| identifiant | CG2-4335.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1799/04/27 00:00 |
| titre | Napoléon au général Kléber |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4335. - </b>Au général Kléber[^1]</h1><p lang="fr-FR" style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, devant Acre, 8 floréal an VII [27 avril 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">La mine, citoyen général, a joué le 5 ; elle n’a point fait l’effet que les mineurs en attendaient : une partie de la muraille de terre s’est écroulée avec tous les décombres, ainsi que la plus grande partie des trois voûtes ; le fossé, à dix toises de chaque côté, a absolument disparu[^2]. Nous n’avons pu nous emparer d’une petite voûte supérieure, qui nous aurait mis à même de nous rendre maîtres de toutes les maisons de gauche, et nous aurait donné l’entrée dans la place. Plusieurs barils de poudre enflammés que l’ennemi a jetés dans la brèche ont beaucoup effrayé les trente grenadiers qui étaient déjà parvenus à se loger. Nous avons canonné toute la journée du 6. Nous avons eu dans le centre de la tour, pendant toute la journée du 6 au 7, vingt hommes de logés ; ils n’ont pu parvenir à se loger à l’endroit convenable, et nous avons dû abandonner le logement qu’ils s’étaient fait, avant le jour. Hier et aujourd’hui nous canonnons. Nos boyaux vont jusqu’au pied de la brèche, de sorte que l’on arrive à couvert jusque dans l’intérieur de la tour.</p><p lang="fr-FR">Nos pièces de 18 et de 24 arrivent demain ou après-demain. Les munitions qui nous sont arrivées hier de Damiette nous mettent à même de continuer notre feu. L’ennemi ne tire plus que des bombes, hormis M. Smith qui ne nous laisse pas de repos, même la nuit, et ne produit d’autre mal que de ruiner notre caisse[^3].</p><p lang="fr-FR">On dit que le corps des Diletti[^4] s’est porté à huit lieues en avant de Damas, en forme d’avant-garde, et que leur peur commence à passer.</p><p lang="fr-FR">Faites votre possible pour approvisionner et améliorer nos têtes de pont.</p><p lang="fr-FR">Les Naplousains paraissent vouloir bien se conduire. Gherar a répondu à la lettre que je lui avais écrite[^5].</p><p lang="fr-FR">Le général Damas est arrivé à Damiette[^6].</p><p lang="fr-FR">L’Égypte est parfaitement tranquille.</p><p lang="fr-FR">Le général Caffarelli est mort.[^7]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Au camp du Bazar. [^2]: La mise à feu de cette mine (environ 3000 livres de poudre) a été hâtée par Bonaparte (24 avril), en raison d’un contre-minage entrepris par les Turcs. Elle n’a pas fait exploser la tour, comme les Français l’espéraient. [^3]: Les soldats se font payer dix à vingt sols (selon le calibre) chaque boulet récupéré par le parc d’artillerie. [^4]: Diletti ou Deledis, signifiant « fous », nom donné à un corps d’élite des armées ottomanes. [^5]: <span></span> Il s’agit d’une lettre écrite par Berthier le 17 avril, et non par Bonaparte, au lendemain de la bataille du mont Thabor, et pourtant insérée dans la<i> Correspondance</i> sous le n° 4096 : « Le général en chef Bonaparte me charge de vous faire connaître qu’après la lettre qu’il vous a écrite de Jaffa (n° 4232) il pensait que vous seriez assez sage pour rester tranquille et ne pas exposer votre pays aux horreurs de la guerre. […] il veut bien se contenter de la leçon qu’il vous a donné hier et ne pas porter le fer et le feu dans vos villages […] ». [^6]: Damas a été blessé au cours d’une opération dans les montagnes de Naplouse et remplacé par Junot. [^7]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 4110, d’après la collection Napoléon.</body> |