CG2-4231.md

identifiantCG2-4231.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1799/02/09 00:00
titreNapoléon au général Marmont
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 4231. - </b>Au général Marmont[^1]</h1><p lang="fr-FR" style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Le Caire, 21 pluviôse an VII [9 février 1799]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">Vous verrez par l’ordre du jour, citoyen général, que tous les fonds des provinces d’Alexandrie, de Rosette et de Bahireh, doivent être versés dans la caisse du payeur d’Alexandrie. Le citoyen Baude a été investi de toute l’autorité du citoyen Poussielgue.</p><p lang="fr-FR">Le commissaire Michaux[^2] est investi de toute l’autorité de l’ordonnateur en chef[^3] sur l’administration de ces trois provinces, dont les fonds seront exclusivement destinés à pourvoir à vos services.</p><p lang="fr-FR">Ordonnez que le 3<sup>e</sup> bataillon de la 75<sup>e</sup> de ligne se réunisse, avec deux bonnes pièces d’artillerie, à Damanhour ; que cette colonne puisse se porter dans toute cette province et même dans celle de Rosette pour lever les impositions et punir ceux qui se comporteraient mal. Cette mesure aura l’avantage de tirer tout le parti possible de ces deux provinces, de tenir une bonne réserve éloignée de l’épidémie d’Alexandrie, et, selon les événements, vous la feriez revenir à Alexandrie, où sa présence relèverait le moral de toute la garnison, car il es d’axiome, dans l’esprit de la multitude, que lorsque l’ennemi reçoit des renforts, elle doit en recevoir pour se croire en égalité de force ; et enfin, s’il arrivait quelque événement dans le Delta, ce bataillon pourrait s’y porter et être d’un grand secours.</p><p lang="fr-FR">Mettez-vous en correspondance avec le général Lanusse, qui commande à Menouf, et le général Fugière, qui commande à Mehallet-el-Kebir. Ne vous laissez point insulter par les Arabes. Le bon moyen de faire finir votre épidémie est peut-être de faire marcher vos troupes. Saisissez l’occasion, et calculez une opération de 4 ou 500 hommes sur Mariout : cela sera d’autant plus essentiel que, partant demain pour me rendre en Syrie, l’idée de mon absence pourrait les enhardir.</p><p lang="fr-FR">Si des événements supérieurs arrivaient, le commandant de Rosette doit se retirer dans le fort de Katieh[^4], qui doit être approvisionné pour cinq ou six mois. Maître de ce fort, il le serait de la bouche du Nil, et dès lors empêcherait de rien faire de grand contre l’Égypte. Faites donc armer et approvisionner le fort de Rachid ; mettez dans le meilleur état celui d’Aboukir ; profitez de tous les moyens possibles, et du temps qui vous reste d’ici au mois de juin, pour mettre Alexandrie à l’abri d’une attaque de vive force pendant, 1<sup>o</sup> cinq à six jours, qu’une armée puisse débarquer et l’investir ; 2<sup>o</sup> quinze jours, qu’elle commence le siège ; 3<sup>o</sup> quinze à vingt jours de siège.</p><p lang="fr-FR">Vous sentez que, lorsque cette opération pourrait être possible, je ne serais pas éloigné de dix jours de marche d’Alexandrie.</p><p lang="fr-FR">Faites lever exactement la carte des provinces de Bahireh, Rosette et Alexandrie, et, dès l’instant qu’elle sera faite, envoyez-la-moi, afin qu’elle puisse me servir si votre province devenait le théâtre de plus grands événements. Dans ce moment-ci, la saison ne permet pas aux Anglais de rien faire de dangereux. Envoyez-moi des Arabes par Damiette et par le Caire, pour me donner de vos nouvelles ; dans ces deux villes, on saura où je me trouve.</p><p lang="fr-FR">Vous trouverez ci-joint la relation de la fête du Ramazân[^5] et une proclamation du divan du Caire. Il est bon de répandre l’une et l’autre, non seulement dans votre province, mais encore par les bâtiments qui partiront.</p><p lang="fr-FR">Je ne puis pas vous donner une plus grande marque de confiance qu’en vous laissant le commandement du poste le plus essentiel de l’armée.</p><p lang="fr-FR">Le citoyen Hamelin est arrivé hier ; j’ai trouvé beaucoup de contradiction dans tout ce qu’il a appris en route, et j’ajoute peu de foi à toutes les nouvelles qu’il donne comme les ayant apprises en route : la situation de l’Europe et de la France, jusqu’au 10 novembre, me paraissait assez satisfaisante.</p><p lang="fr-FR">J’apprends qu’il est arrivé un nouveau bâtiment de Candie[^6] ; interrogez-le avec le plus grand soin et envoyez-moi les demandes et les réponses. Informez-vous de l’escadre russe[^7].</p><p lang="fr-FR">Quoique je croie que nous soyons en paix avec Naples et l’Empereur, cependant je vous autorise à retarder, sous différents prétextes, le départ des bâtiments napolitains, impériaux, livournais ; concertez-vous avec le citoyen Le Roy, et envoyez-m’en l’état ; nous acquerrons tous les jours des renseignements plus certains.[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p lang="fr-FR"><br/> </p> [^1]: Commandant à Alexandrie. [^2]: Michaux, Étienne (1771-1850), Sert au régiment des Gardes-suisses (1789), puis de Diesbach (1792) jusqu’à son licenciement, fait ensuite les campagnes de la Révolution comme officier, puis commissaire des guerres. En poste à Rosette et Alexandrie, est rapatrié en mars 1800 avec Desaix. Fera ensuite campagnes en Italie, Allemagne et Espagne, destitué en 1811 il sera blanchi par la Restauration. Souvent orthographié Michaud, source de fréquentes confusions. [^3]: Daure. [^4]: <span></span> Erreur de copie, dont les éditeurs de la <i>Correspondance</i> ne se sont pas aperçus : il s’agit donc du fort de Rachid à Rosette et non de celui de Katieh, situé aux frontières de l’Égypte et de la Syrie, comme le montre la suite de la lettre. [^5]: Ramadan. [^6]: La Crète. [^7]: La flotte russo-turque fait le siège des îles Ioniennes, notamment Corfou. [^8]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 3949, d’après la collection Napoléon.</body>
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