CG2-4362.md

identifiantCG2-4362.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1799/05/27 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4362. - </b>A<span lang="fr-FR">u Directoire exécutif</span></h1><p lang="fr-FR" style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Jaffa, 8 prairial an VII [27 mai 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">Citoyens Directeurs, je vous ai fait connaître, par le courrier que je vous ai expédié le 21 floréal[^1], les événements glorieux pour la République qui se sont passés depuis trois mois en Syrie, et la résolution où j’étais de repasser promptement le désert pour me retrouver en Égypte avant le mois de juin.</p><p lang="fr-FR">Les batteries de mortiers et de pièces de 24 furent établies, comme je vous l’ai annoncé, dans la journée du 23 floréal, pour raser la maison de Djezzar[^2] et détruire les principaux monuments d’Acre ; elles jouèrent pendant soixante et douze heures et obtinrent l’effet que je m’étais proposé : le feu fut constamment dans la ville.</p><p lang="fr-FR">La garnison désespérée fit une sortie générale le 27 floréal ; le général de brigade Verdier était de tranchée ; le combat dura trois heures. Le reste des troupes arrivées le 19 de Constantinople, et exercées à l’européenne, débouchèrent sur nos tranchées en colonnes serrées : nous repliâmes les postes que nous occupions sur les remparts ; par là les batteries des pièces de campagne purent tirer à mitraille à quatre-vingts toises sur les ennemis ; près de la moitié resta sur le champ de bataille. Alors nos troupes battirent la charge ; on poursuivit les ennemis jusque dans la ville la baïonnette dans les reins : on leur prit dix-huit drapeaux.</p><p lang="fr-FR">L’occasion paraissait favorable pour emporter la ville ; mais nos espions, les déserteurs et les prisonniers s’accordaient tous dans le rapport que la peste faisait d’horribles ravages dans la ville d’Acre, que tous les jours plus de soixante personnes en mouraient ; que les symptômes étaient terribles ; qu’en trente-six heures on était emporté au milieu de convulsions pareilles à celles de la rage. Répandu dans la ville, il eût été impossible d’empêcher le soldat de la piller ; il aurait rapporté le soir dans le camp les germes de ce terrible fléau, plus à redouter que toutes les armées du monde.</p><p lang="fr-FR">L’armée partit d’Acre le 2 prairial, et arriva le soir à Tantourah.</p><p lang="fr-FR">Elle campa le 3 sur les ruines de Césarée, au milieu des débris des colonnes de marbre et de granit qui prouvent ce que dit Josèphe[^3] de cette ville.</p><p lang="fr-FR">Nous sommes arrivés à Jaffa le 5. Depuis deux jours, des détachements de l’armée filent sur l’Égypte. Je resterai encore quelques jours à Jaffa pour en faire sauter les fortifications ; j’irai punir après quelques cantons qui se sont mal conduits, et dans quelques jours je passerai le désert, en laissant une forte garnison à El-Arich.</p><p lang="fr-FR">Ma première dépêche sera datée du Caire.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: N° 4346. [^2]: Le palais de Djezzar a été en partie démoli. [^3]: Flavius Josephe. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 4156, expédition communiquée par M<sup>me</sup> de la Morinière. Cette dépêche fut confiée par Bonaparte au courrier Ragé qui embarqua sur le chebec <i>la Fortune</i> avec un groupe de blessés. Le 26 mai, le navire fut capturé par la croisière anglaise entre Jaffa et Gaza.</body>
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