CG2-3755.md

identifiantCG2-3755.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1798/11/21 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 3755. - </b>Au Directoire exécutif[^1]</h1><p lang="fr-FR"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Le Caire, 1<sup>er</sup> frimaire an VII [21 novembre 1798]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">Vous trouverez ci-joint, citoyens Directeurs, la copie de plusieurs lettres que je vous ai écrites. Mon frère et un courrier[^2] que j’ai fait partir depuis doivent vous les avoir portées ; au moins un des deux aura passé.</p><p lang="fr-FR">Nous avons eu ici une insurrection assez vive ; mais tout est actuellement plus tranquille que cela ne l’a jamais été.</p><p lang="fr-FR">Il est arrivé une caravane du mont Sinaï, avec des fruits et du charbon. Il y a quelques bâtiments de l’Yémen à Suez.</p><p lang="fr-FR">Les Anglais ont fait quelques tentatives sur Aboukir. Ils ont une vingtaine de chaloupes canonnières, avisos, bricks et quelques bâtiments de transport, parmi lesquels des pavillons russes et turcs. Nous désirons beaucoup qu’ils débarquent, comme ils disent vouloir le faire.</p><p lang="fr-FR">La Porte a destitué le pacha d’Égypte[^3] ; elle a nommé, pour le remplacer, Ibn-Adm-Abd-Ullah[^4], ci-devant pacha de Damas. Il paraît qu’elle m’a écrit plusieurs fois et que les lettres ont été interceptées par les Anglais.</p><p lang="fr-FR">Nous n’avons aucune nouvelle de l’Europe depuis Le Simple, c’est-à-dire depuis le 18 messidor[^5] ; cela fait quatre à cinq mois ; nous en devenons un peu curieux.</p><p lang="fr-FR">Nous avons des maladies d’yeux, peu de fièvres, point d’autres maladies.</p><p lang="fr-FR">Nous nous fortifions de tous côtés ; cela nous coûte beaucoup d’argent ; il n’est pas abondant ici.</p><p lang="fr-FR">Dès l’instant que la terre sera entièrement découverte, je mettrai ma cavalerie aux trousses de Mourad-Bey, qui n’est plus accompagné que de 1 000 à 1 200 hommes à cheval.</p><p lang="fr-FR">J’ai envoyé un parlementaire à l’escadre anglaise[^6]. Il résulte que les deux frégates, la caravelle turque et les dix bâtiments qui sont devant Aboukir sont des bâtiments de Rhodes, commandés par Hassan-Bey, gouverneur de cette île ; il y a aussi deux corvettes russes.</p><p lang="fr-FR">Alexandrie est dans ce moment-ci à l’abri de tout événement, on y travaille avec la plus grande ardeur ; ce sera bientôt une place très forte.</p><p lang="fr-FR">Le contre-amiral Ganteaume, le citoyen Barré[^7], capitaine de frégate, se chargent de faire entrer un vaisseau de 80[^8] dans le port d’Alexandrie, qui est très sûr et très spacieux, seulement difficile à son entrée.</p><p lang="fr-FR">Envoyez-nous des courriers sur Damiette ; nous avons soif des nouvelles d’Europe ; nous n’en avons aucune.</p><p lang="fr-FR">Le contre-amiral Ganteaume commande l’escadre ; le contre-amiral Perrée, la 1<sup>re</sup> division ; le chef de division Dumanoir, la 2<sup>e</sup> ; le citoyen Trullet[^9], capitaine de vaisseau, la 3<sup>e</sup>.</p><p lang="fr-FR">Il y a en tout, armés, 3 frégates de construction française, 2 frégates portant du 18, de construction vénitienne, mais que nous avons doublées en cuivre, 2 vaisseaux de 64, de construction vénitienne, 6 bricks.[^10]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: <span></span> Cette lettre et celle du 16 novembre (n° 3715) seront confiées au courrier Bellin qui partira d’Alexandrie dans la nuit du 7 au 8 décembre, à bord de la tartane <i>la Vierge de la Garde</i>. Ce navire sera capturé par les Anglais près de Messine. [^2]: Louis Bonaparte et le courrier Thibaut. [^3]: Abou-Bekr. [^4]: Abdallah-Pacha, selon notre orthographe. [^5]: <span></span> Le Simple a rejoint l’Égypte dans la nuit du 1<sup>er</sup> au 2 septembre avec les dépêches datées du 6 juillet. [^6]: Guibert (Voir, n° 3717). [^7]: Barré, Jean-Baptiste Henri (1763-1830), capitaine de frégate puis de vaisseau, responsable du sondage des passes d’accès dans le Port-Vieux. [^8]: Le chiffre associé à un type de navire sert à dénombrer les pièces d’artillerie embarquées ; ce chiffre n’apporte aucune précision sur les calibres, autre élément important sur la puissance de feu réelle. [^9]: <span></span> Trullet, Louis Léonce dit « le cadet » (1756-1827), capitaine de vaisseau, commandant le <i>Timoléon</i> auquel il met le feu afin d’éviter qu’il ne tombe aux mains des Anglais, après la bataille d’Aboukir. Après avoir un temps commandé le Port-Neuf d’Alexandrie, il embarque successivement sur <i>Le</i><i>Lodi</i>, <i>La</i><i>Carrère</i> puis<i> La</i><i>Courageuse</i> à la tête de laquelle il fait la campagne de Syrie. Il est fait prisonnier en juillet 1799 et reprendra du service après sa libération, en novembre 1800. Il ne doit pas être confondu avec son frère, Jean-François Timothée, dit « l’aîné » (1755-1819), lui aussi capitaine de vaisseau fait prisonnier à Aboukir. [^10]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 3649, d’après la collection Napoléon.</body>
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