den-3398

identifiantden-3398
fait partie dedenon
est validéoui
date1815/02/18 00:00
titreLettre n° 3398: Denon pour le comte de Blacas
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none">DEN-3398 -</b> Denon pour le comte de Blacas</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">18 février 1815</h2> A Son Excellence le comte de Blacas, ministre de la Maison du Roi. Monseigneur, J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence l'état général des tableaux recueillis par le sieur Neveu, commissaire du gouvernement français en Allemagne pour les sciences et les arts. Ce commissaire, en conséquence d'une stipulation fait avec le gouvernement palatin, devait choisir soixante et douze tableaux dans les résidences de l'Electeur mais, lorsqu'il arriva à l'armée, les trois galeries de Dusseldorf, de Manheim et de Munich avaient été encaissées et transportées hors du territoire occupé par les armées françaises. Sa mission <i><b>\[p. 225\]</i></b> devait donc cesser mais un zèle mal entendu lui fit prendre dans ce qui restait les tableaux dont j'ai l'honneur de transmettre l'état à Votre Excellence; leur peu de mérite engagea l'administration à lui en faire des reproches et à se défaire de la plus grande partie de ces tableaux pour les envoyer dans les musées que l'on formait dans les départemens et pour la décoration des églises de la capitale et des environs. Il ne resta au musée que les tableaux qui, par leur excessive médiocrité, ne pouvaient être employés et trois ou quatre tableaux de la primitive Ecole allemande qui furent réservés pour entrer dans la salle d'introduction du musée, où l'on désirait réunir un tableau de chacun des maîtres de la renaissance des arts dans les 14<sup>e</sup> et 15<sup>e</sup> siècles. Si les tableaux recueillis par le commissaire Neveu existaient au Musée royal, je n'hésiterais pas, Monseigneur, à demander à Votre Excellence de les remettre en totalité, mais les deux-tiers de cet envoi sont disséminés dans les divers musées et églises du royaume et quelques-uns même dans des villes qui naguère en faisaient partie. Il est donc impossible d'effectuer cette remise totale ou les frais qu'elle occasionnerait pouraient être approximés à plus de dix fois la valeur de ces tableaux. Je remettrai, si Votre Excellence l'ordonne, les tableaux qui sont au musée; quant à délivrer à la cour de Munich, en échange des objets aliénés, quelques tableaux de l'Ecole française, tels que Poussin et Le Sueur, ainsi qu'elle le demande, j'ai l'honneur de vous représenter, Monseigneur, qu'un seul tableau du Poussin a plus de prix à lui seul que tout l'envoi du sieur Neveu et que le gouvernement se trouverait lézé dans cette compensation. Le commissaire Neveu envoya de même 5 caisses contenant des armures des 14<sup>e</sup> et 15<sup>e</sup> siècles, qui furent remises au sieur Régnier, conservateur du musée d'Artillerie, rue du Bac, et placé dans ce bel établissement.[^1] [^1]: Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson, <i>Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)</i>, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999, Archives des musées nationaux, registre *AA9 S. p. 201, Denon
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