| identifiant | CPI-142.md |
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| fait partie de | Prince_Impérial |
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| est validé | oui |
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| date | 1875/06/29 00:00 |
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| titre | Louis Napoléon à Louis Conneau |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 142- </b> À LOUIS CONNEAU[^1] , SON AMI </h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Aldershot, le 29 juin <s>1874 </s>[1875] </h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher Conneau, merci de votre lettre qui me donne des détails sur la revue de l’autre jour et sur Saint-Cyr. Laissez-moi vous dire combien je suis heureux quand je reçois des nouvelles de mon vieux camarade et de notre vaillante armée française. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre père[^2] va mieux à ce qu’il paraît et croyez que cela me fait bien plaisir ainsi que la pensée de revoir bientôt le meilleur ami de mon père ; il me rappelle et me console de ce que j’ai perdu. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai repris comme vous devez le savoir l’uniforme ; la bande rouge de mon pantalon est plus large que celle de l’école, c’est bon signe car si elle continue à augmenter dans la même proportion je serais bientôt muni de culottes rouges. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Nous avons eu hier une grande revue. Le nouveau cheval que j’ai acheté <u>d’Artagnan</u> a été fort admiré lors du défilé. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les manœuvres <u>d’automne</u>[^3] , ainsi nommées parce qu’elles ont lieu au mois de juillet, vont bientôt commencer et je compte en faire mon profit pour le fameux système de formation que j’ai développé avec la lucidité qui me caractérise à nos Saint-Cyriens. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Au revoir en Suisse, mes amitiés à Espinasse[^4] , mon souvenir aux autres et tachez d’obtenir la permission du Ministère de la Guerre. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre bien affectionné ami, [^5] </p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>
Napoléon </i></h3>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous écris sur le papier des hussards, bizarrerie militaire. </p>
[^1]: Louis Conneau (1856-1930), ami intime du Prince Impérial. Fils du sénateur et médecin de Napoléon III, Henri Conneau, il est élevé dans l’ambiance de la Cour Impériale. Il fait partie de la petite pléiade de camarades parmi lesquels le Prince Impérial a choisi ses amitiés définitives. Après la chute de l’Empire, il suit le Prince en exil. Admis tous deux à l’Académie militaire royale de Woolwich (1872), Louis Conneau quitte son ami en 1874 pour se présenter à Saint-Cyr (22 octobre) ; il en sort, le 1er octobre 1876, sous-lieutenant au 2e Cuirassiers, avec le n° 123. Il passe au 23e régiment de Dragons le 24 octobre 1877, après avoir suivi les cours de l’Ecole de cavalerie comme élève officier, du 1er novembre 1876 au 13 octobre 1877. Lieutenant au 6e Dragons (1880), il est promu capitaine au 9e Chasseurs (1883), chef d'escadrons au 3e Spahis (1897), lieutenant-colonel au 5e Chasseurs d'Afrique (1900) et colonel au 14e Hussards (1903). Louis Conneau est nommé général de Brigade au 1er Chasseurs (1909) et général de Division, commandant le 1er corps de Cavalerie (pendant la Grande Guerre). Il décède à Chaville (Hauts-de-Seine) le 29 janvier 1930, à l'âge de 74 ans.
[^2]: Henri Conneau (1803-1877). Nommé d’abord secrétaire de la reine Hortense à Arenenberg, il devient le confident et l’ami le plus proche de Louis Napoléon. Il participe au complot de Boulogne (1840) et est condamné à 5 ans d’emprisonnement au fort de Ham. Il contribue activement à l’évasion du Prince en 1846. Avec le rétablissement de l’Empire, il reçoit le titre de premier médecin de l’Empereur. Parallèlement, il est élu député de la Somme en 1852, puis réélu en 1857 et 1863. Nommé sénateur en 1867, il accompagne le Souverain lors du conflit franco-prussien (1870) et est présent à Sedan. Il partage la captivité de l’Empereur en Allemagne, puis son exil en Angleterre. Après la disparition de Napoléon III en 1873, le docteur Conneau se retire en Corse. Il est élu conseiller général de Bastia et vice-président de l’assemblée départementale. Il s’éteint le 16 août 1877 à La Porta.
[^3]: Le Prince Impérial, désireux de poursuivre ses études à l’issue de sa scolarité à l’Académie royale militaire de Woolwich, obtint l’autorisation de suivre les manœuvres d’Aldershot.
[^4]: Jules Espinasse (1853-1934). Ami intime du Prince Impérial. Fils du général de Division Charles Espinasse, aide de camp de l’Empereur, ministre de Napoléon III et sénateur (il trouve la mort en 1859, à la bataille de Magenta) et de Marie Festugière, Dame d’honneur de S.A.I. la Princesse Mathilde, cousine de l’Empereur. Jules Espinasse entre à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr le 22 octobre 1873. Nommé sous-lieutenant au 85e régiment d’Infanterie (le 1er octobre 1875), puis lieutenant le 17 septembre 1880, il suit les cours de l'Ecole Supérieure de Guerre du 1er novembre 1880 au 9 novembre 1882 ; il y reçoit le brevet d'Etat Major avec le n° de sortie 11 sur 68. Promu capitaine le 29 décembre 1885, il est affecté au 129e Régiment d'Infanterie avant d'être détaché à l'Etat Major du 4e corps d'armée comme officier d'ordonnance du général de Division Coiffé (6 avril 1892). Chef de bataillon le 24 décembre 1894, Jules Espinasse passe au 1er Régiment étranger (Tonkin), puis à l'Etat Major des Troupes de l'Indochine (1897-1898). Il est nommé lieutenant-colonel au 7e Régiment d'Infanterie (7 octobre 1899), chef d'Etat Major de la 2e brigade du corps expéditionnaire de Chine (2 août 1900) - il est désigné par décision ministérielle du 6 septembre 1901 pour commander l'ensemble des détachements formés par les rapatriés de Chine devant figurer à la Revue de Reims -, colonel au 3e Régiment de Zouaves (12 juillet 1903), général commandant la 2e Brigade d'Infanterie en Algérie (20 juin 1908). Espinasse représente l'armée française aux fêtes italiennes du cinquantenaire de la Guerre de 1859, en qualité de chef de la Délégation militaire française. Promu divisionnaire le 23 septembre 1912, il prend la tête du 15e corps d'armée le 20 juin 1914, avant de commander la zone Est du camp retranché de Paris à partir du 1er février 1915. Il s'éteint à Paris, le 7 mars 1934, à l'âge de 80 ans. Augustin Filon a dressé du futur général le portrait suivant : <i>« Le jeune Espinasse [alors âgé de 14 ans] combinait heureusement en lui les qualités fortes ou charmantes dont il héritait. Ses camarades, y compris le Prince, lui accordaient et nous lui reconnaissions très volontiers une sorte d’autorité qu’il exerçait avec bon sens, bonhomie et bonne humeur, car tout était bon en lui, l’esprit, le cœur et les manières. Il y mêlait un petit grain d’aimable et joyeuse gasconnade à la d’Artagnan ou à la Cyrano, qui donnait de la saveur à toute cette bonté »</i> (p. 57-58, Le Prince Impérial, souvenirs et documents, Augustin Filon).
[^5]: Vente Osenat du 5 mars 2016, collection Christopher Forbes (lot 121).
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