CPI-143.md

identifiantCPI-143.md
fait partie dePrince_Impérial
est validéoui
date1875/07/01 00:00
titreLouis Napoléon au Baron de Bourgoing
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 143- </b> AU BARON DE BOURGOING[^1] </h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> S.l.n.d. [juillet 1875] </h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher Monsieur de Bourgoing, je profite du départ de Monsieur Rouher[^2] pour vous exprimer mes vœux. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je sais par lui combien vous avez fait preuve de tact et d’à-propos en défendant votre élection et je suis heureux de pouvoir vous en féliciter. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> La mesure inique qui a frappé votre élection vous a donné le moyen de montrer à la tribune combien vous méritiez les sympathies de vos électeurs. Vous obtiendrez bientôt à nouveau leurs suffrages et personne ne s’en réjouira plus sincèrement que moi. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Croyez, je vous prie, à mes affectueux sentiments. [^3] </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Napoléon </i></h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mille choses à Pierre[^4] . Les manœuvres de cet été ont dû l’intéresser et l’instruire. </p> [^1]: Philippe (La Beaume) de Bourgoing (1827-1882). Ancien écuyer de Napoléon III (1854) et premier inspecteur général des haras, il est élu député au Corps Législatif par la 2e circonscription de la Nièvre le 19 septembre 1868 (puis réélu lors des élections législatives de 1869). Il vote la déclaration de guerre à la Prusse et prend part à cette campagne comme lieutenant-colonel d’un bataillon de mobiles de la Nièvre. Il est élu député le 24 mai 1874. Son élection, contestée, est annulée en fin de législature (affaire du Comité central de l’Appel au peuple). Il est réélu le 20 février 1876 député de l’arrondissement de Cosne ; son élection est encore soumise à une enquête parlementaire (mai 1878) et est invalidée le 13 novembre 1878. Il ne se représente pas au scrutin du 2 février 1879. <i>« Il n’était pas d’homme plus sympathique, plus généralement aimé et estimé. Grand, mince, d’une politesse d’autrefois et d’une distinction rare, il était de plus, très gai et très jeune de caractère ; c’était une bonne fortune de se trouver de service avec lui, car il n’était pas de plus aimable camarade »</i> (p. 178, La Maison de l’Empereur, duc de Conegliano). [^2]: Eugène Rouher (1814-1884). Nommé en 1855 ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, il est élu sénateur en 1856 et fait son entrée au Conseil privé en 1859. Président du Conseil d’Etat en 1863, puis ministre d’Etat, il a en charge la défense au Corps Législatif de la politique intérieure et extérieure de l’Empire : il est alors qualifié de « Vice-Empereur ». L’avènement du ministère Ollivier, le 2 janvier 1870, amenuise son influence politique. Président du Sénat jusqu’au 4 septembre 1870, il rejoint l’Impératrice en Angleterre. Il est élu représentant de la Corse en 1872 et siège dans le groupe de l’Appel au Peuple. En 1873, il prend la direction effective du parti bonapartiste. Rouher est élu député le 20 février 1876 dans la 1ère circonscription de Riom, puis réélu le 14 octobre 1877. Après la mort du Prince Impérial, il se retire progressivement de la vie politique. [^3]: Archives de l’abbé Misset (copie manuscrite). [^4]: Pierre (La Beaume) de Bourgoing (1857-1916). Ami intime du Prince Impérial, Pierre est le fils de Philippe de Bourgoing, écuyer de l’Empereur Napoléon III puis député de la Nièvre, et de Anna Marie Léonie Dollfus, sœur de Camille, député du Lot-et-Garonne de 1863 à 1869, gendre du baron Hausmann. Malgré son très jeune âge, il s’engage dès le début de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 en tant que garde mobile bénévole, au 12e régiment des Mobiles de la Nièvre (17 août 1870). Il passe au 9e régiment d’éclaireurs à cheval en décembre 1870 et est licencié le 15 mars 1871. Reçu à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1877, il fait partie de la 62e promotion – promotion de Novi Bazar (1877-1879) - et en sort, deux ans plus tard, avec le n° 79. Pierre de Bourgoing suit les cours de l'Ecole de cavalerie du 1er novembre 1879 au 31 août 1880 en tant qu'officier élève. Promu lieutenant le 10 février 1883, il est affecté au 6e Régiment de Dragons, puis est détaché en qualité d'officier d'ordonnance auprès du Maréchal Canrobert (du 18 juillet 1884 au 19 avril 1889). Il est nommé capitaine le 30 octobre 1888. Démissionnaire le 19 avril 1889, il reste officier de réserve (capitaine territorial de cavalerie au Service d'Etat Major du 13e, puis du 8e corps d'armée). Le baron de Bourgoing emploie son temps à collectionner les souvenirs du Second Empire et à écrire divers ouvrages historiques : Souvenirs militaires (1791-1815) du baron de Bourgoing, 1897, éd. Librairie Plon ; Le duc de Mortemart et le baron de Bourgoing - souvenirs anecdotiques, 1904, éd. Emile-Paul ; … Quand éclate la Grande Guerre, Pierre de Bourgoing est rappelé et placé au 21e Régiment de Dragons ; il est ensuite détaché à l'Etat Major de la 7e armée. Il y meurt de maladie contractée en service, en janvier 1916. </body>