den-AN17

identifiantden-AN17
fait partie dedenon
est validéoui
date1803/12/23 00:00
titreLettre n° AN17: Notes de Denon
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none">DEN-AN17[^1] -</b> Notes de Denon</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">23 décembre 1803</h2> Notes 1<sup>er</sup> nivôse an 12<sup>e</sup> 1<sup>er</sup> nivôse <div style="text-align: center;"> <b>Notes</b> </div> Le code civil est un événement historique et monumental, de nature à être consacré par une médaille. Je propose au Premier Consul de consacrer tout à la fois la Pallas de Velletri en la faisant servir de revers à cette médaille, et de l'autre côté son portrait avec une couronne civique en feuilles de chêne, et à l'exergue : <div style="text-align: center;"> <i>Lois données à la France L'an 5 du consulat de Bonaparte[^1]</i> </div> Si on donne aux membres de la Légion d'honneur une décoration extérieure, en se conformant à l'esprit de cet ordre, je crois qu'on pourrait composer cette décoration d'une étoile au centre de laquelle serait un médaillon où seraient représentées les deux têtes ou les deux figures entières de Pallas et de Mars, et au revers votre portrait. Ce rassemblement d'objets contiendrait tout à la fois, d'une manière simple, l'emblème qui est devenu votre chiffre, les deux figures qui composent l'esprit de l'ordre, et le portrait du fondateur. A l'exergue, du côté des deux figures, ces mots : <div style="text-align: center;"> <i>Légion d'honneur</i> </div> et, sous votre portrait, l'époque de la fondation. Il est de règle que les présents de mariage soient accompagnés d'une médaille dont le sujet est analogue à cette cérémonie. C'est un des articles qui se débitent le plus à la Monnaye des médailles. Les coins à cet usage sont très mauvais et d'un goût effroyable, avec des têtes de nos derniers rois. Je crois nécessaire de renouveler cela, et pour ne mettre ni prêtres catholiques ni emblèmes du paganisme dans les sujets à représenter sur ces médailles, j'ai projeté cette composition : Jacob à la fontaine recevant la main de Rachel. Du côté de Jacob, un chien, emblème de la fidélité, et du côté de Rachel, un agneau, emblème de l'innocence, figures arrivant naturellement à ce sujet. Pour inscription : <div style="text-align: center;"> <i>Mariage de Jacob</i> </div> et, au revers, votre tête avec la date, qui se renouvellera chaque année et servira d'époque au mariage. Lorsque vous avez bien voulu honorer la sculpture en admettant quelques artistes à la Légion d'honneur, le corps entier de ces artistes a regretté de ne pas voir à leur tête le citoyen Julien, celui de notre siècle qui a fait le plus d'honneur à cet art. Je crois de mon devoir, Général, de vous rappeler cet artiste et de le recommander à vos bontés[^3]. J'ai reçu une lettre du maire d'Ypres, par laquelle il sollicite avec instance votre portrait pour sa ville. J'ai su d'ailleurs que ce maire, après avoir été antifrançais, est devenu un des plus chauds partisans du gouvernement depuis qu'il a eu le bonheur de vous connaître. J'ai une proposition à vous faire, Général, c'est de choisir parmi les portraits faits celui qui serait le plus ressemblant et d'en faire faire des copies par des jeunes gens à talent dont la réputation n'a pas encore assigné de prix à leurs ouvrages, et d'en avoir ainsi qui ne coûteraient que 12 à 1 500 francs. Je vous prie, Général, de me dire votre volonté à ce sujet.[^4] [^1]: Feuille de travail avec le Premier Consul. [^2]: Alors en cours d'élaboration, le code civil fut promulgué le 30 ventôse an XII (21 mars 1804). La médaille commémorant cet événement fut gravée par Brenet sous la direction de Denon ( T. N., II, 9). L'avers présentait la statue de Napoléon par Chaudet pour le Corps législatif, la tête de profil, un essai antérieur avec la tête de trois quarts ayant été repoussé ( ibid., 10). [^3]: Julien fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 17 juillet 1804, en même temps que Chaudet, Dejoux, Ménageot, Lagrenée, Valenciennes, Andrieu et E. Q. Visconti. (Cf. Foucart (Bruno), « L'Artiste dans la société de l'Empire : sa participation aux honneurs et dignités », Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. XVII, juillet­septembre 1970, p. 709­719.) [^4]: Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson, <i>Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)</i>, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999, Archives nationales AF IV 1049 dr 2 n° 27(48), Denon
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