| identifiant | den-AN96 |
|---|
| fait partie de | denon |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1812/01/23 00:00 |
|---|
| titre | Lettre n° AN96: Denon à Napoléon |
|---|
| texte en markdown | <body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none">DEN-AN96[^1] -</b> Denon à Napoléon</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">23 janvier 1812</h2>
[^2]Sire,
Pendant le séjour que j'ai fait à Rome[^3], informé que l'intention de Votre Majesté était de diminuer le nombre des 360 églises que l'on y compte, je me suis empressé d'en visiter la plus grande partie pour prendre connaissance des monuments remarquables qu'elles renferment soit en mausolées, soit en tableaux, soit en colonnes et en marbres précieux.
Depuis 15 siècles, Sire, le catholicisme a bâti des églises à Rome et il n'en est pas une qui ne soit décorée des dépouilles des temples et monuments de l'antique Rome. Ce sont donc moins les irruptions des Barbares qui ont saccagé cette ville que les prêtres chrétiens qui, pour abolir la religion des païens, ont mutilé les statues et les temples de leurs dieux. Ainsi, depuis Constantin, qui à la sollicitation du pape Silvestre fit enlever les magnifiques colonnes du mausolée d'Adrien pour édifier l'église de Saint-Paul-hors-des-murs, jusqu'à L\[éon\] X, et même plus tard, il ne s'est pas passé un jour à Rome qui n'ait vu commettre quelque profanation de ce genre.
Sans ce faux zèle, Sire, la plupart des monuments existeraient encore et la preuve de cette vérité se voit au Panthéon d'Agrippa, qui est encore debout parce que Boniface IV en fit en 607 une église. L'intégrité de ce monument serait parfaite si le pape Urbain VIII n'avait fait enlever les poutres en bronze massif et les plaques de même matière qui couvraient le port\[ique, pour en\] fondre les colonnes qui supportaient le baldaquin de Saint-Pierre et les canons du château Saint-Ange.
Si, malgré ces dévastations, les ruines des anciens monuments produisent encore une si étonnante admiration, qu'étaient-ils donc alors qu'ils étaient peuplés des plus belles productions de la Grèce et des marbres les plus précieux de l'Orient?
A l'œil de l'observateur, Rome n'est donc maintenant, Sire qu'un amas de dépouilles précieuses éparses dans des cloîtres déserts ou de fastueuses églises. Partout la dévastation de l'antiquité s'y rencontre. On gémit de la barbarie avec laquelle les temples ont été détruits en voyant les matières les plus précieuses servir de bornes dans les rues, et l'on s'indigne quand on voit dans la petite église de Saint-Praxède des blocs de rouge antique, le marbre le plus rare et le plus recherché, employés avec une prodigalité stupide comme marches d'un autel obscur.
Il est instant, Sire, de sauver d'un nouveau désastre ce qui reste, et qui va devenir la propriété de Votre Majesté. Les églises et couvents supprimés vont être mis en vente. Si l'on n'en extrait pas d'abord les colonnes de marbre précieux, elles deviendront la proie des marbriers qui les acquerront pour les vendre à l'étranger, ou qui, s'ils n'ont pas cette facilité, les scieront sans pudeur pour en faire des vases de cheminée et autres bagatelles. Ce que Votre Majesté peut recueillir est si nombreux que, si l'on n'adopte pas cette mesure, tout se donnera à vil prix par le défaut de concurrence de particuliers assez riches pour faire bâtir maintenant à Rome.
J'ose dire, Sire, qu'il est de la gloire de Votre Majesté de mettre un terme à une dévastation de 15 siècles. Tant de colonnes précieuses sont des monuments, par leur antiquité et par l'impossibilité de s'en procurer de pareilles actuellement. Depuis peut-être 2000 ans on n'a point extrait de la terre une seule colonne de porphire, de vert antique; on ignore même où étaient précisément situées leurs carrières dans l'Orient. Ce qui reste est donc devenu plus rare et plus digne par sa magnificence d'orner les palais et les temples que Votre Majesté voudrait faire élever. Il serait donc nécessaire que tout ce qui sera recueilli soit déposé dans de vastes magasins à Rome, et qu'il n'en soit rien distrait qu'on n'ait préalablement indiqué à Votre Majesté l'emploi le plus convenable à en faire.
Ignorant quelles sont sur les 360 églises de Rome celles qui seront conservées pour le culte, je n'ai pu faire, Sire, un travail assez exact pour être soumis à Votre Majesté. Je ne puis donc joindre à la présente q\[ue\] quelques notes partielles sur les fresques, sur les monuments épars dans les monastères et sur l'église Saint-Paul-hors-les-murs.
Je vous supplie, Sire, de ne voir dans l'exposé que j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté que mon zèle à la servir et mon entier dévouement à son auguste personne.
Je suis avec le plus profond respect, Sire, de Votre Majesté, le très humble serviteur et fidèle sujet.
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">DENON</h3>
<i>\[p. j. 1 : Arch. nat. AF IV 1050 dr 8 n° 19\]</i>
<div style="text-align: center;">
<b>Fresques des églises qui seront supprimées</b>
</div>
On a maintenant deux procédés pour enlever les fresques. Le premier consiste à scier le mur par derrière et à refixer l'enduit sur un autre corps; le second à enlever par aspiration la peinture et à la reporter sur une impression. Ce dernier procédé est beaucoup plus expéditif et moins coûteux. J'ai rapporté de Rome un essai fait sous mes yeux. Il a obtenu le succès le plus désirable.
Comme dans les monastères supprimés il existe des chefs-d'œuvre qu'il faut enlever, je pense qu'avant de vendre, on doit s'occuper de cette opération, afin d'éviter par cette mesure que des marchands de tableaux de Rome, qui n'attendent que ce moment pour se rendre adjudicataires à vil prix de ces couvents, ne le fassent à leur compte et ne retirent par le prix de ces peintures portées à l'étranger le double et le triple de leurs acquisitions.
Le couvent de Grottaferrata située à quatre lieues de Rome sera une preuve de ce que j'avance[^4]. Je suppose que le domaine en retire une valeur réelle de 40000 francs, la personne qui en fera l'acquisition deviendra propriétaire des 45 tableaux à fresque du Dominiquin qui ornent la chapelle de Saint-Nil et dont une seule, qui représente Le Miracle de la lampe, vaut ce prix.
Si Sa Majesté daigne prendre en considération la proposition que j'ai l'honneur de lui faire, je soumettrai à S. E. le ministre de l'Intérieur l'essai que j'ai fait faire, et les moyens de mettre cette opération à exécution. L es fresques qui seront jugées dignes d'être enlevées pourraient se partager entre les musées de Rome et de Paris. Ainsi la première capitale s'enrichirait encore d'un genre de curiosité qui lui manque, et qu'il serait possible d'exposer dans la galerie d'Apollon, dont la décoration n'est pas encore terminée.
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">DENON</h3>
<i>\[p. j. 2 : Arch. nat. AF IV 1050 dr 8 n° 21\]</i>
<div style="text-align: center;">
<b>Mausolées placés dans les monastères supprimés</b>
</div>
Il existe dans tous les couvents de Rome une immense quantité de statues et de tombeaux que Sa Majesté voudra que l'on conserve. Le directeur a l'honneur de lui indiquer pour les recevoir l'église dite de la Madone-des-anges, l'une des plus belles de Rome et qui probablement sera conservée. Près de cette église, anciennement desservie par des chartreux, se trouve un cloître entouré de 100 colonnes. Cet emplacement serait très convenable pour recevoir ces tombeaux et statues et cette réunion deviendrait une des nouvelles curiosités de la ville de Rome.
Le directeur du musée, qui a eu l'honneur de conférer de cette affaire avec les magistrats de la ville de Rome, pense que cette mesure serait généralement approuvée, en ce qu'elle concilierait le respect dû à la sépulture des morts, l'intérêt et l'orgueil des familles, et qu'elle aurait de plus l'avantage de sauver de la destruction beaucoup de monuments curieux qui forment une histoire de la sculpture depuis la renaissance des arts en Italie.
Si Sa Majesté daigne approuver cette disposition, son directeur de l'Ecole de France à Rome, conjointement avec MM. Canova et Camuccini, artistes romains, pourrait être chargé d'en suivre l'exécution.
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">DENON</h3>
<i>\[p. j. 3 : Arch. nat. AF IV 1050 dr 8 n° 20\]</i>
<div style="text-align: center;">
<b>Eglise de Saint-Paul-hors-des-murs, à Rome</b>
</div>
Cette église, l'une des plus anciennes de la chrétienté et l'une des plus intéressantes de Rome par la magnificence des colonnes qui la décorent, serait un monument à conserver si le gouvernement pouvait faire les frais de son entretien et, surtout, voulait ordonner les réparations pressantes qu'il exige. Toute la charpente du toit menace ruine, et si l'on n'y apporte remède, il est à craindre qu'elle ne s'écroule sous peu et dans sa chute ne brise les cinquante superbes colonnes cannelées de marbre pavoriazetto qui la supportent. Cet accident serait irréparable; ces colonnes sont les plus belles de Rome; leur proportion est d'environ 35 pieds d'élévation; elles sont d'une élégance et d'une pureté d'exécution extrêmes. Ce sont celles qui décoraient le mausolée d'Adrien.
Cette église possède de plus trente colonnes de porphire, indépendamment de 50 autres en granit qui supportent les bas-côtés de la nef.
Si cette église, placée à une lieue de Rome, se trouve comprise dans la suppression des monastères, le directeur à l'honneur d'appeler l'attention de Sa Majesté sur la conservation de ces précieuses colonnes, qu'on peut employer avec le plus grand avantage dans l'intérieur d'un temple. Dans le cas contraire, il ose supplier Sa Majesté de donner des ordres pour que la toiture soit de suite réparée afin d'éviter les malheurs que sa chute entraînerait.
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">DENON</h3>
<i>\[p. j. 4 : Arch. nat. AF IV 1050 dr 8 n° 22\]</i>[^5]
<div style="text-align: center;">
<b>Note des statues antiques qui sont dans les palais de Rome
et qui d'un moment à l'autre peuvent être à vendre</b>
</div>
Dans son voyage à Rome, le directeur général du musée Napoléon a été visiter les galeries d'antiquités des riches particuliers de cette ville, afin de pouvoir, si elles étaient mises en vente, donner à Sa Majesté son opinion soit sur le mérite de ces objets, soit sur leur valeur. Il va avoir l'honneur d'indiquer ci-après les collections qui ont le plus fixé son attention.
<div style="text-align: center;">
Cabinet Borgia à Velletri
</div>
Cette collection, du plus grand intérêt, se compose d'une immense quantité de statues égyptiennes en bronze, basalte, pierre de touche et granit, d'antiquités indiennes et péruviennes, d'antiquités du Moyen Age, de médailles etc., etc. Plusieurs pièces ont été illustrées et ce cabinet jouit avec justice en Europe d'une grande célébrité. Il est le résultat des recherches et de la constance du cardinal Borgia qui, directeur de la propagande, a employé une partie de sa vie à correspondre avec les missionnaires envoyés en Afrique, dans l'Inde et en Amérique, et qu'il chargeait de recueillir les monuments les plus curieux et les plus intéressants.
Les propriétaires actuels sont les deux neveux du cardinal. L'aîné est capitaine de la gendarmerie de Velletri; le cadet, lieutenant dans le même corps.
Si Sa Majesté ordonnait l'acquisition de cette collection, elle pourrait augmenter le beau cabinet des antiquités de la Bibliothèque impériale, ou en former, avec ce que le musée possède déjà, deux belles salles qui seraient vues avec un vif intérêt par les savants et les voyageurs.
Le prix qu'on demande de cette collection n'a pas paru exagéré au directeur, mais comme il n'allait la voir que comme curieux et qu'il n'avait aucune mission pour entrer en pourparler sur cette acquisition, il n'a fait aucune observation et n'est entré dans aucun détail qui pût laisser soupçonner qu'il s'était rendu à Velletri avec cette pensée.
<div style="text-align: center;">
Collection Braschi[^6]
</div>
Cette maison possède, entr'autres antiquités, la célèbre statue colossale d'Antinoüs trouvée à Palestrine il y a peu d'années. Son caractère et sa parfaite conservation la rendent très précieuse. Elle avait dans l'antiquité une draperie de bronze que l'on n'a point retrouvée. Le prince Braschi lui en a fit substituer une en marbre que l'on pourrait dorer, comme l'était probablement celle en bronze, et alors ce monument serait rendu à sa beauté primitive.
Le propriétaire en demande 120 000 F, ce qui n'est point un prix déraisonnable, mais qu'on pourrait cependant réduire à 100 000 francs.
Il propose de vendre de même quelques autres antiquités, vases, colonnes et tables de marbres précieux.
Le directeur a remarqué entr'autres deux grandes vasques en rouge antique, deux colonnes de Porta Santa de 10 pieds, trois colonnes d'albâtre oriental, quatre tables superbes de granit rose de sept pieds, deux cypes de granit de la plus grande rareté, deux tables en porphire et quelques statues, mais ces dernières du troisième ordre.
<div style="text-align: center;">
Palais Barberini
</div>
Les héritiers de cette maison vont se partager les antiquités et tableaux qui ornent ce palais. Comme il est probable que quelques-uns de ces objets seront mis en vente, le directeur appelle l'attention sur la belle statue du faune couché qui, quoique restaurée, n'en est pas moins une figure très recommandable et qui marche immédiatement après les chefs-d'œuvre.
Il y a de plus en antiquités une statue de jeune homme et un Septime Sévère en bronze, deux beaux bustes en marbre dits Marius et Sylla, une statue égyptienne avec tête d'épervier et une peinture antique représentant la ville de Rome assise.
<div style="text-align: center;">
Villa Ludovisi
</div>
Cette maison est la plus riche de Rome en figures antiques. Elle possède les deux superbes grouppes dits Arie et Petus et Papirius et sa mère. La statue de Mars en repos et celle d'un Gladiateur assis, la tête colossale de Junon, une grande tête en relief de rouge antique.
Si jamais ces antiquités étaient à vendre, le directeur supplierait Sa Majesté d'en faire l'acquisition plutôt que de les voir sortir de son Empire pour aller enrichir d'autres états.
<div style="text-align: center;">
Palais Massini
</div>
Cette maison possède une seule statue digne de remarque, c'est le Discobole lançant le disque, copie antique de celui en bronze si célèbre de Lysippe; elle est de la plus grande conservation et bien supérieure à celle que possède le musée Napoléon et qui vient du Vatican.
Le propriétaire voulait la vendre à un prix très raisonnable; soit qu'il se soit présenté des acquéreurs, soit qu'il ait pensé que le directeur du musée était à Rome pour faire des acquisitions, il a plus que doublé ses prétentions. Il faut donc attendre qu'il retourne à ses premières propositions. On pourrait offrir de cette statue de 25 à 30 000 francs.
<div style="text-align: center;">
Maison Spada
</div>
Le directeur a été voir la statue dite de Pompée[^7]. Quoiqu'il se soit élevé des contestations sur cette illustration, on s'obstine à la nommer ainsi.
Cette statue est du troisième ordre, elle a été mal restaurée et avec les attributs de la puissance souveraine, ce qui est une erreur historique.
Il y a dans la même maison huit très beaux bas-reliefs antiques et une statue d'un philosophe assis, que quelques savants disent être celle d'Antisthènes, mais que M. Visconti assure être celle d'Aristote.
<div style="text-align: center;">
Noces Aldobrandines, peinture antique[^8]
</div>
C'est la composition la plus considérable qui soit restée des peintures des Romains. Possédée dans le tems où elle a été trouvée par un pape et une maison illustre, elle a acquis une réputation au-dessus de sa valeur. C'est sous ce point de vue qu'il eût été fâcheux qu'elle passât dans un pays étranger.
Le directeur général, depuis son retour, a appris du prince Aldobrandini que son projet était de faire venir cette peinture à Paris. Dans ce cas ce morceau existerait en France et le but qu'on aurait pu se proposer dans son acquisition serait rempli.[^9]
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">DENON</h3>
[^1]: Lettre sans date. Copie publiée <i>supra</i>, lettre 2 277 datée du 23 janvier 1812. Le papier de l'original étant déchiré à plusieurs endroits, les passages détruits ont été restitués d'après cette copie.
[^2]: Renvoyé à M. Mounier pour en faire l’analyse, ce 31 janvier 1812. [Apostille d’un secrétaire du cabinet de l’Empereur.]
[^3]: Sur ce séjour, cf. Arch. nat. O<sup>2</sup> 1074 n<sup>os</sup> 159, 160, 162165 : lettre et notes envoyées au comte Pierre Daru par son frère Martial, intendant des biens de la Couronne à Rome, et transmises au duc de Cadore le 8 février 1812.
[^4]: Denon avait inspecté les fresques de Grottaferrata avec l'architecte Paris sur l'invitation de Janet, intendant du Trésor public à
Rome (Arch. nat. O<sup>2</sup> 1074 n° 165, rapport s.d.).
[^5]: Mounier, dans l'analyse du rapport de Denon demandée par l'Empereur, précise que le directeur avait ajouté cette note aux trois autres pièces jointes à sa lettre (Arch. nat. <i>AF IV 1050 dr 8 n° 18</i>).
[^6]: Sur cette collection, cf. supra, lettre 2288, et AMN A5 (18101812) : rapports et expertises de la main de Visconti et de Lavallée. Signalons que Denon ne s'est pas inspiré du texte de Visconti et que seulement quelques phrases sont communes au présent rapport et à celui écrit par Lavallée.
[^7]: Cf. <i>supra</i>, lettre 1288.
[^8]: Cf. <i>supra</i>, AN 74.
[^9]: Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson, <i>Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)</i>, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999, Archives nationales <i>AF IV 1050 dr 8 n° 17<sup>a</sup>, Denon |
|---|
| |