CG2-4638.md

identifiantCG2-4638.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1799/07/21 00:00
titreNapoléon au général Marmont
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4638. - </b>Au général Marmont[^1]</h1><p lang="fr-FR"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, El-Rahmânieh, 3 thermidor an VII [21 juillet 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">Un renfort de canonniers, citoyen général, quelques hommes épars de votre garnison, et, ce qui est plus précieux encore, le citoyen Faultrier[^2], partent pour vous rejoindre.</p><p lang="fr-FR">Le général Murat, qui est parti hier pour reconnaître l’ennemi à Aboukir et prendre position à Berket[^3], aura déjà communiqué avec vous et vous aura fait passer les dépêches.</p><p lang="fr-FR">Le général Menou part, dans l’instant même, pour prendre le commandement de Rosette et de la province.</p><p lang="fr-FR">Gardez-vous avec la plus grande vigilance ; ne dormez que de jour, baraquez vos corps très à portée, faites battre la diane bien avant le jour, exigez qu’aucun officier, surtout officier supérieur, ne se déshabille la nuit ; faites battre souvent la nuit l’assemblée ou toute autre sonnerie convenue, pour voir si tout le monde connaît bien le poste qui lui est désigné, et réservez la générale pour les alertes réelles. Il doit y avoir à Alexandrie une grande quantité de chiens dont vous pouvez aisément vous servir, en en liant un grand nombre à une petite distance de vos murailles. Relisez avec soin le règlement sur le service des places assiégées : c’est le fruit de l’expérience, il est rempli de bonnes choses.</p><p lang="fr-FR">L’état-major vous envoie les signaux convenus pour pouvoir communiquer pendant le siège ou le blocus, si le cas arrivait[^4].</p><p lang="fr-FR">Si, d’Aboukir, ils vous écrivaient pour vous rendre, faites beaucoup d’honnêtetés au parlementaire, et faites-leur sentir que l’usage n’est pas de rendre une place avant qu’elle soit investie ; que, s’ils l’investissaient, alors vous pourriez devenir plus traitable ; poussez cette négociation aussi loin que vous pourrez, car je regarderais comme un grand bonheur que la facilité avec laquelle ils ont pris Aboukir pût les porter à vous bloquer : ils seraient alors perdus. Sous peu de jours j’aurai ici un millier d’hommes de cavalerie.</p><p lang="fr-FR">S’ils ne vous font point de propositions et que vous ayez une ouverture naturelle de traiter avec eux, vous pourriez les tâter. La transaction pourrait être alors de connaître la capitulation du fort d’Aboukir, les sûretés qu’on a données à la garnison de passer en France, et si on tiendra cette promesse ; ce qui naturellement vous mène à pouvoir faire sentir que vous les trouvez très heureux.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Commandant à Alexandrie. [^2]: Directeur du parc d’artillerie d’Alexandrie. Apparemment, il est alors près du général en chef. [^3]: Berket-Gitas. [^4]: Un tableau de signaux conventionnels est alors mis en place entre l’armée concentrée par Bonaparte et Alexandrie. Un système analogue est adopté pour communiquer avec la tour d’Abou-Mandour située près de Rosette. [^5]: Expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 102, fol. 2.</body>
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