5]: Schérer a été vaincu à Magnano (5 avril).
[^6]: Jervis, John, comte de Saint-Vincent (1735-1823), vice-amiral britannique, notamment vainqueur de la bataille de Cap Saint-Vicent (14 février 1797).
[^7]: Bruix a été remplacé au ministère de la Marine et des Colonies par Bourdon de Vatry, le 2 juillet 1799.
[^8]: Assiégée depuis novembre 1798 par la flotte russo-turque, Corfou a capitulé le 3 mars 1799.
[^9]: <span></span> Expédition, Newberry Library, S. 1 B. 2, fol. 197. Extrait, [catalogue de vente] Sotheby and Co, <i>Catalogue of the André de
Coppet collection</i>, part V, Londres, 15 novembre 1955, p. 65, n° 1301. [<i>C</i> 4341]</body> |
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