CG2-4280.md

identifiantCG2-4280.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1799/03/09 00:00
titreNapoléon à Ahmed Djezzar, gouverneur de Syrie
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4280. - </b>À Ahmed Djezzar, gouverneur de Syrie[^1]</h1><p lang="fr-FR" style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Jaffa, 19 ventôse an VII [9 mars 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">Depuis mon entrée en Égypte, je vous ai fait connaître plusieurs fois que mon intention n’était point de vous faire la guerre ; que mon seul but était de chasser les Mamelouks : vous n’avez répondu à aucune des ouvertures que je vous ai faites.</p><p lang="fr-FR">Je vous avais fait connaître que je désirais que vous éloignassiez Ibrahim-Bey des frontières de l’Égypte : bien loin de là, vous avez envoyé des troupes à Gaza, vous avez fait de grands magasins, vous avez publié partout que vous alliez entrer en Égypte, vous avez effectué votre invasion en portant 2 000 hommes de vos troupes dans le fort d’El-Arich, enfoncé à dix lieues dans le territoire de l’Égypte. J’ai dû alors partir du Caire, et vous apporter moi-même la guerre que vous paraissiez provoquer.</p><p lang="fr-FR">Les provinces de Gaza, Ramleh et Jaffa sont en mon pouvoir. J’ai traité avec générosité celles de vos troupes qui s’en sont remises à ma discrétion. J’ai été sévère envers celles qui ont violé les droits de la guerre. Je marcherai sous peu de jours sur Saint-Jean d’Acre. Mais quelles raisons ai-je quelques années de vie à un vieillard que je ne connais pas ? Que sont quelques lieues de plus à côté du pays que j’ai conquis ? Et, puisque Dieu me donne la victoire, je veux, à son exemple, être clément et miséricordieux, non seulement envers le peuple, mais encore envers les grands.</p><p lang="fr-FR">Vous n’avez point de raison réelle d’être mon ennemi, puisque vous l’étiez des Mamelouks. Votre pachalik est séparé de l’Égypte par les provinces de Gaza, de Ramleh et par d’immenses déserts ; redevenez mon ami, soyez l’ennemi des Mamelouks et des Anglais : je vous ferai autant de bien que je vous ai fait et que je peux vous faire de mal. Envoyez-moi votre réponse par un homme muni de vos pleins pouvoirs, et qui connaisse vos intentions ; il se présentera à mon avant-garde avec un drapeau blanc, et je donne ordre à mon état-major de vous envoyer un sauf-conduit que vous trouverez ci-joint.</p><p lang="fr-FR">Le 24 de ce mois, je serai en marche sur Saint-Jean d’Acre ; il faut donc que j’aie votre réponse avant ce jour.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: À Acre [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 4026, d’après la collection Napoléon.</body>