den-AN1

identifiantden-AN1
fait partie dedenon
est validéoui
date1802/12/19 00:00
titreLettre n° AN1: Denon à Bonaparte, Premier Consul
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none">DEN-AN1 -</b> Denon à Bonaparte, Premier Consul</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">19 décembre 1802</h2> Au Premier Consul. Citoyen Premier Consul, J’ai fait changer, ainsi que vous me l’avez fait ordonner, les tableaux de la bibliothèque des Tuileries, et j’ai choisi pour les remplacer ceux dont je joins ici la note historique et anecdotale. Si cette forme vous est agréable, je la suivrai pour tous les changements de tableaux qui se feront dans les palais. Agréez, Général, l'hommage de mon profond respect.[^1] DENON <i>\[p. j. 1 : Arch. nat. AF IV 1049 dr 2 n° 4\]</i> Description des huit tableaux placés dans la bibliothèque du Premier Consul. Le [Joueur de] trompette, par Gérard Dou, peintre hollandais, élève du célèbre Rimbrant; né à Leyden en 1613. Mort dans la même ville en 1680[^1]. Un jeune homme placé contre l’appui d’une croisée ornée d’une riche draperie sonne de la trompette. Dans le fond de l’appartement on aperçoit l’enfant prodigue avec des courtisanes. Le croquis de ce second tableau est un souvenir du plus précieux tableau de Gérard Dou, que l’impératrice Catherine fit acheter à la vente du baron de Thiere et qui fut malheureusement submergé. <i>Le [Joueur de] trompette</i> est un tableau remarquable par son précieux fini ; il fut acquis par Mr Dangevilliers pour la collection nationale. <i>La Marchande épicière</i>, par Miéris le fils, né à Leyden en 1662. Mort en 1747. Elève de son père, habile peintre de portraits. Le mérite particulier de ce peintre est l’extrême fini de ses ouvrages. Les artistes lui tiennent peu de compte de son étonnante patience, ils trouvent ses tableaux secs et froids ; mais le public, qui souvent dans les arts ne considère que la difficulté vaincue, les admire parce qu’ils offrent à la curiosité une infinité de détails charmans et rendus avec une précision extraordinaire. Ce tableau vient de la collection du stathouder. <i>Le Déjeuner d’huîtres, ou La Vie joyeuse</i>, par Jean Steen, né à Leyden en 1636, mort à Delft en 1689, élève de Brauwer et de Van Goyen, son beau-père. Jean Steen a représenté dans cette composition sa propre existence. La scène se passe dans sa maison; on y boit, on y rit, on y chante, on y joue ; lui-même s’est peint tenant un luth en main, et a signé son nom sur une colonne contre laquelle il est appuyé. Cet artiste singulier, dont la débauche a quelque chose d’original, puisque peintre, il se fit successivement brasseur et marchand de vin pour le seul plaisir de boire, ne travaillait que lorsque lui-même avec ses amis il avait épuisé ses caves. Il est estimé des connaisseurs pour sa naïveté et la justesse de l’expression et surtout pour son coloris sans manière et vrai comme la nature. Ce tableau, l’un des plus importants qu’il ait fait, est d’une harmonie douce et agréable, il est extrêmement soigné. Il vient de la collection du stathouder. <i>Le Marché aux herbes d'Amsterdam</i>, par Gabriel Metzu, né à Leyden en 1615, mort à Amsterdam en 1658. Le Marché aux herbes est connu à juste titre comme un des plus beaux ouvrages de cet artiste inimitable, le premier et le plus habile de tous les peintres hollandais. Ce tableau, qui a successivement passé dans les plus grandes collections de Paris, et notamment dans celles, si précieuses, de Blondel de Gagni et de Mme Geoffrin, a été payé à la vente de cette dame la somme de 28 000 francs par Mr Dangevilliers pour la collection nationale. <i>Le Corps de garde hollandais</i>, par Jean Leduc, né à La Haye en 1630. Elève de Paul Potter. Les ouvrages de cet artiste, qui quitta la peinture pour prendre le parti des armes, sont fort rares. Celui-ci représente des cavaliers et des dames réunis dans le vestibule d'un monument gothique. Ce tableau, suivant Descamps, aurait appartenu à Mr Van Hétéren de la Haie. <i>Vue intérieure d’une église de protestants</i>, par Emanuel de Witte, né à Alkmaer en 1607. Mort en 1692. Cet artiste a représenté le chœur de l’Eglise neuve de Delft, où est élevé le tombeau des princes d’Orange. Il vient de la collection du stathouder. Par Jean Asselin d’Anvers, un paysage montueux arrosé par un fleuve. On y remarque des voyageurs qui attendent une barque pour le passer avec leur bagage. Par le même, autre paysage, représentant une ruine et, au bas, des pâtres qui gardent des chèvres et des moutons. Ces deux tableaux ont été peints par Asselin à l’hôtel Lambert dans l’isle Saint-Louis, où Le Sueur et Le Brun ont fait leurs plus beaux ouvrages.[^2] [^1]: il meurt en réalité en 1675 [^2]: Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson, <i>Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)</i>, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999, Archives nationales AF IV 1049 dr 2 n° 3, Denon
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