den-1505

identifiantden-1505
fait partie dedenon
est validéoui
date1808/09/04 00:00
titreLettre n° 1505: Denon pour le ministre de l'Intérieur
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none">DEN-1505 -</b> Denon pour le ministre de l'Intérieur</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">4 septembre 1808</h2> Le directeur général du musée Napoléon à Son Excellence le ministre de l'Intérieur, comte de l'Empire. Monsieur le Comte, J'ai reçu avec la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 2 septembre la demande que forme M. Thériart, procureur gérant des écoles communales de la ville de Cologne, d'un tableau représentant Le Martyre de saint Pierre, que Rubens fit pour la paroisse Saint-Pierre de ladite ville, lieu de sa naissance[^1]. Cette réclamation, Monsieur le Comte, est appuiée d'un titre puissant et je l'apprécie, mais je ne partage pas l'opinion de M. Thériart, qui indique ce tableau comme inférieur aux autres productions de Rubens que possède le musée. Celui-ci au contraire réunit tout l'enthousiasme et toute l'énergie de ce grand peintre, il est peut-être même un de ses ouvrages les plus importants pour le musée, en ce qu'il a été exécuté entièrement de sa main et à l'époque de la plus grande force de son talent. Sous ce point de vue il doit rester dans la collection des chefs-d'œuvres dus aux victoires de Sa Majesté, et je vous prie, si Votre Excellence étoit dans le cas de faire un rapport à l'Empereur sur cette demande, de vouloir bien le prévenir que je regarderois cette cession comme une perte réelle pour son musée. Je pense, Monsieur le Comte, qu'il faudra indemniser la ville de Cologne, patrie de ce peintre célèbre, par un autre de ses ouvrages qui peut-être, sous le rapport de l'étude, seroit plus utile aux écoles pour lesquelles elle le réclame, mais il est nécessaire que le musée soit terminé avant que je puisse indiquer celui qui pourra être donné. Quant à celui du Martyre de saint Pierre, outre son grand mérite, il a pour la galerie l'avantage d'être d'une proportion qui, suivant la nouvelle disposition, le rend doublement précieux en ce que les trop grands tableaux ne pourront pas y être exposés.[^2] [^1]: Déjà réclamé par Cologne en 1796 et en 1802, Le Martyre de saint Pierre ne fut pas rendu à la suite de cette demande de 1808 ni en 1814 mais revint à Cologne en octobre 1815, cf. Grammacini (Norberto), “Rubens' Petrus martyrium in Exil”, Cat. exp. Lust und verlust. Kölner Sammler zwischen trikolore und Preußenadler, Cologne, 1995, p. 91-112, et Vey (Horst), “Zeugnisse der Rubens - Verehrung in Köln während des 19. Jarhunderts”, dans Wallraf - Richartz - Jahrbuch, XXI (1965), p. 95-134 (renseignement communiqué par B. Savoy). [^2]: Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson, <i>Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)</i>, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999, Archives des musées nationaux, registre *AA7 p. 73, Denon