| identifiant | 01_FondNap_TestNapo_testament.md |
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| fait partie de | testa_Napoléon |
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| est validé | oui |
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| date | 1821/04/15 00:00 |
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| titre | Testament de Napoléon |
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| texte en markdown | # Le testament de Napoléon[^1]
<p style="text-align: center"><i>Première page. Debelleyme</i></p>
(N° 1)
Napoléon
Ce aujourd’hui 15 avril 1821, à Longwood, isle de St-Hélène. Ceci est mon testament ou acte de ma dernière volonté.[^2]
1° Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né il y a plus de cinquante ans.
2° Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé.
3° J’ai toujours eu à me louer de ma très chère épouse Marie-Louise. Je lui conserve jusqu’au dernier moment les plus tendres sentiments. Je la prie de veiller pour garantir mon fils des embûches qui environnent encore son enfance.
4° Je recommande à mon fils de ne jamais oublier qu’il est né prince français, et de ne jamais se prêter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples de l’Europe. Il ne doit jamais combattre ni nuire en aucune manière à la France. Il doit adopter ma devise : Tout pour le peuple français.
5° Je meurs prématurément, assassiné par l’oligarchie anglaise et son sicaire. Le peuple anglais ne tardera pas à me venger.
6° Les 2 issues si malheureuses des invasions de la France, lorsqu’elle avait encore tant de ressources, sont dues aux trahisons de Marmont, Augereau, Talleyrand et de Lafayette : je leur pardonne. Puisse la postérité française leur pardonner comme moi !
7° Je remercie ma bonne et très excellente mère, le cardinal, mes frères Joseph, Lucien, Jérôme, Pauline, Caroline, Julie, Hortense, Catherine, Eugène, de l’intérêt qu’ils m’ont conservé. Je pardonne à Louis le libelle qu’il a publié en 1820 ; il est plein d’assertions fausses et de pièces falsifiées.
<p style="text-align: center"><i>Deuxième page. Debelleyme</i>i></p>
8° Je désavoue le Manuscrit de Sainte-Hélène et autres ouvrages sous le titre de Maximes Sentences, que l’on s’est plu à publier depuis six ans. Là ne sont pas les règles qui ont dirigé ma vie. J’ai fait arrêter et juger le duc d’Enghien parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l’intérêt et à l’honneur du peuple français, lorsque le comte d’Artois entretenait, de son aveu, soixante assassins à Paris. Dans une semblable circonstance, j’agirais de même[^3].
<p style="text-align: center">II</p>
1. Je lègue à mon fils les boîtes, Ordres et autres objets tels qu’argenterie, lit de camp, armes, selles, éperons, vases de ma chapelle, livres, linge, qui ont servi à mon corps et à mon usage, conformément à l’état annexé, coté (a). Je désire que ce faible legs lui soit cher comme lui retraçant le souvenir d’un père dont l’univers l’entretiendra.
2. Je lègue à ladie Hollande le camée antique que le pape Pie 6 m’a donné à Tolentino.
3. Je lègue au comte Montholon deux millions de francs comme une preuve de ma satisfaction des soins filiaux qu’il m’a rendus depuis 6 ans, et pour l’indemniser des pertes que[^4] son séjour à Sainte-Hélène lui a occasionnées.
4. Je lègue au comte Bertrand, cinq cent mille francs.
5. Je lègue à Marchand, mon premier valet de chambre, quatre cent mille francs. Les services qu’il m’a rendus sont ceux d’un ami. Je désire qu’il épouse une veuve, sœur ou fille d’un officier ou soldat de ma vieille Garde.
6. <i>Idem</i> à Saint-Denis, cent mille francs ;
7. <i>Idem</i> à Noverraz, cent mille francs ;
8. <i>Idem</i> à Pierron, cent mille francs ;
9. <i>Idem</i> à Archambault, cinquante mille francs ;
10. <i>Idem</i> à Coursot, vingt-cinq mille francs ;
11. <i>Idem</i> à Chandellier, idem ;
12. <i>Idem</i> à l’abbé Vignali, cent mille francs. Je désire qu’il bâtisse sa maison près de Pontenovo di Rostino.
13. <i>Idem</i> au comte de Las Cases, cent mille francs ;
14. <i>Idem</i> au comte Lavalette, cent mille francs ;
15. <i>Idem</i> au chirurgien en chef Larrey, cent mille francs ; c’est l’homme le plus vertueux que j’ai connu ;
16. <i>Idem</i> au général Brayer, cent mille francs ;
17. <i>Idem</i> au général Lefebvre-Desnouettes cent mille francs ;
18. <i>Idem</i> au général Drouot, cent mille francs ;
19. <i>Idem</i> au général Cambronne, cent mille francs ;
20. <i>Idem</i> aux enfants du général Mouton-Duvernet, cent mille francs ;
21. <i>Idem</i> aux enfants du brave La Bédoyère, cent mille francs ;
22. <i>Idem</i> aux enfants du général Girard, tué à Ligny, cent mille francs ;
23. <i>Idem</i> aux enfants du général Chartrand, cent mille francs ;
24. <i>Idem</i> aux enfants du vertueux général Travot, cent mille francs ;
25. <i>Idem</i> au général Lallemand l’aîné, cent mille francs ;
26. <i>Idem</i> au comte Réal, cent mille francs ;
27. <i>Idem</i> à Costa, de Bastelica en Corse, cent mille francs ;
28. <i>Idem</i> au général Clausel, cent mille francs ;
29. <i>Idem</i> au baron Méneval, cent mille francs ;
30. <i>Idem</i> à Arnault, auteur de Marius, cent mille francs ;
31. <i>Idem</i> au colonel Marbot, cent mille francs ; je l’’engage à continuer (à écrire) pour la défense de la gloire des armées françaises et à en confondre les calomnieurs et les apostats ;
32. <i>Idem</i> au baron Bignon, cent mille francs ; je l’engage à écrire l’histoire de la diplomatie française de 1792 à 1815 ;
Quatrième page. Debelleyme
33. <i>Idem</i> à Poggi, de Talavo, cent mille francs ;
34. <i>Idem</i> au chirurgien Emery, cent mille francs.
35. Ces sommes seront prises sur les 6 millions que j’ai placés en en partant de Paris en 1815, et sur les intérêts, à raison de 5 pour 100, depuis juillet 1815. Les comptes en seront arrêtés avec le banquier par les comtes Montholon, Bertrand et Marchand.
36. Tout ce que ce placement produira au-delà de la somme de 5 600 000 francs, dont il a été disposé ci-dessus, sera distribué en gratifications aux blessés de Waterloo et aux officiers et soldats du bataillon de l’île d’Elbe, sur un état arrêté par Montholon, Bertrand, Drouot, Cambronne et le chirurgien Larrey.
37. Ces legs, en cas de mort, seront payés aux veuves et enfants, et, au défaut de ceux-ci, rentreront à la masse.
*[Écrit dans la marge : Visé pour timbre à Paris 2<sup>e</sup> bureau le vingt-six mars 1853 N°39, reçu un franc cinquante centimes. [signature Illisible]]*
<p style="text-align: center">III</p>
1. Mon domaine privé étant ma propriété, dont aucune loi française ne m’a privé, que je sache, le compte en sera demandé au baron de La Bouillerie, qui en est le trésorier. Il doit se monter à plus de 200 000 000 de francs, savoir : 1° le portefeuille contenant les économies que j’ai, pendant 14 ans, faites sur ma liste civile, lesquelles se sont élevées à plus de 12 000 000 de francs par an, [si][^5] j’ai bonne mémoire ; 2° le produit de ce portefeuille ; 3° les meubles de mes palais, tels qu’ils étaient en 1814, les palais de Rome, Florence, Turin compris : tous ces meubles ont été achetés des deniers des revenus de la liste civile ; 4° la liquidation de mes maisons du royaume d’Italie, tels qu’argent, argenterie, bijoux, meubles, écuries ; les comptes en seront donnés par le prince Eugène et l’intendant de la couronne Campagnoni.
Napoléon
<p style="text-align: center"><i>Cinquième page. Debelleyme</i></p>
2<sup>e</sup> feuille
2. Je lègue mon domaine privé moitié aux officiers et soldats qui restent de l’armée française qui ont combattu depuis 1792[^6] à 1815 pour la gloire et l’indépendance de la nation ; la répartition sera faite au prorata des appointements d’activité ; moitié aux villes et campagnes d’Alsace, de Lorraine, de Franche-Comté, de Bourgogne, de l’Ile-de-France, de Champagne, Forez, Dauphiné, qui auraient souffert par l’une ou l’autre invasion. Il sera de cette somme prélevé un million pour la ville de Brienne et un million pour celle de Méry.
J’institue les comtes Montholon, Bertrand et Marchand mes exécuteurs testamentaires.
Ce présent testament, tout écrit de ma propres main, est signé et scellé de mes armes.
Napoléon
[Cachet]
<i>Visé pour pour timbre à Paris 2<sup>e</sup> bureau le vingt-six mars 1853. N° 39. Reçu un franc cinquante centimes et enregistré le même jour f° 30, N° C 7<sup>e</sup> 8<sup>e</sup> 9e<sup>e</sup> et V°, & f° 31. N° C 1<sup>er</sup> à 6.Reçu cinq francs et cinquante centimes de 10<sup>e</sup> [Signé : Illisible] 1,50 + 5,50 = 7,00</i>
<i>Annexé à la minute d'un acte de dépôt reçu par moi, notaire à Paris, soussigné, ce-jourd'hui vingt-six mars mil huit cent cinquante trois. Noël</i>
<p style="text-align: center"><i>Sixième page. Debelleyme</i></p>
<p><i>10 December 1821. Charles Tristan comte de Montholon in the Kingdom of France, the first Executor in this will as contained in this Ppaer now marked n° 1 and in the three Papers Writings hetero annexed and market Etat (A) and Etat (B) with seven codicils thereto also hetero annexed was duly sworn thereto and that the goods chattels and credits of the deceased do not amount in vaue to the sum of six hundred pounds (within the Province od Canterbury)
Before me Stephen Lushington
Surrogate Fox
Power reserved to Henry Gratian comte Bertrand and Louis Marchand The other executors named in The said will.</i></p>
<p>5<sup>th</sup><i>The testator Napoleon Bonaparte was late od the island of Saint Helena and died in May last. Proved at London with seven Codicils 5th August 1824 before the Worshipful Stephen Lushington Doctor of Laws surrogate by the Oath of Charles Tristan Comte Montholon the first named Executor to Whom admistr was granted being first sworn duly administer Power Reseved of making the like grant to Henry Gratian Comte Bertrand And Louis Marchand the other Extors named in the will when they or either of them shall apply for the same.</i></p>
<p style="text-align: center"><i>Septième page. Debelleyme</i></p>
<p style="text-align: center"><b>ÉTAT (a)</b>[^7]</p>
1. Il ne sera vendu aucun des effets qui m’ont servi ; le surplus sera partagé entre mes exécuteurs testamentaires et mes frères.
2. Marchand conservera mes cheveux et en fera un bracelet avec un petit cadenas en or, pour être envoyé à l’Impératrice Marie-Louise, à ma mère et à chacun de mes frères, sœurs, neveux, nièces, au cardinal, et un plus considérable pour mon fils.
3. Marchand enverra une de mes paires de boucles à souliers en or au prince Joseph ;
4. Une petite paire de boucles en or à jarretières au prince Lucien ;
5. Une boucle de col en or au prince Jérôme.
<p style="text-align: center">INVENTAIRE DE MES EFFETS QUE MARCHAND GARDERA POUR REMETTRE À MON FILS</p>
1. Mon nécessaire d’argent, celui qui est sur ma table, garni de tous ses ustensiles, rasoirs, etc.
2. Mon réveille-matin ; c’est le réveille-matin de Frédéric II, que j’ai pris à Postdam (dans le boîte n° III) ;
3. Mes deux montres, avec la chaîne des cheveux de l’Impératrice et une chaîne de mes cheveux pour l’autre montre ; Marchand la fera faire à Paris ;
4. Mes deux sceaux (un de France[^8], enfermé dans la boîte n° III) ;
5. La petite pendule dorée qui est actuellement dans ma chambre à coucher ;
6. Mon lavabo, son pot à eau et son pied ;
7. Mes tables de nuit, celles qui me servaient en France, et mon bidet de vermeil ;
8. Mes deux lits de fer, mes matelas et mes couvertures, s’ils se peuvent conserver ;
9. Mes trois flacons d’argent où l’on mettait mon eau-de-vie, que portaient mes chasseurs en campagne ;
10. Ma lunette de France ;
11. Mes éperons (deux paires) ;
12. Trois boîtes d’acajou n° I, II, III, renfermant mes tabatières et autres objets ;
13. Une cassolette en vermeil.
LINGE DE TOILETTE
6 chemises ;
6 mouchoirs ;
6 cravates ;
6 serviettes ;
6 paires de bas de soie ;
4 cols noirs ;
6 paires de chaussettes ;
2 paires de draps de batiste ;
2 taies d’oreiller ;
2 robes de chambre ;
2 pantalons de nuit ;
1 paire de bretelles ;
4 culottes, vestes en casimir blanc ;
6 madras ;
6 gilets de flanelle ;
4 caleçons ;
6 paires de gants ;
1 petite boîte pleine de mon tabac ;
1 boucle de col en or,
1 paire de boucles à garnitures en or,
1 paire de boucles en or à souliers, [ces trois derniers objets] renfermés dans la petite boîte n° III.
HABILLEMENT
1 uniforme de chasseur,
1 idem de grenadier,
1 idem de garde national ;
2 chapeaux ;
1 capote grise et verte ;
1 manteau bleu (celui que j’avais à Marengo) ;
<p style="text-align: center"><i>Huitième page. Debelleyme</i></p>
1 zibeline petite veste ;
2 paires de souliers,
2 paires de bottes,
1 paire de pantoufles ;
6 ceinturons.
Napoléon
<i>Annexé à la minute d'un acte de dépôt. Reçu par le notaire de Paris, soussigné, aujourd'hui vingt-six mars mille huit cent cinquante-trois. Noël Signé et paraphé par nous, Président du Tribunal selon Notre procés-veral de ce jour Paris, le vingt-six mars 1853. Debelleyme
Visé pour timbre à Paris, 2<sup>e</sup> bureau, le vingt-six mars 1853, n° 39
Reçu un franc cinquante centimes et enregistré le même jour f° 31, N° C. 6
Reçu cinq francs et cinquante centimes de 10<sup>e</sup>. [Signé : illisible] 1,50 + 5,50 = 7,00</i>
<p style="text-align: center"><i>Neuvième page. Debelleyme</i></p>
<p style="text-align: center"><b>ÉTAT (A) JOINT Á MON TESTAMENT[^9]</b></p>
Longwood, isle de Ste-Hélène, le 15 avril 1821
<p style="text-align: center">I</p>
1. Les vases sacrés qui ont servi à ma chapelle à Longwood.
2. Je charge l’abbé Vignali de les garder, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.
<p style="text-align: center">II</p>
1. Mes armes, savoir : mon épée, celle que je portais à Austerlitz, le sabre de Sobieski ; mon poignard, mon glaive, mon couteau de chasse, mes deux paires de pistolets de Versailles.
2. Mon nécessaire d’or, celui qui m’a servi le matin d’Ulm, d'Austerlitz, d’Iéna, d’Eylau, de Friedland, de l’île Lobau, de la Moskowa, de Montirail ; sous ce point de vue, je désire qu’il soit précieux à mon fils ; le comte Bertrand en est dépositaire depuis 1814.
3. Je charge le comte Bertrand de soigner et conserver ces objets, et de les remettre à mon fils lorsqu’il aura seize ans.
<p style="text-align: center">III</p>
1. Trois petites caisses d’acajou, contenant, la première, trente-trois tabatières ou bonbonnières ; la deuxième, douze boîtes aux armes impériales, deux petites lunettes et quatre boîtes trouvées sur la table de Louis XVIII, aux Tuileries, le 20 mars 1815 ; la troisième, trois tabatières ornées de médailles d’argent, à l’usage de l’Empereur, et divers effets de toilette, conformément aux états numérotés I, II, III ;
2. Mes lits de camp dont j’ai fait usage dans toutes mes campagnes ;
3. Ma lunette de guerre ;
4. Mon nécessaire de toilette, un de chacun de mes uniformes,une douzaine de chemises, et un objet complet de chacun de mes habillements et généralement de tout ce qui sert à ma toilette ;
5. Mon lavabo ;
6. Une petite pendule qui est dans ma chambre à coucher de Longwood ;
7. Mes deux montres et la chaîne de cheveux de l’Impératrice ;
8. Je charge Marchand, mon premier valet de chambre, de garder ces objets, de les remettre à mon fils lorsqu’il aura seize ans.
<p style="text-align: center">IV</p>
1. Mon médaillier ;
2. Mon argenterie et ma porcelaine de Sèvres dont j’ai fait usage à Sainte-Hélène (états B et C)
3. Je charge le comte Montholon de garder ces objets, et de les remettre à on fils quand il aura seize ans.
<p style="text-align: center">V</p>
1. Mes trois selles et brides, mes éperons qui m’ont servi à Sainte-Hélène ;
2. Mes fusils de chasse au nombre de cinq ;
3. Je charge mon chassseur Noverraz de garder ces objets, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.
<p style="text-align: center">VI</p>
1. Quatre cents volumes choisis de ma bibliothèque parmi ceux qui ont le plus servi à mon usage ;
2. Je charge Saint-Denis de les garder, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.
Napoléon
<i>Dans la marge : Visé pour timbre à Paris 2e bureau le vingt-six mars 1853, n° 39, reçu un franc cinquante centimes. [Signé : illisible]
Enregistré le même jour, f° 31. N° C. 7, reçu cinq francs et cinquante centimes de 10<sup>e</sup>. [Signé : illisible] 1,50 + 5,50 = 7,00</i>
<i>Signé et paraphé par nous, Président du Tribunal selon notre procè-verbal de ce jour. Paris le vingt-six mars 1853. Debelleyme
Annexé à la minute d'un acte de dépôt reçu par le notaire à Paris, soussigné, cejourd'hui vingt-six mars mil huit cent cinquante-trois. Noël</i>
<p style="text-align: center">Dixième page [blanche]. Debelleyme</p>
<p style="text-align: center">Onzième page [blanche]. Debelleyme</p>
<i>Dans la marge : Annexé à la minute d'un acte de dépôt par moi, notaire à Paris, soussigné, ce-jourd'hui vingt six mars mil huit cent cinquante trois. Noël
Signé et paraphé par nous, Président du Tribunal selon notre procès-verbal de ce jour. Paris, vingt six mars 1853. Debelleyme</i>
<p style="text-align: center">ÉTAT (B)[^10]</p>
<p style="text-align: center">Inventaire des effets que l'ai laissé chez monsieur le comte de Turenne[^11]</p>
1 sabre de Sobieski (c’est par erreur qu’il est porté sur l’état A ; c’est le sabre que l’Empereur portait à Aboukir qui est entre les mains de M. le comte Bertrand) ;
1 grand collier de la Légion d’honneur ;
1 épée en vermeil ;
1 glaive de consul ;
1 épée en fer ;
1 ceinturon de velours ;
1 collier de la Toison d’or ;
1 petit nécessaire en acier ;
1 veilleuse en argent ;
1 poignée de sabre antique ;
1 chapeau à la Henri IV et ma toque ;
Les dentelles de l’Empereur ;
1 petit médaillier ;
2 tapis turcs ;
2 manteaux de velours cramoisi brodés, avec vestes et culottes.
1° Je donne à mon fils : le sabre de Sobieski, le collier de la Légion d’honneur, l’épée en vermeil, le glaive de consul, l’épée en fer, le collier de la Toison d’or, le chapeau à la Henri IV et la toque ; le nécessaire d’or pour les dents, resté chez le dentiste.
2° A l’Impératrice Marie-Louise mes dentelles ;
A Madame, la veilleuse en argent ;
Au cardinal, le petit nécessaire en acier ;
Au prince Eugène, le bougeoir en vermeil ;
A la princesse Pauline, le petit médaillier ;
A la reine de Naples, un petit tapis turc ;
A la reine Hortense, un petit tapis turc ;
Au prince Jérôme, la poignée de sabre antique ;
Au prince Joseph, un manteau brodé, veste et culottes ;
Au prince Lucien, un manteau brodé, veste et culottes.
Napoléon
<I>Visé pour timbre à Paris, 2<sup>e</sup>sup> bureau, le vingt-six mars 1853, n° 39, reçu un franc cinquante centimes. Enregistré le même jour f° 31, N° C. 8, reçu cinq francs et cinquante centimes de 10e. [Signé : illisible] 1,50 + 5,50 = 7,00</i>
<p style="text-align: center">Douzième page [blanche] Debelleyme</p>
<p style="text-align: center">Treizième page [blanche] Debelleyme</p>
<p style="text-align: center">Quatorzième page [enveloppe] Debelleyme</p>
Ceci est mon testament écrit tout entier de ma propre main.
Napoléon
Signé de Bertrand, Montholon, Marchand, Vignali
<p><i>Le testament, les cinq codicilles et les deux lettres y annexées, déposées jusqu'à ce jour aux archives de la cour de Cantorbéry, ont été remis ce-jourd'hui 16 mars 1853 par Mr le comte de Clarendon principal secrétaire d'état de S.M.B. à Mr le comte Colonna Walewski, ambassadeur de S.M. l'Empereur Napoléon III, près de S.M. la reine Victoria. En foi de quoi, j'ai signé ainsi que suit. Fait à Londres, le 16 mars 1853. A.Walewski
Enregistré à Paris, 2e bureau, le vingt-six mars 1853, f° 52. N. C. 3 & 4, reçu deux francs et vingt centimes de dixième. [Signé : illisible] 2-20</i>
</p>
<p style="text-align: center"><b>État (b) Argenterie et (c) (vermeil et porcelaine)</b>[^12]</p>
<table>
<tr><td>Quatre-vingt-seize assiettes à palmettes à couteau, hors de service</td><td>Quatre-vingt-treize cuillères, hors de service</td></tr>
<tr><td></td><td>Quatre-vingt-deux fourchettes, hors de service</td></tr>
<tr><td>Dix-sept assiettes à palmettes à soupe, hors de service</td><td>Quarante-sept cuillères à café</td></tr>
<tr><td>Quatre-vingt-seize assiettes de campagne à couteau</td><td>Huit cuillères à ragoût</td></tr>
<tr><td>Vingt-trois assiettes de campagne à soupe</td><td>Deux cuillères à potage</td></tr>
<tr><td>Six plats ovales</td><td>Douze bols à crème avec couvercles et fonds, hors de service</td></tr>
<tr><td>Six plats d'entrée</td><td>Quinze timbales</td></tr>
<tr><td>Vingt plats d'entremets</td><td>Un réchaud à esprit de vin</td></tr>
<tr><td>Deux plats de relevé</td><td>Deux sceaux à vin</td></tr>
<tr><td>Trois boules ovales</td><td>Un plateau</td></tr>
<tr><td>Huit boules d'entremets</td><td>Quatre cafetières, dont deux hors de service</td></tr>
<tr><td>Trois cloches ovales</td><td>Un pot à lait</td></tr>
<tr><td>Deux soupières et couvercles</td><td>Deux sucriers hors de service</td></tr>
<tr><td>Quatre casseroles et couvercles, hors de service</td><td>Deux chocolatières dont un hors de service</td></tr>
<tr><td>Deux saucières sans plateaux</td><td>Une pince à sucre</td></tr>
<tr><td>Dix-huit plateaux à bouteilles</td><td>Une truelle à poisson</td></tr>
<tr><td>Huit salières</td><td>Deux bouteilles, hors de service</td></tr>
<tr><td>Deux moutardiers</td><td>Quatre girandoles de table dont deux brisées</td></tr>
<tr><td>Deux huiliers</td><td>Trois flacons à eau de vie</td></tr>
<tr><td>Une écuelle et son couvercle, hors de service</td><td></td></tr>
<tr><td>Deux fonds d'entremets</td><td></td></tr>
<tr><td>Trente-quatre couteaux, hors de service</td><td></td></tr></table>
<p style="text-align: center">Vermeil</p>
<table>
<tr><td>Vingt-huit fourchettes</td><td>Une cuillère à punch</td></tr>
<tr><td>Vingt-sept cuillères</td><td>Huit cuillères à sel</td></tr>
<tr><td>Vingt-neuf couteaux</td><td>Une cuillère à moutarde</td></tr>
<tr><td>Trente-deux cuillères à café</td><td>Deux cafetières</td></tr>
<tr><td>Six cuillères à compote</td><td>Une chocolatière</td></tr>
<tr><td>Deux cuillères à sucre</td><td>Deux porte-à-boire</td></tr>
</table>
<p style="text-align: center">État (c) Porcelaine</p>
<table>
<tr><td>Cinquante-quatre assiettes de porcelaine de Sèvres pour dessert[^13]</td><td>Six assiettes en couteaux</td></tr>
<tr><td>Huit compotiers dont quatre cassés</td><td>Deux glacières cassées</td></tr>
<tr><td>Quatre bouts de table en mauvais état</td><td>Vingt-et-une tasse[^14]</td></tr>
<tr><td>Douze assiettes à soupes dont parties écornées</td><td>Vingt soucoupes</td></tr>
</table>
<p style="text-align: center">État des boîtes que Marchand remettra à mon fils</p>
<p style="text-align: center">I</p>
La première des boites (n° 1) est à double fond, a 15 pouces de long et contient 19 tabatières. Le fond contient quatorze tabatières. Total des tabatières du n° 1 = 33.
1. La Sagesse de Scipion (donnée par le pape Pie VII à l'Empereur lors du Couronnement).
2. Le roi de Rome enfant (tabatière dont l'empereur a fait usage pendant plusieurs années).
3. Portrait de l'impératrice Joséphine, première femme de l'empereur Napoléon.
4. Tabatière ovale long, contenant quatre médailles où se trouve Jules César (L'empereur s'est souvent servi d cette tabatière).
5. Tabatière ornée du portrait du roi et de la reine de Westphalie.
6. Petite boîte à cure-dents ornée d'un portrait de Madame.
7. Tabatière quarrée [<i>sic</i>] ornée d'un camée, portrait de Madame fort ressemblant.
8. Tabatières quarrées [<i>sic</i>] ornées de cinq médailles du moyen âge.
9. Boîte à odeur.
9 <i>bis</i> Bonbonnière ornée du portrait de la reine de Naples, sœur de l'empereur.
10. Tabatière ronde. 4 portraits : l'impératrice Joséphine, le prince Eugène, la reine Hortense et le roi de Hollande.
11. Tabatière ovale ornée de trois médailles parmi lesquelles se trouvent celle de César. L'Empereur s'est souvent servi de cet tabatière).
12. Fédération de Milan ou création d la République cisalpine en 1797.
12 <i>bis</i> Tabatière quarrée [<i>sic</i>] ornée d'une agate.
13. Tête d'Alexandre, camée Antique.
14. Auguste et Livie, camée Antique (le seul qui existe).
15. Tabatière ornée d'un camée portrait de l'Empereur.
16. Portrait de Turenne
17. Tabatière ornée de permes offrant une vue de Laeken.
<p style="text-align: center">Second fond</p>
1. Paul I<sup>er</sup>, empereur de Russie.
2. Plan de Vienne.
3. Deux portraits des deux nièces de l'empereur, filles du roi Joseph.
4. Paysage en mosaïque.
5. Charlemagne.
6. Bataille de Marengo (donné par la ville de Dieppe).
7. Bonbonnière ornée du portrait de Madame.
8. Portrait du roi Joseph, frère aîné de l'empereur.
9. Boîte d'or enrichie de diamants (donnée à l''empereur par l'empereur de Perse).
10. Frédéric le Grand à Potsdam.
11. Une tête d'Alexandre (la seule qui existe).
12. Une boîte Pierre de lave avec trois médailles.
13. Le roi de Rome enfant priant Dieu pour la France et son père.
14. Portrait de l'impératrice Marie-Louise, tabatière que portait souvent l'empereur.
Dans plusieurs de ces boîtes, il existe des décorations de la Légion d'honneur, de la Couronne de fer, et de la Réunion que portait l'empereur ; et une grande croix de la Légion d'honneur. Napoléon
<p style="text-align: center">II</p>
<p style="text-align: center">Deuxième boîte</p>
12 boîtes aux armes impériales.
2 petites lunettes dont se servait l'empereur à l'armée.
Une boîte en Pierre de Russie ornée d'un portrait.
Une boîte en ivoire.
Une boîte offrant une chasse à Fontainebleau.
Une boîte d'or avec un paysage en ivoire.
Napoléon
<p style="text-align: center">III</p>
<p style="text-align: center">Troisième boîte</p>
1. Trois tabatières dont se servait l'empereur à Sainte-Hélène, savoir :
a. Une tabatière ornée de 4 médailles d'argent,
b. Une tabatière ornée de 2 médailles d'argent,
c. Une tabatière ornée de 3 médailles d'argent.
2. Deux ordres de la Légion d 'honneur.
3. Une paire de boucles d souliers dont se servait l’empereur à Sainte-Hélène.
4. Une boucle de col en or.
5. Une petite paire de boucles à jarretières.
6. Une bonbonnière en écaille [<i>sic</i>].
7. Une grosse montre d'argent (cette montre se mettait dans la voiture de l'empereur en campagne) et une chaîne en or.
8. Une petite lorgnette du nombre de celles dont se servait l'empereur à l'armée.
9. Deux petits cachets aux armes de France.
Napoléon
[^1]: Mention absente du document ajoutée pour la transcription.
[^2]: Archives nationales, AE-I-23-21a.
[^3]: Ce passage sur le duc d'Enghien a été ajouté dans un second temps.
[^4]: Écriture plus appuyée.
[^5]: Lacune liée au cachet.
[^6]: Surcharge, un 8 transparait sous le 7.
[^7]: Archives nationales, AE-I-23-21a. Cet état a été rédigé par Marchand.
[^8]: Biffé : "celui d'Italie".
[^9]: Archives nationales, AE-I-23-21a.
[^10]: Archives nationales, AE-I-23-21a.
[^11]: D'autres effets non répertoriés avaient été mis en dépôt chez le comte de Turenne : l'habit de général de division porté à Marengo, une redingote grise, une robe de chambre, un ceinturon.
[^12]: Bibliothèque Thiers, papiers Marchand, ms Masson 21 ; Archives nationales, fonds Murat, 31 AP/28.
[^13]: Service dit "des Quartiers généraux".
[^14]: Cabaret à café dans le goût égyptien. |
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