den-535

identifiantden-535
fait partie dedenon
est validéoui
date1804/12/01 00:00
titreLettre n° 535: Denon pour Estève
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none">DEN-535 -</b> Denon pour Estève</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">1<sup>er</sup> décembre 1804</h2> Le directeur général du musée Napoléon à M. Estève, trésorier général de la Couronne impériale. Monsieur, J'ai l'honneur de vous prévenir que M. l'intendant général m'annonce le renvoi entre vos mains de deux états de propositions de payement à faire au musée Napoléon pour les mois vendémiaire et brumaire an 13. Ils montent l'un à 5112 F, l'autre à 3820 F, ce qui forme un total de 8932 F. Vous avez eu la complaisance de m'informer, Monsieur, que le crédit matériel ouvert au musée Napoléon dans le budget de l'an 13 n'étoit que de 24000 F, spécialement affectés à la restauration des statues antiques et des tableaux. Cette somme seroit en effet suffisante pour cet article, mais il est d'autres dépenses habituelles et d'urgence qui toutes importent à la splendeur de cet établissement; il en est même d'extraordinaires, ainsi que vous pouvez vous en convaincre par les états de propositions qui sont en vos mains. Par exemple, vous y verrez portée une somme de 1250 F pour transport des tableaux et antiquités arrivées de Parme, une autre de 1000 F pour la continuation de la gravure de La Vierge de Louis Carrache, par M. Roger[^54]. Dans l'état pour le mois frimaire, une autre somme de 1000 F sera demandée pour le troisième payement de la gravure du tableau de Spada, L'Enfant prodigue, par M. Morel[^55]; dans celui qui suivra seront probablement portés les mémoires des travaux de serrurerie pour la suspension des tableaux dans la partie de la Grande Galerie, nouvellement ouverte, et plusieurs autres dépenses extraordinaires et d'urgence qu'il étoit impossible d'ajourner, la volonté de Sa Majesté l'Empereur ayant été que cette partie fût ouverte au public pour l'arrivée de Sa Sainteté. Une dépense, qui va devenir de même très urgente, est la confection de plusieurs bordures pour quelques tableaux précieux. Jusqu'à cette heure, j'ai fait encadrer avec les vieux cadres qui avaient été rassemblés dans l'établissement tous les tableaux qui se sont trouvés de proportion, mais il en est dont l'importance exige impérieusement cette dépense, et je crois que l'intention de Sa Majesté sera que des chefs-d'œuvre aussi précieux et aussi rares, ne soient pas mesquinement entourés de tringles de bois peint. \[p. 98\] Toutes ces considérations vous convaincront, Monsieur, que le crédit est insuffisant pour cette année et qu'il sera peut-être nécessaire d'obtenir de Sa Majesté qu'une augmentation prise, soit sur le fond des acquisitions ou tout autre qu'il lui plaira d'assigner, y soit jointe. Je compte trop, Monsieur, sur l'intérêt que vous portez aux arts, et particulièrement au musée Napoléon, pour n'être pas persuadé que vous même solliciterez cette augmentation, sans laquelle il me seroit impossible d'acquitter des travaux exécutés d'après l'ordre formel de Sa Majesté.[^3] [^1]: Barthélémy Roger, <i>La Vierge</i>, d'après Ludovic Carrache, (Cat. Chalcographie 1930, n° 421). [^2]: A.A. Morel, <i>L'Enfant prodigue</i>, d'après Spada (Cat. Chalcographie 1930, n° 577). [^3]: Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson, <i>Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)</i>, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999, Archives des musées nationaux, registre *AA5 p. 97, Denon