| identifiant | CG2-4261.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1799/02/26 00:00 |
| titre | Napoléon au général Marmont |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4261. - </b>Au général Marmont[^1]</h1><p lang="fr-FR" style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Gaza, 8 ventôse an VII [26 février 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">L’état-major[^2] vous aura instruit des événements militaires qui ont eu lieu depuis le commencement de notre campagne. Depuis quatre jours nous sommes en Asie ; nous y avons trouvé le climat de Paris, beaucoup de pluie et de froid ; du reste, c’est un très beau pays. Nous avons trouvé à Gaza de grands magasins, plus de 30 milliers de poudre et une grande quantité de boulets ensabotés[^3] de 8 et de 5. Il fait un vent horrible ; depuis trois jours la mer est haute comme des montagnes ; cela vous aura débarrassé de M. Cambridge [sic][^4].</p><p lang="fr-FR">Lavalette ne m’a pas encore rejoint. La dernière lettre que j’ai reçue de vous est du 19 [pluviôse] ; celle que vous aviez écrite avant a été prise par les Arabes. J’ai reçu, par Damiette, un billet du général Menou, du 27 [pluviôse]. J’ignore encore si la caravelle[^5] est partie. Je suis curieux de connaître les nouvelles qu’aura apportées la dernière croisière[^6] ; vous m’aurez sans doute instruit de tout cela : les lettres se seront perdues.</p><p lang="fr-FR">Nous partons demain pour Jaffa<i>,</i> où il y a une bonne rade. Si les trois avisos que j’ai demandés pour le lac Burlos n’étaient pas encore partis, faites-les partir pour Jaffa ; ce qu’ils contiennent[^7] pourrait nous servir pour le siège de Saint-Jean d’Acre. Je ne comprends pas trop bien pourquoi vos bombes n’attrapent pas les bombardes anglaises ; il faut que vous ayez de bien mauvais canonniers. Pour être sûr d’attraper un bâtiment, il faut placer quatre mortiers à côté l’un de l’autre, les mettre sur un même angle, tirer avec le premier, augmenter ou diminuer la charge au deuxième, continuer l’épreuve au troisième, et l’on arrive à attraper au quatrième. S’ils s’approchaient assez près pour que vous puissiez leur tirer avec des mortiers de 8 à la Gomer, vous seriez beaucoup plus sûr. Ce bombardement me paraît aussi insignifiant que celui du Havre ; je désirerais que la peste ne vous fît pas plus de mal qu’il vous en fera, aux inquiétudes près que cela pourra vous donner.</p><p lang="fr-FR">Ne vous découragez point de leur faire tirer à boulets rouges dessus ; après avoir tiré cent coups inutiles, le cent et unième met le feu.</p><p lang="fr-FR">Dans tout le mois de mars, mon opération sera faite ici pour me mettre à l’abri de tout événement de ce côté. Envoyez-moi de vos nouvelles par Damiette. S’il part des bâtiments pour France, vous pouvez envoyer un paquet au Gouvernement avec les nouvelles de l’armée.[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Commandant à Alexandrie. [^2]: Berthier. [^3]: Dispositif en « coup complet », le plus moderne à l’époque : le sabot empêche le boulet de tourner dans l’âme du canon. [^4]: Troubridge qui a remplacé Hood au commandement de la croisière anglaise sur les côtes d’Égypte le 2 février. [^5]: <span></span> La caravelle turque <i>la Réale</i> ayant à son bord le diplomate Beauchamp a pu quitter Alexandrie le 13 février. [^6]: Les attaques sur Alexandrie n’empêchent pas les bonnes manières. Hood, prédécesseur de Troubridge, a ainsi régulièrement transmis les gazettes d’Europe, notamment toutes celles porteuses… de mauvaises nouvelles. [^7]: L’artillerie de siège. [^8]: Expédition, S. H. D., Guerre, 17 C 101, fol. 114.</body> |