| identifiant | CG2-4669.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1799/08/04 00:00 |
| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4669. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p lang="fr-FR" style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Alexandrie, 17 thermidor an VII [4 août 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">Citoyens Directeurs, le 8 thermidor, je fis sommer le château d’Aboukir de se rendre. Le fils du pacha, son kiaya et tous les officiers voulaient capituler, mais ils n’étaient plus écoutés des soldats.</p><p lang="fr-FR">Le 9, on continua le bombardement ; le 10, plusieurs batteries furent établies sur la droite et la gauche de l’isthme. Plusieurs chaloupes canonnières furent coulées bas ; une frégate fut démâtée et prit le large.</p><p lang="fr-FR">Le 10, l’ennemi, commençant à manquer de vivres, se fortifia dans quelques maisons du village qui touche le fort. Le général Lannes, y étant accouru, fut blessé à la jambe. Le général Menou le remplaça dans le commandement du siège. Le 12, le général Davout était de tranchée ; il s’empara de toutes les maisons où était logé l’ennemi, et le jeta dans le fort, après lui avoir tué beaucoup de monde. La 22<sup>e</sup> d’infanterie légère et le chef de brigade Magnier[^1], qui a été légèrement blessé, se sont parfaitement conduits.</p><p lang="fr-FR">Le 15, le général Robin était de tranchée ; nos batteries étaient sur la contrescarpe ; nos mortiers faisaient un feu très vif ; le château n’était plus qu’un monceau de pierres ; l’ennemi n’avait point de communication avec l’escadre ; il mourait de soif et de faim : il prit le parti, non de capituler, ces gens-ci n’entendant pas cela, mais de jeter ses armes et de venir en foule embrasser les genoux du vainqueur. Le fils du pacha, son kiaya et 2 000 hommes ont été faits prisonniers. On a trouvé dans le château 300 blessés et 1 800 cadavres. Il y a tel de nos boulets qui a tué jusqu’à six hommes. Dans les premières vingt-quatre heures de la sortie de la garnison turque, il est mort plus de 400 prisonniers pour avoir trop bu et mangé avec trop d’avidité.</p><p lang="fr-FR">Ainsi, cette affaire d’Aboukir coûte à la Porte 18 000 hommes et une grande quantité de canons.</p><p lang="fr-FR">Pendant les quinze jours qu’a duré cette expédition, j’ai été très satisfait de l’esprit des habitants de l’Égypte ; personne n’a remué, et tout le monde a continué de vivre comme à l’ordinaire.</p><p lang="fr-FR">Les officiers du génie Bertrand et Liédot[^2], et le commandant de l’artillerie Faultrier, se sont comportés avec la plus grande distinction.</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p lang="fr-FR">Depuis le 5 nivôse[^3], je n’ai point eu de vos nouvelles.[^4]</p> [^1]: <span></span> Ecrit Magny dans la <i>Correspondance</i>. [^2]: François Joseph Didier Liédot (1773-1812), officier du génie, franchit les grades de lieutenant, capitaine puis chef de bataillon pendant la campagne d’Égypte. Futur chef d’état-major du génie de la Grand Armée en Russie, où il meurt, grièvement blessé d’un coup de feu. [^3]: 25 décembre, Bonaparte se trouvait devant Acre. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 4334, d’après le dépôt de la Guerre.</body> |