| identifiant | CPI-120.md |
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| fait partie de | Prince_Impérial |
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| est validé | oui |
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| date | 1874/03/16 00:00 |
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| titre | Discours du 16 mars 1874 |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 120- </b> DISCOURS DU 16 MARS 1874, PRONONCÉ LE JOUR DE LA MAJORITÉ CONSTITUTIONNELLE DU PRINCE IMPÉRIAL </h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Camden Place, le 16 mars 1874 </h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Monsieur le Duc[^1] , Messieurs, en vous réunissant aujourd’hui, vous avez obéi à un sentiment de fidélité envers le souvenir de l’Empereur, et c’est de quoi je veux d’abord vous remercier. La conscience publique a vengé des calomnies cette grande mémoire et voit l’Empereur sous ses traits véritables. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous qui venez des diverses contrées du pays, vous pouvez rendre ce témoignage. Son règne n’a été qu’une constante sollicitude pour le bien de tous ; sa dernière journée sur la terre de France a été une journée d’héroïsme et d’abnégation. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre présence autour de moi, les adresses qui me parviennent en grand nombre, attestent combien la France est inquiète de ses destinées futures. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> L’ordre est protégé par l’épée du duc de Magenta, ancien compagnon des gloires et des malheurs de mon père. Sa loyauté vous est un sûr garant qu’il ne laissera pas exposé aux surprises des partis le dépôt qu’il a reçu. Mais l’ordre matériel n’est pas la sécurité. L’avenir demeure inconnu : les intérêts s’en effrayent, les passions peuvent en abuser. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> De là est né le sentiment dont vous m’apportez l’écho, celui qui entraîne l’opinion avec une puissance irrésistible vers un recours direct à la nation pour jeter les fondements d’un gouvernement définitif. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Le plébiscite, c’est le salut et c’est le droit, la force rendue au pouvoir et l’ère des longues sécurités rouvertes au pays ; c’est un grand parti national, sans vainqueurs ni vaincus, s’élevant au-dessus de tous pour les réconcilier. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> La France, librement consultée, jettera-t-elle les yeux sur le fils de Napoléon III ? Cette pensée éveille en moi moins d’orgueil que de défiance de mes forces. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> L’Empereur m’a appris de quel poids pèse l’autorité souveraine, même sur de viriles épaules, et combien sont nécessaires, pour accomplir une si haute mission, la foi en soi-même et le sentiment du devoir. C’est cette foi qui me donnera ce qui manque à ma jeunesse. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Uni à ma mère par la plus tendre et la plus reconnaissante affection, je travaillerai sans relâche, à devancer le progrès des années. Quand l’heure sera venue, si un autre gouvernement réunit les suffrages du plus grand nombre, je m’inclinerai avec respect devant la décision du pays. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Si le nom des Napoléons sort pour la huitième fois des urnes populaires, je suis prêt à accepter la responsabilité que m’imposerait le vote de la nation. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Telle est ma pensée : je vous remercie d’avoir parcouru une longue route pour venir en recueillir l’expression. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Reporter aux absents mon souvenir, à la France les vœux de l’un de ses enfants : mon courage et ma vie lui appartiennent. Que Dieu veille sur elle et lui rende ses prospérités et sa grandeur.[^2] </p>
[^1]: Ernest-Louis-Henri Arrighi de Casanova, duc de Padoue (1814-1888), fut sénateur puis ministre de Napoléon III. Sous la IIIe République, il est l’un des chefs les plus actifs et les plus influents du parti bonapartiste. Maire de la commune de Courson, il est en fonction quand il organise le 16 mars 1874 le rassemblement pour la majorité constitutionnelle du Prince Impérial ; il sera suspendu par le préfet de Seine et Oise. Elu député conservateur en Corse, le 20 février 1876, il siège au groupe de l’appel au peuple, s’associe à l’acte du Seize Mai [1877] et soutient le ministère du duc de Broglie. Il est réélu à la Chambre, aux élections du 14 octobre 1877.
[^2]: Augustin Filon, <i>Le Prince Impérial, souvenirs et documents</i>, Paris, 1912, p. 126.
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