CG2-2748.md

identifiantCG2-2748.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1798/08/03 00:00
titreNapoléon au général Chabot, gouverneur de Corfou et des îles Ioniennes
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG2</i> - 2748. - </b>Au général Chabot, gouverneur de Corfou et des îles Ioniennes</h1><p lang="fr-FR"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Le Caire, 16 thermidor an VI [3 août 1798]</h2><p lang="fr-FR"><br/> </p><p lang="fr-FR">C’est avec le plus grand plaisir, citoyen général, que j’ai appris de vos nouvelles ; on nous avait beaucoup alarmés sur votre sûreté.</p><p lang="fr-FR">L’état-major vous aura fait part des événements militaires qui ont eu lieu ici. Nous sommes enfin au Grand-Caire et maîtres de toute l’Égypte.</p><p lang="fr-FR">Il est indispensable que vous nous fassiez passer, par tous les moyens possibles, la plus grande quantité de vin, eau-de-vie, raisins secs et bois. Ce sont des objets dont vous savez que l’Égypte manque entièrement. Les négociants porteront en retour du café, du sucre, de l’indigo, du blé, du riz et toute espèce de marchandises des Indes.</p><p lang="fr-FR">Tenez-moi instruit de toutes les nouvelles que vous avez des affaires des Turcs et surtout de Passwan-Oglou[^1].</p><p lang="fr-FR">Le premier bataillon de la 69<sup>e</sup> demi-brigade de ligne a reçu un ordre positif de partir lorsque je quittais Toulon ; je ne doute donc pas qu’en ce moment il ne soit arrivé.</p><p lang="fr-FR">Dès l’instant que ce pays-ci sera organisé et les impositions assises, je vous enverrai 300 000 francs, qui paraissent nécessaires pour votre solde ; mais, comme il me sera beaucoup plus facile de vous envoyer des blés, du riz, etc., je vous prie de former une compagnie de dix ou douze négociants des plus riches ; qu’ils chargent plusieurs bâtiments, qu’ils m’expédient des bois, du vin, des eaux-de-vie, etc. ; ils seront payés en échange avec des marchandises du pays. Ils enverront un commissaire avec une lettre de vous, et je leur donnerai en surplus pour 3 ou 400 000 francs de marchandises qu’ils vous solderont.</p><p lang="fr-FR">Vous trouverez ci-joint[^2] un ordre qu’il est bien essentiel d’exécuter ponctuellement pour l’approvisionnement de l’escadre. Comme ici nous manquons de bois, je désire que vous fassiez beaucoup de biscuit à Corfou, afin que nous ayons toujours un point où nous puissions puiser et ravitailler notre escadre toutes les fois que nous en aurons besoin ; je compte sur votre zèle. Vous pouvez tirer, pour la confection de votre biscuit, pour 50 000 francs de lettres de change sur le payeur au Caire. Elles seront soldées soit en marchandises, soit en argent, comme le négociant le désirera. Incessamment je vous enverrai, par la première occasion, du blé et du riz pour votre approvisionnement.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Passwan-Oglou (1757-1808) ancien janissaire, en rébellion armée contre le pouvoir central dans sa capitale de Widin (dans l’actuelle Bulgarie), assiégée par les principales armées ottomanes. [^2]: <span></span> Publié dans la <i>Correspondance</i>, sous le n<sup>o</sup> 2961. Brueys doit envoyer à Corfou les bâtiments nécessaires au chargement de 2 000 quintaux de biscuits, 100 000 pintes de vin, 30 000 de vinaigre, 30 000 d’eau-de-vie, etc. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2962, d’après la collection Napoléon.</body>