| identifiant | CG2-3716.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1798/11/16 00:00 |
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| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 3716. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p lang="fr-FR"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Le Caire, 26
brumaire an VII [16 novembre 1798]</h2><p lang="fr-FR"><br/>
</p><p lang="fr-FR">Citoyens directeurs, je vous fais passer la note des
combats qui ont eu lieu à différentes époques et sur différents
points de l’armée.</p><p lang="fr-FR">Les Arabes du désert de la Libye harcelaient la
garnison d’Alexandrie. Le général Kléber leur fit tendre une
embuscade ; le chef d’escadron Rabasse, à la tête de 50 hommes du
14<sup>e</sup> de dragons, les surprit, le 5 thermidor, et leur tua
43 hommes.</p><p lang="fr-FR">À la sollicitation de Mourad-Bey et des Anglais, les
Arabes s’étaient réunis et avaient fait une coupure au canal
d’Alexandrie, pour empêcher les eaux d’y arriver. Le chef de
brigade Barthélemy[^1],
à la tête de 600 hommes de la 69<sup>e</sup>, cerna le village de
Berket-Gitas, la nuit du 27 fructidor, tua plus de 200 hommes, pilla
et brûla le village. Ces exemples nécessaires rendirent les Arabes
plus sages, et, grâce aux peines et à l’activité de la 4<sup>e</sup>
d’infanterie légère, les eaux sont arrivées, le 14 brumaire, à
Alexandrie, en plus grande abondance que jamais ; il y en a pour deux
ans. Le canal nous a servi à approvisionner de blé Alexandrie, et à
faire venir nos équipages d’artillerie à Gizeh.</p><p lang="fr-FR">Le général Andréossy, après différents combats
sur le lac Menzaleh, est arrivé, le 27 vendémiaire, sur les ruines
de Péluse ; il y a trouvé plusieurs antiques, entre autre un fort
beau camée[^2]
; il a dressé la carte de ce lac et de ses sondes avec la plus
grande exactitude. Nous avons, dans ce moment, beaucoup de bâtiments
armés dans ce lac. Il ne reste plus que deux branches, celle
d’Om-Fareg et celle de Dibeh ; peu de traces de celle de Péluse.</p><p lang="fr-FR">Deux jours après que la populace du Caire se fut
révoltée, les Arabes accoururent de différents points du désert
et se réunirent devant Belbeis. Le général Reynier les repoussa
partout ; un seul coup de canon à mitraille en tua sept ; après
différents petits combats, ils disparurent et, quelque temps après,
ils se sont soumis.</p><p lang="fr-FR">Quelques djermes, chargées de chevaux nous
appartenant, ont été pillées par les habitants de Ramleh, et deux
dragons ont été tués. Le général Murat s’y est porté, a cerné
le village et a tué une centaine d’hommes.</p><p lang="fr-FR">Le général Lanusse[^3],
instruit que le célèbre Abou-Chair[^4],
un des principaux brigands du Delta, était à Kafr-el-Chair, l’a
surpris, la nuit du 29 vendémiaire, a cerné sa maison, l’a tué,
lui a pris trois pièces de canon, quarante fusils, cinquante chevaux
et beaucoup de subsistances.</p><p lang="fr-FR">Les Anglais, avec quinze chaloupes canonnières et
quelques petits bâtiments, se sont approchés du fort d’Aboukir,
les 3, 4, 6 et 7 brumaire. Ils ont eu plusieurs chaloupes coulées
bas. L’ordre était donné de les laisser débarquer ; ils ne l’ont
pas osé faire. Ils doivent avoir perdu quelques hommes ; nous en
avons eu deux blessés et un tué[^5].
Le citoyen Martinet, commandant la légion nautique, s’est
distingué.</p><p lang="fr-FR">Depuis la bataille de Sédiman, le général Desaix
était dans le Fayoum. Dans cette saison, on ne peut, en Égypte,
aller ni par eau, il n’y en a pas assez dans les canaux, ni par
terre, elle est marécageuse et pas encore sèche : ne pouvant donc
poursuivre Mourad-Bey, le général Desaix s’occupa à organiser le
Fayoum.</p><p lang="fr-FR">Cependant Mourad-Bey en profita pour faire courir le
bruit qu’Alexandrie était pris et qu’il fallait exterminer tous
les Français. Les villages se refusèrent à rien fournir au général
Desaix, qui se porta, le 19 brumaire, pour punir le village de
Kerânyeh[^6],
qui était soutenu par 200 Mamelouks ; une compagnie de grenadiers
les mit en déroute. Le village a été pris, pillé et brûlé ;
l’ennemi a perdu 15 ou 16 hommes.</p><p lang="fr-FR">Dans le même temps, 500 Arabes, autant de Mamelouks
et un grand nombre de paysans, se portaient à Medinet-el-Fayoum,
pour enlever l’ambulance. Le chef de bataillon de la 21<sup>e
</sup>légère, Eppler[^7],
sortit au-devant des ennemis, les culbuta par une bonne fusillade et
les poussa la baïonnette dans les reins. Une soixantaine d’Arabes,
qui étaient entrés dans les maisons pour piller, ont été tués ;
nous n’avons eu, dans ces différents combats, que trois hommes
tués et dix blessés[^8].[^9]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p lang="fr-FR"><br/>
</p>
[^1]: Barthélemy, Etienne Joseph (mort en mars 1799), chef de bataillon puis de brigade à l’armée d’Orient, tué au combat de Kakoun, en Palestine.
[^2]: La légende veut que ce camée ait été découvert par Bonaparte en personne et que le profil représenté ait été ressemblant avec le sien. L’anecdote est démentie par le général en chef lui-même.
[^3]: Commandant la province de Menouf.
[^4]: Abou-Chair (mort en 1798), riche propriétaire et chef du village de Kafr-el-Chair, fidèle des Mamelouks, il est tué par des soldats français en octobre 1798.
[^5]: D’après le rapport de Martinet, les pertes de la légion nautique sont de trois morts et six blessés.
[^6]: El-Zâouyeh el-Kerânyeh.
[^7]: Chef de brigade à la division Desaix.
[^8]: Bonaparte ne fait ici aucune allusion à la présence des bâtiments turcs et russes devant Alexandrie ni aux renseignements recueillis par son parlementaire Bracewich qui confirment notamment l’emprisonnement de Ruffin à Constantinople et la déclaration de guerre de la Porte. Ces points seront cependant mentionnés dans la lettre suivante au Directoire, datée du 21 novembre.
[^9]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 3632, d’après la collection Napoléon.</body> |
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