testa_Napoléon

nomtesta_Napoléon
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titre (fr)Testament de Napoléon
titre (en)Napoleon's will
description (fr)Le testament de Napoléon rédigé à Sainte-Hélène est composé d’une série de documents conservés dans l’Armoire de fer des Archives nationales. Napoleonica en propose une transcription au plus prêt des originaux.
description (en)Napoleon's will drawn up in Saint Helena is made up of a series of documents kept in the Iron Cabinet of the National Archives. Napoleonica offers a transcription as close to the originals as possible.
contenu de la page de présentation en markdown (fr)# Le testament de Napoléon ## Fiche signalétique de la collection | Intitulé | Testament olographe de Napoléon | |----------|-------------------------------------------------| | Date | Avril 1821| | Producteur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;| Napoléon | |Importance matérielle| 13 documents | | Aperçu du contenu | Le testament de Napoléon est composé d’une série de documents principalement conservés dans « l’armoire de fer » des Archives nationales sous la cote : AE/I/13/21. Il est complété de documents épars, originaux ou copies, conservés aux Archives nationales (fonds Murat), la Bibliothèque Thiers (Papier Marchand, Ms 21) ou en collection privée. | | Remarques sur la description | Conservé dans l’Armoire de fer des Archives nationales, le document principal n’est pas accessible. Numérisé, il est consultable sur la base Archim des Archives nationales. | <a href="https://www.napoleonica.org/fr/collections/testa_Napol%C3%A9on/search?page=0&pageSize=20">Voir les documents</a> ## Description détaillée ### Composition Le testament de Napoléon est composé d’une série de documents principalement conservés dans l’Armoire de fer des Archives nationales sous la cote : AE/I/13/21. Ce document principal est complété de documents éparses, originaux ou copies, conservés notamment aux Archives nationales (fonds Murat), la Bibliothèque Thiers (Papier Marchand, Ms 21) ou en collection privée. L’ensemble testimonial complet se compose des documents suivants : 1 – Le **testament** en tant que tel, paginé 1 à 14 en 1853 : <a href="http://www2.culture.gouv.fr/Wave/image/web/archim/pagination.php?ref=AF-02892&page=1" target="_blank">Archives nationales, AE/I/13/21a</a>. Il est entièrement autographe, signé, cacheté et daté de Longwood le 15 avril 1821. Il comprend trois états (a, A et B) de la main de Marchand, valet de chambre de Napoléon. Paraphé par l’Empereur, ils donnent l’inventaire d’une partie des objets appartenant à Napoléon à Sainte-Hélène. Des états B (argenterie) et C (porcelaines) ne sont plus conservés avec le document principal des Archives nationales. Ils sont connus par des copies : Bibliothèque Thiers, Papiers Marchand, ms Masson 21 ; Archives nationales Fonds Murat, 31AP/28. Des inventaires des boîtes (tabatières) numérotés I, II et III, dictés le même jour, y étaient annexés. Absents de l’ensemble conservé aux Archives nationales, ils sont connus par des copies : Fonds Murat, 31AP/28 <div class="large-image"> ![Signature de Napoléon sur son testament](./images/Testa_Napo_detail.jpg) _Détail du testament de Napoléon, AN, AE-I-23-21a ©Archives nationales_ </div> 2 – Le **premier codicille**, paginé 15 à 18 en 1853 : <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06370" target="_blank">AN, AE/I/13/21b</a>. Il est entièrement autographe, signé cacheté et daté de Longwood le 16 avril 1821. Il représente les seules volontés destinées à être communiquées aux Anglais. 3 – Le **second codicille**, paginé 1 et 2 : <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06371" target="_blank">AN, AE/I/13/21c</a>. Il est entièrement autographe, signé cacheté et daté de Longwood le 16 avril 1821. Complément du premier codicille, cet acte réservé aux exilés français prescrit l’ouverture du testament en Europe, et institue pour exécuteurs testamentaires Montholon, Bertrand et Marchand. 4 – Le **troisième codicille**, paginé 29 à 32 en 1853 : <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06372" target="_blank">AN, AE/I/13/21d</a>. Il est écrit le 21, 22 ou 23 avril, cette pièce est autographe, cachetée et datée du 24 avril. Il dispose de l’avoir de l’Empereur sur les diamants de la couronne et ses revenus sur l’île d’Elbe. 5 – Le **quatrième codicille**, pagine 33 à 36 en 1853 : <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06373" target="_blank">AN, AE/I/13/21e</a>. Écrit le 21, le 22 ou le 23, cette pièce est autographe, cachetée et datée du 24 avril. Il contient des legs aux personnes qu’il a connues au début de sa carrière, prévoit des frais de succession et la nomination d’un trésorier. Ce document a perdu l’enveloppe dans laquelle il était scellé. 6 – Le **codicille (cinquième) disposant des fonds remis à l'impératrice Marie-Louise** : <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06374 " target="_blank">AN, AE/I/13/21f</a>, paginé 37 à 40 en 1853. Écrit entre le 21 et le 24 avril, il est autographe, signé et daté du 24. 7 – Le **codicille (sixième) disposant des fonds de la liste civile d'Italie aux mains d'Eugène de Beauharnais** : <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06375" target="_blank">AN, AE/I/13/21g</a>, paginé 19 à 28 en 1853, les nos 20 et 27 ont été omis par erreur. Écrit entre le 21 et le 24, il est autographe signé et daté du 24 avril. 8 – Le **septième codicille** dont l’existence est attestée par les témoins, a été écrit entre le 23 et le 25. Il était autographe et les 5<sup>e</sup> et 6<sup>e</sup> codicilles font allusion à certaines dispositions de ce document. Son texte est connu par des copies notamment celles du fonds Murat aux Archives nationales (31AP/28). Il renferme les legs de conscience et devait rester secret. Son existence est attestée jusqu’en 1825, il aurait été détruit par la suite. Seule l’enveloppe semble avoir subsisté et a été acquise par les Archives nationales, elle est conservée sous la côte <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06376 " target="_blank">AE/I/13/21h</a>. 9 – Le **huitième codicille**, écrit par l’Empereur le 29 et antidaté du 27. Il est en partie de sa main jusqu’au quatrième paragraphe. Les articles 5 à 7, et les trois derniers mots de l’article 2, sont écrits par Montholon qui ne peut le faire signer à Napoléon. Au sortir de la rédaction, il le montre au grand maréchal Bertrand, mais conserve le document et l’emporte en Angleterre. Le document jamais adjoint aux liasses principales reste par la suite en main privée. En juin 1938, il passe en vente à Londres chez Sotheby’s qui le propose aux Archives nationales qui ne peuvent l’acquérir. Une photographie du document est publiée par Jean Savant en 1951. Vendu à nouveau dans les années 1970, il est depuis en collection privée. 10 – Le **neuvième codicille**. Dicté à Marchand le 29 avril au soir, le texte est écrit au dos d’une carte à jouer (roi de cœur) qui a été coupée. Conservé par le fidèle valet, le texte dispose d’un leg pour le duc de Reichstadt. Conservé en collection privée, ce document a été exposé pour la première fois en 2021 aux Invalides : Napoléon n’est plus (mars septembre 2021) et a été reproduit dans le catalogue : Gallimard, Paris, 2021, p. 40. 11 – **Instructions pour les exécuteurs testamentaires** : <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr" target="_blank">AN, AE/I/13/21i</a>, paginées 1 et 2. Dictées à Marchand entre le 22 et le 25 avril 1821, elles sont rédigées par le valet de chambre, signées de Napoléon et datées du 26 avril. 12 – **Lettre à Laffitte**, Banquier de l’Empereur (AN, AE/I/13/21k), rédigée par Montholon, recopiée par Marchand le 29, et signée par Napoléon ce jour en antidatant du 25 avril. 13 - **Lettre au baron La Bouillerie**, trésorier du domaine privé de l’Empereur (AN, AE/I/13/21j), rédigée par Montholon, recopiée par Marchand le 29, et signée par Napoléon ce jour en antidatant du 25 avril. ### Description physique Napoléon écrit sur le papier en usage à Sainte-Hélène. Celui utilisé pour le testament est filigrané *J. WHATMAN 1819 BALSTON & Co*. Le testament, et les deux premiers codicilles, qui devaient être ouverts à Sainte-Hélène, sont scellés de rubans rouges. Les 6 autres plis ont été cachetés et scellés de vert. Sur chacune des liasses, les exécuteurs testamentaires présents à Sainte-Hélène (Bertrand, Montholon, Marchand) ont apposé leurs paraphes et leurs cachets, l’abbé Vignali a été également invité à signer. L'ordre de succession des documents, en particulier des codicilles, respecte le classement établi par les Archives nationales lui-même suivant l’ordre établi par le tribunal de la Seine lors de son enregistrement en 1853, qui respectent l’ordre donné par Montholon lors du dépôt près de l’enregistrement au « Doctors' Commons » (ou Prerogative Court of Canterbury) à Londres. ## Historique de la conservation Les différentes pièces qui forment le testament de Napoléon ont été rédigées entre le 11 et le 29 avril 1821. Signées et cachetées par les exécuteurs testamentaires, les documents sont confiés à Louis Marchand, valet de chambre, jusqu’au décès de l’Empereur le 5 mai à 5 h 49 du soir. Dans la soirée, Marchand remet au comte de Montholon, exécuteur principal, tous les documents dont il avait la garde. Après avoir dressé procès-verbal, le second codicille est ouvert. Le premier codicille est ouvert le 12 mai par Hudson Lowe. Les autres plis sont ouverts par Montholon, en présence des exécuteurs, le 25 juillet à bord du <i>Camel</i> qui ramène la petite communauté vers l’Europe. Á son arrivée en France en octobre, Montholon fait dresser des copies pour le Tribunal de Seine et fait timbrer à l’enregistrement, le 2 novembre, la lettre à Laffitte. Sur les conseils de Cambacérès, le 10 décembre 1821, il fait certifier le tout (moins le 8<sup>e</sup> codicille) au Prerogative Court of Canterbury (également Doctors' Commons), à Londres, où les personnes décédées à l’étranger doivent faire enregistrer et valider leurs testaments, et dont relève Sainte-Hélène. Les 8<sup>e</sup> et 9<sup>e</sup> codicilles ne seront jamais officialisés et se détachent de l’ensemble dès ce moment. Á son arrivé sur le trône, Napoléon III sollicite la reine Victoria, par le comte Alexandre Colonna-Walewski, fils naturel de Napoléon et ambassadeur à Londres, les pièces composant les dernières volontés de l’Empereur déposées à Londres (Testament, codicilles 1, 3 à 6 et les deux lettres). Elles sont remises à Walewski le 16 mars 1853 par Lord Clarendon, ministre des affaires étrangères britannique, et ramenées à Paris. Dix jours plus tard (le 26 mars), les feuilles sont déposées au Tribunal de la Seine, numérotées et paraphées par son président, Debeylleme. Les pièces sont visées le même jour pour timbre, et annexées à la minute d’un acte de dépôt chez le notaire de l’Empereur, Casimir Noël. Deux pièces manquantes (2<sup>e</sup> codicille et les Instructions) rejoignent les premiers documents en juin et juillet. Le sort du 7<sup>e</sup> codicille est inconnu, attesté jusqu’en 1825 il disparait par la suite. Après l’acquittement définitif des legs entre 1853 et 1859, par une lettre du 28 avril 1860, Napoléon III dépose entre les mains du comte de Laborde, directeur général des Archives de l’Empire le testament de Napoléon I<sup>er</sup>. Il est conservé depuis dans l’Armoire de fer. ## Conditions d’accès et d’utilisation Conservé dans l’Armoire de fer des Archives nationales les documents originaux ne sont pas accessibles au public. Les documents ont été numérisés et sont consultables sur la base <a href="http://www2.culture.gouv.fr/documentation/archim/dossiers.htm" target="_blank">Archim</a> des Archives nationales. [^1]: Située à Londres cette juridiction à le rôle de certifier les testaments des personnes décédées hors du sol britannique. <div class="large-image"> ![Testament de Napoléon](./images/Testa_Napo_p5.jpg) _Détail du testament de Napoléon, AN, AE-I-23-21a ©Archives nationales_ </div> *Mise en ligne : juillet 2022*
contenu de la page de présentation en markdown (en)# The will of Napoleon ## Data sheet of the collection | Title | Holograph will of Napoleon | |----------|-------------------------------------------------| | Date | April 1821| | Producer &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;| Napoleon | | Physical size | 13 documents | | Content overview | Napoleon's will is composed of a series of documents mainly preserved in the "Iron Cabinet" of the French Archives Nationales under the shelfmark: AE/I/13/21. It is completed by scattered documents, originals or copies, kept in the French Archives Nationales (Fond Murat), the Bibliothèque Thiers (Papiers Marchand, Ms 21) and in private collections. | | Notes on the description | Since it is preserved in the “Iron Cabinet” of the French National Archives, the principal document is not accessible. It has been digitized and can be consulted on the Archim database of the French National Archives. | <a href="https://www.napoleonica.org/fr/collections/testa_Napol%C3%A9on/search?page=0&pageSize=20">See the documents</a> ## Detailed description ### Composition Napoleon's will is composed of a series of documents mainly preserved in the “Iron Cabinet” of the French Archives Nationales under the shelfmark AE/I/13/21. This main document is completed by scattered documents, originals or copies, preserved in particular in the French Archives Nationales (Fonds Murat), the Bibliothèque Thiers (Papiers Marchand, Ms 21) and in private collections. The complete testimonial ensemble comprises the following documents: 1 - The **last will and testament** as such, paginated 1 to 14 in 1853 (<a href="http://www2.culture.gouv.fr/Wave/image/web/archim/pagination.php?ref=AF-02892&page=1" target="_blank"> Archives nationales, AE/I/13/21a</a>). It is entirely autograph, signed, sealed and dated Longwood the 15<sup>th</sup> of April, 1821. There are three “états” (a, A and B) in the hand of Marchand, Napoleon's valet de chambre. Initialled by the Emperor, these give an inventory of some of the objects belonging to Napoleon on St. Helena. “États” B (silverware) and C (porcelain) are no longer kept with the main document in the French Archives Nationales. They are known through copies: Bibliothèque Thiers, Papiers Marchand, ms Masson 21; French Archives Nationales Fonds Murat, 31AP/28. Inventories of the boxes (snuffboxes) numbered I, II and III, dictated the same day, were annexed to it. Absent from the set preserved in the National Archives, they are known by copies. <div class="large-image"> ![The will of Napoleon](./images/Testa_Napo_detail.jpg) _The will of Napoleon, detail, AN, AE-I-23-21a ©Archives nationales_ </div> 2 - The **first codicil**, paginated 15 to 18 in 1853 (<a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06370" target="_blank">AN, AE/I/13/21b</a>). It is entirely autograph, signed, sealed and dated at Longwood on the 16<sup>th</sup> of April, 1821. It represents the only will intended to be communicated to the British. 3 - The **second codicil**, paginated 1 and 2 (<a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06371" target="_blank">AN, AE/I/13/21c</a>). It is entirely autograph, signed, sealed and dated at Longwood on the 16<sup>th</sup> of April, 1821. This document reserved for the French exiles is a complement of the first codicil and prescribes the opening of the will in Europe, and institutes as executors Montholon, Bertrand and Marchand. 4 - The **third codicil**, paginated 29 to 32 in 1853 (<a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06372" target="_blank">AN, AE/I/13/21d</a>). It is entirely autograph, written on the 21st, 22nd or 23rd of April, sealed and dated the 24<sup>th</sup> of April. It disposes of the Emperor's holdings on the crown diamonds and his income on the island of Elba. 5 – The **fourth codicil**, pages 33 to 36 in 1853 (<a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06373" target="_blank">AN, AE/I/13/21e</a>). It is entirely autograph, written on the 21st, 22nd or 23rd, sealed and dated the 24<sup>th</sup> of April. It contains bequests to people Napoleon knew early in his career, provides for estate expenses, and the appointment of a treasurer. This document has lost the envelope in which it was sealed. 6 - The **codicil (fifth) disposing of the funds remitted to the empress Marie-Louise** (<a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06374 " target="_blank">AN, AE/I/13/21f</a>), paginated 37 to 40 in 1853. It is entirely autograph, written between 21<sup>st</sup> and 24<sup>th</sup> of April, signed and dated the 24<sup>th</sup>. 7 - The **codicil (sixth)** disposing of the funds of the civil list of Italy in the hands of Eugene de Beauharnais (<a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06375" target="_blank">AN, AE/I/13/21g</a>), paginated 19 to 28 in 1853, nos. 20 and 27 have been omitted by mistake. It is entirely autograph, written between the 21<sup>st</sup> and 24<sup>th</sup>, signed and dated 24<sup>th</sup> of April. 8 - The **seventh codicil**, whose existence is attested by the witnesses, was written between the 23<sup>rd</sup> and the 25<sup>th</sup>. According to the witnesses, it was entirely autograph, signed and dated; the 5<sup>th</sup> and 6<sup>th</sup> codicils allude to certain provisions of this lost codicil. The text is known by copies, in particular that in the Fonds Murat at the French National Archives (31AP/28). It contained the ‘legs de conscience’ and was to remain secret. Its existence is attested until 1825; it would appear to have been destroyed thereafter. Only the envelope seems to have survived and was acquired by the National Archives, it is held under the shelfmark <a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AF-06376 " target="_blank">AE/I/13/21h</a>. 9 - The **eighth codicil**, written by the Emperor on the 29<sup>th</sup> and backdated to the 27<sup>th</sup>. It is partly in his hand until the 4<sup>th</sup> paragraph. Articles 5 to 7, and the last three words of article 2, were written by Montholon who was unable to make Napoleon sign it. After drafting it, he showed it to the Grand Marshal Bertrand, but kept the document and took it to England. The document, never added to the main bundles, remained in private hands. In June 1938, it was sold in London at Sotheby's, who offered it to the French National Archives, which was unable to acquire it. A photograph of the document was published by Jean Savant in 1951. It was sold again in the 1970s and has been in a private collection ever since. 10 - The **ninth codicil**. The text was dictated to Marchand on the evening of the 29<sup>th</sup> of April and written on the back of a playing card (king of hearts) which has been cut. Kept by the faithful valet, the text bears a bequest for the duke of Reichstadt. This document was kept in a private collection and exhibited for the first time in 2021 at the Invalides: Napoléon n'est plus (March-September 2021) and was reproduced in the catalogue: Paris, Gallimard, 2021, p. 40. 11 - **Instructions for testamentary executors** (<a href="http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr" target="_blank">AN, AE/I/13/21i</a>), paginated 1 and 2. These instructions were dictated to Marchand between the 22<sup>nd</sup> and 25<sup>th</sup> of April, 1821 and written by the valet de chambre, signed by Napoleon and dated the 26<sup>th</sup> of April 26. 12 - **Letter to Laffitte**, the Emperor’s Banker (AN, AE/I/13/21k), written by Montholon, recopied by Marchand on the 29<sup>th</sup>, and signed by Napoleon on that day but backdated to the 25<sup>th</sup> of April. 13 - **Letter to baron La Bouillerie**, treasurer of the Emperor's private domain (AN, AE/I/13/21j), written by Montholon, copied by Marchand on the 29<sup>th</sup>, and signed by Napoleon that day but backdated to the 25<sup>th</sup> of April. ### Physical Description Napoleon dictated a first version and copied that first version on the paper used at St. Helena. That used for the will is watermarked J. WHATMAN 1819 BALSTON & Co. The will, and the first two codicils, which were to be opened on St. Helena, are sealed with red ribbons. The other 6 codicils were sealed with green. On each of the bundles of paper, the executors present at Saint Helena (Bertrand, Montholon, Marchand) marked their initials and affixed their seals, the abbé Vignali was also invited to sign. The order of the documents, in particular the codicils, respects the classification established by the French National Archives, itself established according to the order set by the tribunal of the Seine at the time of its registration in 1853, which respects the order given by Montholon at the time when the will was proved at the "Doctors’ Commons" (society of lawyers practising civil (as opposed to common) law at which wills could be registered) in London[^1] ## History of the conservation The various documents that make up Napoleon's will were drawn up between the 11<sup>th</sup> and 29<sup>th</sup> of April, 1821. Signed and sealed by the executors, the documents were entrusted to Louis Marchand, valet de chambre, until the Emperor's death on the 5<sup>th</sup> of May at 5.49 pm. That evening, Marchand handed over all the documents in his custody to the count of Montholon, the principal executor. After drawing up the minutes, the second codicil was opened. The first codicil was opened on the 12<sup>th</sup> of May by Hudson Lowe. The other codicils were opened by Montholon, in the presence of the executors, on the 25<sup>th</sup> of July aboard The Camel which was taking the exiles back to Europe. Upon his arrival in France in October, Montholon had copies made for the Tribunal de Seine and had the letter to Laffitte stamped for registration on the 2nd of November. On the advice of Cambacérès, on the 10<sup>th</sup> of December, 1821, he deposited the whole (apart from the 8<sup>th</sup> codicil) at the "Doctors’ Commons" (society of lawyers practising civil (as opposed to common) law at which wills could be registered) in London[^2]. The 8<sup>th</sup> and 9<sup>th</sup> codicils were never to be officialised and were detached from the whole from this moment. Upon his arrival to the throne, Napoleon III asked Queen Victoria, through Count Alexandre Colonna-Walewski, Napoleon's natural son and ambassador in London, for the documents that made up the Emperor's last will and testament, which had been deposited at the Prerogative Court of Canterbury[^3] in London (Testament, codicils 1, 3 to 6 and the two letters). They were given to Walewski on the 16<sup>th</sup> of March 16, 1853 by Lord Clarendon, British minister of Foreign Affairs and brought back to Paris. Ten days later (on the 26<sup>th</sup> of March), the leaves were deposited at the Court of the Seine, numbered and initialled by its president, Debeylleme. The documents were stamped the same day, and annexed to the minute of an act deposited at the Emperor’s notary, Casimir Noël. Two missing pieces (the 2nd codicil and the Instructions) joined the first documents in June and July. The fate of the 7<sup>th</sup> codicil is unknown; it was attested until 1825 and then disappeared. After the final acquittal of the legacies between 1853 and 1859, by a letter dated the 28<sup>th</sup> of April, 1860, Napoleon III handed the will of Napoleon I to the Count de Laborde, Director General of the Archives of the Empire, who deposited it there. It has since been kept in the « Iron Cabinet ». Conditions of access and use The original documents are held in the “Iron Cabinet” of the National Archives and are not accessible to the public. The documents have been digitized and are available for consultation on the <a href="http://www2.culture.gouv.fr/documentation/archim/dossiers.htm" target="_blank">Archim</a>, website of the French Archives Nationales. [^1]: Also known as the Prerogative Court of Canterbury, London, traditionally the place where wills of those who died overseas were proved. [^2]: Also known as the Prerogative Court of Canterbury, London, traditionally the place where wills of those who died overseas were proved. [^3]: Also known as Doctors’ Commons" (society of lawyers practising civil (as opposed to common) law at which wills of those who died overseas could be registered). <div class="large-image"> ![The will of Napoleon](./images/Testa_Napo_p5.jpg) _The will of Napoleon, detail of p. 5, AN, AE-I-23-21a ©Archives nationales_ </div> *Online: July 2022*
contexte en markdown (fr)# Le testament de Napoléon I<sup>er</sup> À la mi-avril 1821, sentant ses forces décliner, Napoléon entreprit la rédaction de son testament. Enfermé « à verrou » avec le comte de Montholon, il lui dicta ses dernières volontés. Le 15, il les recopia afin que le document soit totalement de sa main comme la législation française le recommande en l’absence de notaire. Avec une grande application, inhabituelle pour un homme connu pour sa fulgurance d’écriture et sa propension à gommer les lettres, et avec beaucoup de peine pour un homme au corps défaillant, Napoléon remplit cinq grandes pages. Il déclarait tout d’abord, selon la formulation d’usage, son appartenance à la religion catholique dans laquelle il était né, puis venait ce qui reste certainement la phrase la plus citée de ce document : Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé. (Le terme vieilli de « cendres » signifie dépouille mortuaire). <div class="large-image"> ![Premier codicille du testament de Napoléon](./images/cendres.jpg) _Premier codicille du testament de Napoléon, AN, AE-I-23-21a ©Archives nationales_ </div> Il louait ensuite son épouse, Marie-Louise, et la priait de veiller sur son fils. Le roi de Rome, alors âgé de dix ans, était devenu duc de Reichstadt depuis qu’il vivait à la cour de son grand-père, l’empereur d’Autriche. Il était l’objet de multiples attentions de la part de son père : geste affectif puisque les maigres biens personnels emportés à Sainte-Hélène ou restés à Paris lui étaient destinés, doublé d’une visée politique. Car sans le nommer héritier d’un empire qui n’existait plus, il lui recommande de ne jamais oublier qu’il est né prince français et d’adopter la devise libérale qu’il déclarait avoir été la sienne tout au long de son règne, Tout pour le peuple français. <div class="text-image"> <div class="side-text"> L’aspect politique et polémique était également incarné par un paragraphe, lui-aussi souvent mentionné, qui accablait les Anglais, plus précisément l’oligarchie de ce pays et son « sicaire », c’est-à-dire le gouverneur de l’île Hudson Lowe, de l’avoir assassiné en provoquant une mort prématurée. Napoléon signifiait par-là que l’emprisonnement sur un ilot volcanique au bout du monde, sans famille et sans proches à ses côtés, dans une maison battue par les vents et les pluies, avait grandement contribué à altérer sa santé. Ce faisant, il plantait des banderilles dans la réputation britannique, et sans le vouloir, allait contribuer à alimenter la thèse fantasque du complot visant à l’empoisonner avec de l’arsenic versé à petite dose. L’opprobre jeté sur ses vainqueurs et ses geôliers, fut également concrétisé par le legs de sa plus belle pièce d’orfèvrerie encore en sa possession. La boite précieuse ornée d’un camée antique, était attribuée à Lady Holland, figure de proue du parti libéral, qui lui avait envoyé de nombreux cadeaux durant l’exil. </div> ![Derniers instants de Napoléon](./images/CP_FNAPOLEON_SH_008.jpg) _Derniers instants de Napoléon, carte postale, ©Fondation Napoléon_ </div> Impitoyable, Napoléon réglait aussi ses comptes avec les "fantômes" laissés en France. Il désignait nominalement quatre traîtres qu'il tenait pour responsables des défaites finales : Marmont, Augereau, Talleyrand et Lafayette, préférant passer sous silence d'autres grands serviteurs qui, à ses yeux, ne méritaient pas même d'être mentionnés. Conscient que l'assassinat du duc d'Enghien en 1804 dans les fossés du château de Vincennes, après une parodie de procès, suscitait encore et pour longtemps de vives réprobations, et pas uniquement dans le camp des royalistes, il choisit d'assumer en affirmant : J’ai fait arrêter et juger le duc d’Enghien parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l’intérêt et à l’honneur du peuple français, lorsque le comte d’Artois entretenait, de son aveu, soixante assassins à Paris. Dans une semblable circonstance, j’agirais de même. <div class="small-image-text"> ![Page 5 du testament de Napoléon](./images/Testament_Napoléon_p5.jpg) _Page 5 du testament de Napoléon où sont institués les légataires, AN, AE-I-23-21a ©Archives nationales_ <div class="side-text"> La suite du testament consiste en une liste de légataires financiers. Les compagnons de relégation sont cités en premier, et tous pourvus de sommes dégressives, officiers comme domestiques. Fin courtisan et aimable personne, le général Montholon recevait la part du lion, deux millions de francs pour ses soins filiaux. Le maréchal du palais Bertrand, personnification de la fidélité absolue, mais plus cassant et moins présent à Longwood, n’avait que le quart, cinq cent mille francs. Le premier valet de chambre, Marchand, devenu un ami, recevait à peine moins, quatre cent mille francs. Ces trois-là étaient nommés exécuteurs testamentaires. Un trio assez mal assorti, qui toutefois s’attellera à la rude tâche de procéder aux démarches administratives de la succession dès son retour en Europe en août 1821. Le testament ne devait pas tomber entre les mains des Anglais, sa postérité était à ce prix. Napoléon y avait pourvu en rédigeant un codicille, non numéroté, à présenter à Lowe pour distraire sa surveillance. L’empereur y renouvelait son désir de reposer à Paris, car il savait que ce point serait sujet à discussion et mettrait le gouverneur dans l’embarras. Il simplifiait ses dons en donnant tous ses objets personnels à Montholon, Bertrand et Marchand, afin que rien ne restât à Longwood. Un second codicille, écrit le même jour et uniquement destiné au clan français, précisait la répartition de ces biens, et le devenir des trois cent mille francs conservés en secret depuis la fuite de France qui étaient à partager entre les personnes à son service à Longwood. Le leurre fonctionna à merveille, d'autant que Lowe pensait, à partir de renseignements erronés, que le document principal avait déjà atteint l’Europe par l’intermédiaire de l’abbé Buonavita rapatrié en Europe au début de l’année. </div> </div> Napoléon recommandait également que les enveloppes contenant ses dernières volontés ne soient ouvertes qu’en Europe, excepté les deux premiers codicilles. Ce fut chose faite le 25 juillet lorsque le navire qui ramenait la petite colonie de bannis franchit les eaux européennes. En présence des trois exécuteurs et de l'abbé Vignali, tous les plis furent ouverts. Car, en plus du testament en lui-même et des deux codicilles qui ont déjà été décrits, Napoléon, dans le désir de n'oublier personne, avait rédigé cinq autres codicilles, numérotés de quatre à sept, et une instruction aux exécuteurs. Deux lettres à des banquiers et divers états (inventaires) des objets complétaient l'ensemble testimonial. Les états détaillaient les armes, les vêtements, les boîtes précieuses, l’argenterie, la porcelaine ainsi qu’un lot de quatre cents livres emportés de France, lot destiné à son fils. L'heure fut cruelle pour Bertrand qui avait été tenu à l'écart et ne connaissait les dispositions financières que par ouï-dire : il fut très désappointé et blessé d'avoir été tenu en si piètre estime. Verbalement, Montholon ajouta qu'un huitième codicille existait, mais étant écrit partiellement par le testateur, il n'avait pas de valeur juridique. De même, les ultimes vœux recueillis par Marchand durant la nuit du 29 au 30 avril sur le dos d'une carte à jouer faute de papier à disposition, ne sauraient être tenus pour valide. <div class="text-small-image"> ![Charles Tristan de Montholon](./images/Montholon.jfif) _Charles Tristan de Montholon (1783-1853), Edouard Henri Théophile Pingret, Photo ©Paris-Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais/image musée de l'Armée_ <div class="side-text"> Outre les biens personnels qui se résumaient aux maigres pièces mentionnées dans les états, Napoléon octroyait soixante-seize legs d'argent individuels récompensant la fidélité sans tache et la loyauté sans faille, singulièrement dans le temps de sa jeunesse et dans les épreuves et de la chute en 1814 et 1815, pour un total de dix millions. La plupart des légataires recevaient cent mille francs. Les legs collectifs absorbaient la somme la plus importante, deux cents millions attribués aux soldats et officiers de 1792 à 1815, aux blessés de Ligny et Waterloo, aux départements ayant le plus soufferts des invasions étrangères. Toutefois, il introduisit des nuances qui tenaient dans la faisabilité des versements. En effet l’héritage reposait sur quatre sources financières. Chaque pièce du testament était associée à l’un ou l’autre fonds, lui apportant une fiabilité plus ou moins grande. Une seule source présentait une assurance de sûreté : un compte bancaire ouvert auprès de la maison Laffitte (une grande banque de Paris), gonflé en 1815 par des pièces d'or venant des caves des Tuileries. Les trois autres étaient plus hypothétiques : elles consistaient en des sommes d’argent à demander, l’une à l’impératrice Marie-Louise, l’autre à Eugène de Beauharnais à prendre sur le reliquat de la liste civile d’Italie, ainsi qu’à des économies faites sur la liste civile de France restées dans les caisses étatiques et à réclamer à Louis XVIII. Les heureux élus du testament principal et des 3<sup>e</sup> et 4<sup>e</sup> codicilles liés aux avoirs Laffitte étaient ainsi plus assurés de toucher leur argent. En revanche, les nommés des autres codicilles et les legs collectifs basés sur les fonds incertains dépendaient du bon vouloir de personnes extérieures, pas forcément enchantées ou capables de contribuer à une telle succession. </div> </div> Ainsi, l’exécution des vœux posthumes de l’empereur se heurta tout d’abord au refus du gouvernement de Louis XVIII d’avaliser le document par un notaire français. S’il acceptait de fermer les yeux sur les legs individuels qui relevaient de la sphère privée et acceptait de ne pas accaparer le fonds Laffitte, il ne pouvait cautionner les allégations politiques et de se départir d’un montant qui avoisinait le tiers du budget de l’État pour honorer les legs collectifs. Aussi, Montholon, en tant qu’exécuteur principal, déposa puis fit enregistrer une partie de l’ensemble testimonial à Londres, ville dont dépendait juridiquement Sainte-Hélène. <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> Concentrés sur les dons numéraires particuliers, Montholon et Bertrand (Marchand resta toujours plus en retrait) durent batailler ferme avec Laffitte pour qu’il ouvrit le compte bancaire. Même si celui-ci, ponctionné durant l’exil, avait diminué de six millions à un trois millions et demi, le banquier renâclait à se dessaisir d'une telle somme prétextant "l'oubli" du patronyme dans la signature, ou pinaillant sur les intérêts à verser. Sa défiance portait également sur l’absence de l’héritier naturel, le fils de Napoléon, en contradiction avec le droit des successions qui lui réservait un quart de l’héritage. La cour d’Autriche et Marie-Louise n’avaient pas renoncé à faire valoir ce droit, et Laffitte ne voulait pas payer deux fois. Durant cinq ans, procès, arbitrage, « communiqués de presse » ponctuèrent les démarches, jusqu’à la signature d'une convention entre les deux partis en 1826, appuyée sur des garanties d'hypothèques apportées par Montholon. Le compte chez Laffitte étant l'unique fonds accessible, seuls les légataires du testament, des 3<sup>e</sup> et 4<sup>e</sup> codicilles reçurent leur part au prorata de l’argent disponible, soit environ 60 % en moyenne. Malgré de nouveaux déboires (des malversations de Montholon qui fut acculé à l’exil pour dettes, et la banqueroute de Laffitte), la première phase de l’héritage fut close au début des années 1830. Il en allait de même pour les objets : seuls ceux destinés à la mère, aux frères et sœurs de Napoléon avaient pu être acheminés ; les autres, le lot le plus conséquent, légués au roi de Rome, n’avaient pas reçu l’aval des autorités autrichiennes. Après son décès en 1832 à Vienne, ils furent partagés par lot aux membres survivants de la famille Bonaparte. </div> ![Henri Gatien Bertrand](./images/Bertrand_Delaroche.png) _Henri Gatien Bertrand (1773-1844), Paul Delaroche, Photo ©RMN-Grand Palais (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)/Franck Raux_ </div> <div class="text-small-image"> ![Louis Joseph Marchand](./images/Marchand.jpg) _Louis Joseph Marchand (1791-1876), Jean-Baptiste Mauzaisse, Photo © RMN-Grand Palais, musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau/Franck Raux_ <div class="side-text"> La seconde phase, inattendue, fut l’œuvre de son neveu Louis-Napoléon Bonaparte. Arrivé au pouvoir en 1848, le Prince-Président de la République, et futur empereur, demanda à recevoir le testament de son oncle. La reine Victoria agréa à cette demande, qui avait également valeur de cadeau diplomatique dans un contexte de réchauffement des relations entre les deux anciens pays ennemis. Hasard heureux de l’histoire, l’ambassadeur de France en poste qui réceptionna le précieux document n’était autre que le comte Walewski, fils naturel de Napoléon. La venue des documents en France remit en mémoire les legs en déshérence, en particulier ceux destinés aux soldats et officiers, devenus de vieilles gens qu’il serait temps et opportun d’honorer, de même que les régions qui furent dévastées. L’Assemblée législative vota un crédit extraordinaire de huit millions : la moitié pour clore les legs aux particuliers ou à leurs descendants à hauteur de 95 %, l'autre pour honorer les legs collectifs. Quatre millions furent donc répartis entre les anciennes zones de combat, soit vingt-six départements et les deux villes citées dans le testament (Brienne et Méry), et entre les soldats, quelques milliers de vétérans des guerres de la Révolution et de l’Empire. Sous l’égide de la Chancellerie de la Légion d’honneur pour les Français, le quai d’Orsay pour les étrangers, la grande machine administrative fut mise en branle pour recenser les anciens combattants, étudier leurs dossiers, vérifier leur carrière et leur grade, et sélectionner les plus pauvres parmi les plus méritants. Ces archives ayant brûlé en 1871, on estime que 7 500 soldats et officiers, ou leurs veuves et héritiers, ont touché en moyenne entre 100 et 500 francs, les montants augmentant avec les échelons militaires, l’appartenance à la Garde ou la présence à l’île d’Elbe. Le travail de recensement des vétérans constitua la base de l’attribution de la médaille de Sainte-Hélène décernée à tous les soldats survivants de l’armée française entre 1792 et 1815. </div> </div> En 1860, quarante ans après sa rédaction, la succession de Napoléon fut déclarée close. Une durée anormalement longue pour un héritage, fut-il celui d’un empereur en exil. Napoléon III, détenteur à titre privé, déposa l’ensemble des pièces (excepté le 7<sup>e</sup> codicille dont l’original avait disparu) aux Archives impériales. Les feuilles couvertes d'une écriture serrée et appliquée entraient dans l'histoire. Depuis lors, l’armoire de fer, où sont conservés des documents emblématiques du patrimoine de la nation, en est son écrin. Chantal Prévot <div class="large-image"> ![Gravure chapeau de Napoléon et testament](./images/Testament_gravure.jpg) _Gravure illustrant le testament de Napoléon, Las Cases, <i>Mémorial de Sainte-Hélène</i>, Paris, 1842_ </div> *Mise en ligne : juillet 2022*
contexte en markdown (en)# The last will and testament of Napoleon I In mid-April 1821, as Napoleon was feeling his strength decline, he undertook to write his will. Locking himself in a room with the Comte de Montholon, he dictated his last wishes. On the 15th, he recopied them so that the document was entirely in his handwriting, following the requirements of French law in the absence of a notary. With great diligence, unusual for a man known for his turbulent approach to handwriting – he had a propensity to miss out letters -, and with great difficulty for a man with a failing body, Napoleon filled five large pages. He began by declaring, in the customary manner, that he belonged to the Catholic religion into which he was born. Then came what is certainly the most quoted sentence in the document: “It is my wish that my ashes may repose on the banks of the Seine, in the midst of the French people, whom I have loved so well.” (The old term ‘ashes’ means mortal remains). <div class="large-image"> ![First codicille of the last will of Napoleon](./images/cendres.jpg) _First codicille of the last will of Napoleon, AN, AE-I-23-21a ©Archives nationales_ </div> He then praised his wife, Marie-Louise, and asked her to look after his son. The ten-year-old King of Rome had become the Duc de Reichstadt since living at the court of his grandfather, the Austrian Emperor. He was the object of much attention in the will. First, there was an emotional gesture: the few personal possessions Napoleon had taken with him to St Helena and those left in Paris were bequeathed to him. Then there was the political aim. For whilst Napoleon could not name the Roi de Rome as the heir to an empire that no longer existed, he recommended that his son should never forget that he was born a French prince and that he should adopt the liberal motto that the Emperor declared to have been his throughout his reign, “Tout pour le peuple français” (Everything for the French people). <div class="text-image"> <div class="side-text"> There was also the political and polemical paragraph, also often mentioned, which accused the British, more precisely the oligarchy of that country and its ‘sicaire’ (hired assassin), i.e., the governor of the island, Hudson Lowe, of having murdered him by causing his premature death. What Napoleon meant was that the imprisonment on a tiny volcanic island at the world’s end, deprived of family and loved ones, in a house battered by winds and rains, had greatly impaired his health. With this remark, he was, like a bullfighter, stabbing the British with ‘banderillas’ so as to bloody and irritate the national reputation; but at the same time he unwittingly fuelled the fanciful claim that he had been poisoned with small doses of arsenic. The opprobrium that he heaped on his victors and jailers was also reflected in the bequest of one of the finest pieces of silverware he still possessed, namely the precious snuffbox, with its antique cameo, to Lady Holland, a leading liberal figure in London who had sent him many gifts during his exile. </div> ![Last moments of Napoleon](./images/CP_FNAPOLEON_SH_008.jpg) _Last moments of Napoleon, postcard, ©Fondation Napoléon_ </div> Napoleon was also ruthless in settling certain ‘unfinished business’ left behind in France. He called out by name four ‘traitors’ whom he held responsible for the final defeats: Marmont, Augereau, Talleyrand, and Lafayette, damning to oblivion other figures who he felt might have caused his downfall. Aware that the assassination of the Duc d’Enghien in 1804 in the moat of the Château de Vincennes, after a parody of a trial, had aroused strong disapproval at the time, and would to continue to do so for a long time afterwards, and not only amongst Royalists, he chose to take full responsibility by stating: “I caused the Duc d’Enghien to be arrested and tried, because that step was essential to the safety, interest, and honour of the French people, when the Count d’Artois was maintaining, by his own confession, sixty assassins at Paris. Under similar circumstances, I should act in the same way.” <div class="small-image-text"> ![Page 5 of the Napoleon'slast will](./images/Testament_Napoléon_p5.jpg) _Page 5 of the Napoleon'slast will, AN, AE-I-23-21a ©Archives nationales_ <div class="side-text"> The rest of the will consists of a list of financial legatees. The companions in exile are listed first, and all, both officers and servants, are provided with sums decreasing in size as the list goes on. General Montholon, a fine courtier and amiable person, received the lion’s share, two million francs for his “filial attentions”. The Grand Maréchal du Palais, Bertrand, the personification of absolute fidelity, but less flexible than Montholon and indeed less present at Longwood, received only a quarter of that sum, namely, five hundred thousand francs. The Premier Valet de Chambre, Marchand, who had become a friend, received almost the same as the Grand Maréchal, four hundred thousand francs. These three were appointed executors of the will. Though a rather mismatched trio, they nevertheless took on the difficult task of executing the administrative procedures for the estate as soon as they returned to Europe in August 1821. The will was not supposed to fall into the hands of the British, its posterity was at that price. Napoleon had provided for this by drafting an unnumbered codicil to be presented to Lowe to act as a decoy to attract his attention. In it the Emperor renewed his desire for his remains to rest in Paris, for he knew that this point would be open to discussion and would embarrass the governor. He simplified his gifts by giving all his personal belongings to Montholon, Bertrand and Marchand, so that nothing remained at Longwood. A second codicil, written on the same day and intended solely for the French clan, specified the distribution of these goods, and the fate of the three hundred thousand francs kept hidden since the flight from France, which were to be divided amongst those in his service at Longwood. The deception worked perfectly, especially as Lowe believed, on the basis of erroneous information, that the main document had already reached Europe through the intermediary of Abbé Buonavita, who had been repatriated to Europe at the beginning of the year. </div> </div> Napoleon also recommended that the envelopes containing his last will and testament be opened only in Europe, except for the first two codicils. This was done on 25 July when the ship bringing back the exiles crossed into European waters. In the presence of the three executors and Abbé Vignali, all the envelopes were opened. For, in addition to the will itself and the two codicils already described, Napoleon, in his desire not to forget anyone, had drawn up five other codicils, numbered from three to seven, and instructions for the executors. Various statements (inventories) of objects completed the testimonial ensemble. The inventories listed the weapons, clothes, precious boxes, silverware, porcelain and a collection of four hundred books brought from France, intended for his son. This was a bitter moment for Bertrand, who had been kept at arm’s length and knew of the financial arrangements only by hearsay: he was very disappointed and hurt to have been held in such low regard. Verbally, Montholon added that an eighth codicil did exist, but as it was partially written by the testator, it had no legal force. Similarly, the last wishes collected by Marchand during the night of 29-30 April on the back of a playing card, for lack of paper, could not be considered valid. <div class="text-small-image"> ![Charles Tristan de Montholon](./images/Montholon.jfif) _Charles Tristan de Montholon (1783-1853), Edouard Henri Théophile Pingret, Photo ©Paris-Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais/image musée de l'Armée_ <div class="side-text"> In addition to the personal property, which consisted of the relatively few items mentioned in the inventories, Napoleon granted seventy-six individual bequests of money rewarding unblemished fidelity and unfailing loyalty, particularly in the time of his youth and in the trials and tribulations of his falls in 1814 and 1815, for a total of ten million. Most of the legatees received one hundred thousand francs. The collective legacies absorbed the most important sum, two hundred million allocated to the soldiers and officers of 1792 to 1815, to the wounded of Ligny and Waterloo, to the departments that had suffered most from the foreign invasions. However, he introduced nuances that had to do with the feasibility of the payments. Indeed the inheritance was based on four financial sources. Each piece of the will was associated with one or other fund, giving it a greater or lesser reliability. Only one source offered any assurance of security: a bank account opened with the house of Laffitte (a major Paris bank), to which in 1815 were added gold coins from the cellars of the Tuileries. The other three were more hypothetical: they consisted of sums of money to be requested: one from the Empress Marie-Louise; the other from Eugène de Beauharnais to be taken from the remainder of the civil list of Italy; and savings from the civil list of France remaining in the state coffers and to be claimed from Louis XVIII. The lucky ones in the main will and the 3rd and 4th codicils linked to the Laffitte assets were thus more likely to receive their money. In contrast, the nominees of the other codicils and the collective legacies based on the uncertain funds depended on the goodwill of outsiders, not necessarily delighted at the prospect of, or indeed able to contribute to, such an estate. </div> </div> Thus, the execution of the Emperor’s posthumous wishes came up against the refusal of Louis XVIII’s government to endorse the document by a French notary. While it agreed to turn a blind eye to individual legacies that were in the private sphere and agreed not to monopolise the Laffitte fund, it could not endorse political allegations and could not part with an amount close to a third of the state budget to honour the collective legacies. Montholon, as principal executor, therefore deposited and then registered part of the testimonial ensemble in London, the legal home of St Helena. <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> Concentrating on the individual cash bequests, Montholon and Bertrand (Marchand was always slightly in the background) had to fight hard with Laffitte to get him to release the money in the bank account. Even though the account, depleted during the exile, contained three and a half million (reduced from six million), the banker was reluctant to divest himself of such a large sum, citing the “omission” of the patronymic in the signature or nit-picking about the interest to be paid. His unwilling attitude also derived from the absence of the natural heir, Napoleon’s son, in contradiction with the law of succession which reserved for the natural heir a quarter of the inheritance. The Austrian court and Marie-Louise had not given up on this right, and Laffitte did not want to pay twice. For five years, lawsuits, arbitration, and “press releases” punctuated the proceedings, until an agreement was signed between the two parties in 1826, supported by mortgage guarantees provided by Montholon. As the account at Laffitte’s was the only accessible fund, only the legatees of the 3rd and 4th codicils of the will received their share in proportion to the money available, i.e., about 60% on average. Despite further setbacks (Montholon’s embezzlement and exile for debts, and Laffitte’s bankruptcy), the first phase of the inheritance was completed in the early 1830s. The same was true for the objects: only those intended for Napoleon’s mother and siblings could be forwarded; the others, the largest group (that bequeathed to the King of Rome), had not been approved by the Austrian authorities. After the latter’s death in Vienna in 1832, this group was divided up into lots for the surviving members of the Bonaparte family. </div> ![Henri Gatien Bertrand](./images/Bertrand_Delaroche.png) _Henri-Gatien Bertrand (1773-1844), Paul Delaroche, Photo ©RMN-Grand Palais (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)/Franck Raux_ </div> <div class="text-small-image"> ![Louis Joseph Marchand](./images/Marchand.jpg) _Louis Joseph Marchand (1791-1876), Jean-Baptiste Mauzaisse, Photo © RMN-Grand Palais, musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau/Franck Raux_ <div class="side-text"> The second, unexpected phase, was the part played by Napoleon’s nephew, Louis-Napoléon Bonaparte. Having come to power in 1848, the Prince-President of the Republic, and future Emperor, asked Britain for his uncle’s will. Queen Victoria agreed to this request, which also had the value of a diplomatic gift in a context of improving relations between the two former enemy countries. As luck would have it, the French ambassador in office who received the precious document was none other than Count Walewski, Napoleon’s illegitimate son. The arrival of the documents in France brought back to mind the bequests that had not been executed, in particular those intended for soldiers and officers, who had become old and who ought to have been honoured, not to mention the regions that had been devastated. The Legislative Assembly voted an extraordinary credit of eight million: half to execute the bequests to individuals or their descendants up to 95%, the other half to honour the collective bequests. Four million was thus divided between the former combat zones, i.e., the twenty-six departments and the two towns mentioned in the will (Brienne and Méry), and between the soldiers, several thousand veterans of the wars of the Revolution and the Empire. Under the aegis of the Chancellery of the Legion d’Honeur, on the one hand, for French veterans, and under that of the Quai d’Orsay for foreign ex-combatants, the great French administrative machine was set in motion to take a census of the veterans, to study their files, to check their career and rank, and to select the poorest among the most deserving. As these records were burnt in 1871, we can only estimate that about 7,500 soldiers and officers, or their widows and heirs, received an average of between 100 and 500 francs, with the amounts increasing with the military ranks, membership of the Guard or presence on Elba. The census of veterans formed the basis for the award of the St Helena Medal to all surviving soldiers of the French army between 1792 and 1815. </div> </div> In 1860, forty years after it was written, Napoleon’s succession was declared closed. This was an unusually long time for an inheritance, even one for an emperor in exile. Napoleon III, the private owner, deposited all the documents (except for the 7<sup>th</sup> codicil, the original of which had disappeared) in the Imperial Archives. These sheets of paper – covered with that compact and deliberate handwriting – entered history. Since then, it has lain in the Armoire de fer (Iron Cabinet), where emblematic documents of the French nation’s heritage are kept. Chantal Prévot <div class="large-image"> ![Gravure chapeau de Napoléon et testament](./images/Testament_gravure.jpg) _Engraving illustrating Napoleon's will, Las Cases, <i>Mémorial de Sainte-Hélène</i>, Paris, 1842_ </div> *Online: July 2022*
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