den-1860

identifiantden-1860
fait partie dedenon
est validéoui
date1810/08/03 00:00
titreLettre n° 1860: Denon pour le ministre de l'Intérieur
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none">DEN-1860 -</b> Denon pour le ministre de l'Intérieur</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">3 août 1810</h2> Le directeur général du musée Napoléon à Son Excellence le ministre de l'Intérieur. Monseigneur, Conformément à l'arrêté que vous m'avez transmis relativement à la calcographie de feu Poranesi acquise par décret de Sa Majesté, je me suis transporté à son domicile du Palais-Royal pour assister à la levée des scellés et prendre possession au nom du gouvernement des planches gravées, estampes et dessins dudit établissement[^65]. Il s'est élevé, Monseigneur, une contestation sur plusieurs dessins dont les planches sont indiquées sur la liste des articles mis en gage chez le sieur Larsonnier. M. Pierre Poranesi et les créanciers de son frère prétendent que ses dessins et les planches gravées d'après eux, bien qu'il fassent partie du catalogue renfermé sous le nom de cal\[c\]ographie de Jean-Baptiste et François Poranesi, ne sont point compris dans le lot acquis par le décret de Sa Majesté, lequel se réduiroit aux seules planches \[p. 221\] en dépôt chez ledit sieur Larsonnier. Comme je ne puis penser, Monseigneur, que le gouvernement n'ait entendu acquérir qu'une partie de la cal\[c\]ographie, et que, d'après le compte que je me suis fait rendre de la compulsation que j'ai fait du catalogue imprimé de cet établissement, il est évident que les cuivres déposés, et dont vous m'avez adressé l'état, ne forment qu'une moitié au plus de ce fond, j'ai réclamé la totalité; on ignore s'il sont sous les scellés aux Grassins et, les renseignements que j'ai demandés à ce sujet n'étant point satisfaisants, je prie Votre Excellence de donner des ordres pour que les états remis par feu Poranesi lorsqu'il a sollicité l'acquisition de son fond me soient remis dans la journée, afin que tous les articles qui y sont indiquées soient revendiqués. J'ai déclaré, Monseigneur, qu'avant de rien recevoir de M. Pierre Poranesis, il seroit fait un état général de ce qui seroit trouvé sous les scellés et que je vous rendrois compte de ce que l'on auroit mis à ma disposition avant d'en ordonner le transport au musée. [^1]: Francesco et Pietro Piranesi avaient quitté Rome en 1799 et fondèrent à Paris en 1802 une « académie des beaux-arts ». Ils avaient emporté des planches de leur chalcographie, parmi lesquelles figuraient celles gravées par leur père Jean-Baptiste. Après la mort de Francesco, en janvier 1810, l'entreprise fut mise en liquidation et les planches, les dessins et les estampes tombèrent entre les mains de l'Etat français. Mis en vente en 1829, ils furent rachetés en partie par Grégoire XVI. Un certain nombre de cuivres manquent, notamment ceux de Cassas (cf. Van de Sandt (Udo), « La chalcographie des frères Piranesi : quelques avatars de la gravure au trait », dans BSHAF (1978), p. 297-220; Erouart (Gilbert) et Mosser (Monique), « A propos de la <i>Notice historique sur la vie et les ouvrages de J. B. Piranesi</i> : origine et fortune d'une biographie », dans <i>Piranese et les Français</i>, Actes de colloque, Rome, Villa Medicis, 12-14 mai 1976, Rome, 1978, p. 213-220. [^2]: Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson, <i>Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)</i>, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999, Archives des musées nationaux, registre *AA4 p. 260, Denon